(Français) Journées d’études : L’homme augmenté en Europe : rêve et cauchemar de l’entre-deux-guerres


 

Argumentaire

 

Le transhumanisme contemporain, né à la fin du XXe siècle, est souvent rapproché de précédents soit par les transhumanistes eux-mêmes, soit par les observateurs. La période d’entre-deux-guerres concentre les filiations, de Julian Huxley à Jean Coutrot. Grand est le risque de réduire les filiations du transhumanisme à la généalogie d’une occurrence. Tout aussi grand celui d’élargir indéfiniment le transhumanisme en y intégrant toutes les idées
« progressistes », « technicistes », « futuristes » ou les imaginaires technologiques d’une époque. Il semble cependant que s’immerger dans l’entre-deux-guerres permettrait de clarifier la réflexion. En effet, nombre de penseurs de l’époque, dans l’espace européen, ont porté le vœu d’élever l’homme au-delà de sa condition « naturelle » par différentes techniques. Entre les deux guerres, des débats ont lieu un peu partout en Europe (France, Angleterre, Italie, Russie, Allemagne, Espagne…). Certains mouvements ont déjà été bien balisés et étudiés, qu’il s’agisse de la thématique dans les régimes totalitaires de
l’« homme nouveau », de la pensée eugénique défendant pour leur part une configuration biopolitique, ou encore d’un courant technocratique qui aspire à une gestion ingénieuriale de l’humain. Cette typologie est-elle suffisante pour décrire la totalité des interrogations sur un « homme augmenté » qui traverse cet entre-deux-guerres ? Ou bien peut-on identifier un autre courant, à la croisée des précédents ou largement autonomes ? L’hypothèse que ces journées d’études souhaitent éprouver par l’analyse historique et philosophique est celle d’un tel courant de pensée à l’échelle de l’Europe : peuton parler d’une pensée de l’homme augmenté entre les deux guerres ? Si oui, quelles en sont les critères d’identification ? Quelle est la nature de l’objet étudié : idée mobilisatrice, courant de pensée, école, imaginaire sociotechnique ? Les communications aborderont ainsi les rives russes, anglaises, espagnoles, allemandes, belges et françaises.

 


 

Programme

 

Jeudi 12 décembre

10h00 : Introduction
Franck Damour, Université Catholique de Lille, Ethics
Olivier Dard, Sorbonne Université, Labex EHNE
David Doat, Université Catholique de Lille, Ethics

10h30 : La conceptualisation de la technique comme un prérequis transhumaniste : une approximation à partir d’Ortega y Gasset  
Luis Espericueta, Université de Salamanque, Espagne

11h30 : Premières applications géographiques de la noosphère : Pierre Deffontaines, apôtre de la théosphère
Antoine Huerta, Université de la Rochelle

14h00 : Augmenter l’homme par la greffe testiculaire et la vasectomie : des paradigmes traditionnels aux projections futuristes
Elodie Serna, Lille 3, Labex EHNE

15h00 : L’homme fluidique ou hyper-homme chez Paul Otlet (1968-1944). Une perspective transhumaniste complexe
Olivier Le Deuff, Université Bordeaux Montaigne

16h30 : Portrait du biologiste en dictateur
Jean-Yves Goffi, Université Grenoble-Alpes

17h30 : Concepts pré-transhumanistes et rapport à la science chez divers auteurs du XXe s. (Teilhard, Rostand, J. Huxley)
Alexandre Moatti, Université Paris-Diderot

 

Vendredi 13 décembre

9h30 : La prothèse dans l’art et la littérature dadaïstes en Allemagne : l’homme dépendant de la machine
Emmanuelle Raingeval, Université de Picardie

10h30Le cosmisme russe est-il un transhumanisme ?
Rudolph Bierent, Université Aix-Marseille, CNRS

11h30 : Du vital au technique : la genèse dialectique de l’homme augmenté
Daphné Vignon, Université de Nantes

14h00 : Contrôler l’évolution : les mutations transatlantiques d’une idée occidentale
David Pucheu, Université Bordeaux Montaigne

15h00 : Conclusions par
David Doat, Olivier Dard et Franck Damour

 

Comité d’organisation
• Franck Damour, Université Catholique de Lille, France
• Olivier Dard, Sorbonne Université, LABEX EHNE, France
• David Doat, Université Catholique de Lille, France

Comité scientifique
• Francesco Paolo Adorno, Università degli studi di Salerno, Italie
• Jenny Andersson, Sciences Po Paris, France
• Stéphane Cormier, Université de Bordeaux, France
• Fabien Ferri, Université de Franche-Comté, France
• Jean-Yves Goffi, Université Grenoble Alpes, France
• Hélène Machinal, Université de Bretagne Occidentale, France
• Barbara Meazzi, Université Côte d’Azur, France
• Alexandre Moatti, Université Paris-Diderot, France