Prisonniers de guerre et captivité en Europe

Le Reichsführer-SS Heinrich Himmler inspecte un camp de prisonniers de guerre soviétiques à l’automne 1941.  Source : U.S. National Archives and Records Administration, via Wikimedia Commons.
Auteur-e-s: 

Relégué hors des mémoires patriotiques forgées après 1945 en Europe et maintenu dans l’ombre en tant que vaincu, le prisonnier de guerre est longtemps resté absent des historiographies des guerres et des après-guerres. Pourtant, à partir de la Révolution française, que ce soit pendant les conflits ou après, les captifs ont constitué un enjeu militaire, politique et culturel majeur dans la mobilisation culturelle des sociétés en guerre comme dans les processus de sortie de guerre. En effet, avec l’avènement des armées de conscription européennes, le soldat remplit en combattant son devoir pour défendre la patrie. Le prisonnier apparaît alors comme une figure majeure dans la nationalisation de la guerre par les États, tandis que la captivité devient un phénomène de masse qui touche plusieurs centaines de milliers d’individus au xixe, puis des millions au xxe siècle. La gestion, par des acteurs étatiques de plus en plus soumis au droit humanitaire, de ces citoyens-soldats offre une lecture, à fronts renversés, de l’évolution de la guerre sur deux siècles.

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedintumblrmail