Transidentités : histoire d’une catégorie

Symbole transgenre

Le terme transidentités, apparu en Allemagne au début du xxe siècle, renvoie à un ensemble de pratiques d’identification à un genre différent de celui assigné à la naissance. La définition des transidentités se situe à la croisée des discours médicaux, des prescriptions juridiques et des pratiques sociales. Les avancées médicales et chirurgicales depuis le premier tiers du xxe siècle rendent possible le changement de sexe ; selon les pays, celui-ci peut comporter une dimension thérapeutique et s’accompagner d’une modification de l’état civil. À partir de la décennie 1960, les transidentités deviennent plus visibles et à des rythmes différents selon le contexte politique national ; des mesures médicales et juridiques sont adoptées pour prendre en compte les demandes des « trans », souvent sous la pression des nouvelles normes internationales. Durant les années 1990, des associations voient le jour et s’européanisent pour dépsychiatriser la transidentité ; elles trouvent dans la Cour européenne des droits de l’homme une alliée pour faire évoluer les législations nationales.

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Arrêter la guerre

Véhicules blindés AMX-10P de la KFOR contrôlant le carrefour principal de Kosovska Mitrovica, Kosovo, 2006. © Pierre Esnault-Collection personnelle

Auteur-e-s

Armistices, capitulations et cessez-le-feu interrompent les combats selon des modalités différentes. Ils font taire les armes, mais maintiennent l’état de guerre qui ne prendra fin qu’avec le traité de paix. Le choix de négocier ou de se rendre dépend de la nature de la guerre qui a été menée, donc de ses buts et de la façon dont les combats ont été conduits, mais aussi des attentes de l’opinion. Au cours de la période contemporaine, les armistices sont devenus de plus en plus politiques : alors qu’au xixe siècle ils se contentaient de signaler l’arrêt des combats afin de préparer techniquement les pourparlers de paix, ils anticipent depuis la Grande Guerre sur les négociations de concessions territoriales ou matérielles. Les différentes façons de mettre fin aux hostilités finissent ainsi par se confondre. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la quasi-totalité des belligérants cessent les combats par capitulation, mais l’existence de l’arme nucléaire, en relativisant la notion de victoire, impose l’usage du cessez-le-feu durant la seconde moitié du xxe siècle.

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Genre de la contre-révolution au XIXe siècle (Le)

Bordalo Pinheiro, « Revolta da Maria da Fonte » (gravure), dans A Ilustração, 1846, v. II, p. 71.

Auteur-e-s

La place des femmes au sein de la contre-révolution au xixe siècle est inattendue eu égard à la conception genrée des rapports sociaux portée par cette famille politique, qui défend une société inspirée de l’Ancien Régime et reposant sur le catholicisme et la monarchie, sur des cadres sociaux traditionalistes et sur le maintien d’un modèle patriarcal. Outre leur importance sur un plan symbolique, à travers des incarnations dynastiques, religieuses ou nationales, les femmes contre-révolutionnaires disposent d’une assez large liberté d’action qui s’incarne dans des domaines variés. Si nombre de ces actions relèvent du domaine où les femmes sont traditionnellement cantonnées – famille, activités du care, etc. –, elles interviennent aussi de multiples manières sur la scène politique – prise d’armes, pétitions, souscriptions. En fin de compte, la contre-révolution procure une capacité d’agir – paradoxale pour les femmes, dont on retrouve des traces au xxe siècle dans les mouvements conservateurs et catholiques, héritiers de la contre-révolution.

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Call for paper: Immoral Money and War Profiteurs (1870-1945)

The conference on “Immoral Money and War Profiteurs (1860-1945)” is part of a series of scientific events focusing on the topic of political corruption, organised by a Franco-German research partnership (project POCK2, ANR-DFG) between Paris-Sorbonne University, the University of Avignon, Darmstadt University of Technology and Goethe University Frankfurt. The collaborative project is also supported by research groups from the Autonomous University of Barcelona, the New Europe College of Bucharest, the Free University of Amsterdam, and is part of the International Scientific Coordination Network « Politics and Corruption » (GDRI 842 CNRS).

The conference will explore the emergence of immoral money and war profiteurs in times of war or in the post-war period in Europe (1870-1945). The “economic cleansing” that occurred in France after the Second World War is an example of war profiteering that has been studied by the CNRS research team (GDR) 2539 “Companies under the Occupation”. By contrast, the Franco-Prussian War in 1870 and the Great War have not been given much attention. This conference aims to analyse the allegations of corruption levelled against companies that were thought to have turned high profits in wartime or immediately thereafter. A special but nonexclusive focus should be given to French and German cases. Examples found in other European countries, from the last third of the XIXth century to the first half of the XXth century, may also be addressed.

While it is superfluous to stress the importance of wars as historical highlights, we shall emphasize how decisive wars are in defining public norms systems. Indeed, the potential contradiction between individual benefits and collective interest is increased during such conflicts. In this context, great sacrifices are made on behalf of community and national safety as patriotism is required from all, while unique economic dynamics emerge: hasty decisions are made in times of great uncertainty; public spending increases substantially and huge funds are injected in the war system. High profits may thus be made at a low cost by individual stakeholders, particularly in such sectors as military supply and army logistics. Influence networks prove to play a crucial role in such circumstances. It is mainly when wars have been lost that the gains achieved by war profiteurs are seen as unacceptable. Profit margins considered as unreasonably high, as well as speculative profits, are on the radar and deemed all the more scandalous since they have been made against a backdrop of general shortage. The topic of “immoral money” invites us to assess the importance of post-war periods rather than just focus on the conflicts themselves.

 

Topics could include but are not limited to:

– public debates on immoral money and hidden practices/malpractices during the 1870-1871 War, the Great War or World War II and their aftermaths – not only in France. Other conflicts may also be examined. Proposals that deal with the issues of war debts and reparations, especially in terms of the polemics they led to, will be welcome.

– the institutions that have dealt with this question in judiciary, political and parliamentary terms: focus may be placed on the parliamentary inquiry committees that have been established at the time.

– efforts should be made to put a figure on the profits made by specific firms as well as by entire industry sectors, however delicate the task may be – especially in the case of France, given the lack of a standardized business accounting programme until 1941, which is when the national chart of accounts was created.

 

Please send proposals (1500 characters max.) in either English or French before 1st March 2018 to frederic.monier@univ-avignon.fr and olivierdard@orange.fr

The scientific board (composed of Olivier Dard, Jens Ivo Engels, Silvia Marton, Cesare Mattina, Frédéric Monier and Gemma Rubi) will examine and select the proposals.

Transport and accommodation will be provided to participants.

 

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Artisanat de tranchée (L')

Affiche d’Henri Dangon réalisée pour l’exposition L’art de guerre au salon des Armées du 22 décembre 1915 au 22 février 1916.

Auteur-e-s

De tous les artefacts engendrés par la Grande Guerre, les objets d’artisanat de tranchée sont probablement les plus curieux et les plus complexes. Au-delà de leur genèse technique, ces objets témoins posent des questions quant aux attentions et intentions dont ils font l’objet. Expression artistique d’une expérience personnelle faite au cours d’un événement européen majeur, les créations relevant de l’artisanat de tranchée se présentent sous des formes diverses qui font de cette pratique un objet anthropologique et archéologique passionnant à étudier.

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Femmes de sciences

La réussite de Marie Curie invite les femmes à poursuivre des études de sciences, la grande chercheuse est ici entourée de quatre étudiantes (entre 1910-1915).

Au xixe siècle encore, les femmes en Europe sont quasiment exclues du monde des sciences et des techniques au nom de leur soi-disant infériorité naturelle. Seules quelques intellectuelles de l’aristocratie éclairée contribuent aux progrès et participent aux débats scientifiques, alors que des femmes occupent des postes subalternes, surtout techniques. À la fin du xixe siècle la plupart des pays européens démocratisent l’accès à l’instruction provoquant de facto une augmentation du nombre d’étudiantes et de chercheuses, malgré les préjugés sexistes, voire le déni de leurs découvertes. Ces pionnières ouvrent des brèches dans ce monde masculin et sont reconnues, même si les prix Nobel leur sont parcimonieusement attribués. Depuis le milieu du xxe siècle, de nouvelles générations de femmes scientifiques font surgir des problématiques de recherche, de la pédiatrie aux neurosciences, de l’alimentation à l’environnement. Néanmoins, emblématiques hier, ces scientifiques demeurent encore aujourd’hui symboliques, perçues plutôt comme des exceptions que comme des modèles.

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Le LabEx EHNE à la Fabrique de l’Histoire

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Le mercredi 17 janvier, a été diffusée sur France culture dans la Fabrique de l’histoire, une émission consacrée au Fonds Colbert hébergé par le LabEx EHNE, avec Laurence Giordano, Olivier Vayron, Clyde Plumauzille et Gabriel Nagamouchi.

A réécouter en podcast ici

Pour aller plus loin :

– Delphine Diaz, « Le « fonds Colbert » : une enquête sur les plaques photographiques de la collection Molteni », dans Denise Borlée et Hervé Doucet (dir.), Plaques photographiques, fabrication et diffusion du savoir, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018.

– Anne Quillien (dir.), Lumineuses projections ! La projection fixe éducative. Catalogue de l’exposition présentée au Munaé à Rouen du 23 avril 2016 au 31 janvier 2017, Futuroscope, Réseau Canopé, 2016.

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Call for Papers: What is a Christian Man?

What is a Christian Man ?

Commitments and Masculinities in Europe from the Nineteenth Century to the Present

Workshop organized by the research axis 6 ‘Gender and Europe’ of the LabEx EHNE

To take place in Paris, 11th and 12th June 2018.

 

What are the ties between masculinities, religious practices and political commitments in Europe from the nineteenth century up to the present day ? A close analysis of men’s religious commitments will aid our understanding of both the politics and the construction of masculinities. These commitments take place in both private and public space, while men’s religious role within the family – hitherto little explored by historians – can also provide a new setting for historical analysis of masculine religiosity.

Male Political Commitments and Religious Beliefs

French historiography has emphasized the secularization of society since the French Revolution where politics gained to the disadvantage of religion. It is usually assumed that, as religion in Europe became ‘feminized’, men disengaged from religious practice (Fouilloux, 1995). At the same time, political history has revealed how anticlericalism became a vehicle for men to assert freedom of thought and democratic values in opposition to feminized religions controlled by clergymen with troubled masculinities (Healy, 2001). The ‘anticlerical man’ has become a historiographical commonplace (Lalouette, 2001).

While historians of women and gender have questioned the politicization of women, considering whether religious mobilizations were a response to their exclusion from the political and public sphere, few works have dealt with men’s simultaneous religious and political commitments (e.g. Harrison, 2014). Yet studies of Germany, Spain and Northern Europe have revealed that the configurations of religion, politics and gender vary between countries. Thus, an intersectional approach to masculinities, religion and politics on a European scale will enable us to overcome the limitations and specificities of national approaches.

Religious Practices and Masculinities

Taking for granted that men drifted away from religious practice, historiography often forgets how heavily such assumptions depend on statistics of attendance at Sunday mass. However, Sunday attendance is just one among many religious practices: processions or pilgrimages continued to attract a much more mixed group of participants, while there were also devotions or spiritual practices mainly endorsed by men, such as the Sacred Heart in Belgium (Van Osselaer, 2013). Other political or social commitments could become spaces where men defended religious values and ideas, just as we know that women invested some religious practices with political meaning (Della Sudda, 2007). Are there practices in which Christian men engaged as both religious and political commitments? Such an approach could also shed light on the continuum between male and female political mobilizations.

Historians often portray the working class as highly dechristianized, while the upper classes have a distinct masculinity fostered in charity circles (Brejon de Lavergnée). We would like to mobilize an intersectional approach that incorporates class and gender alongside religion to analyse what it means to be a Christian man as a peasant, a worker, a bourgeois or an aristocrat. To what extent could religion transcend class difference to become something shared and relevant to male identity in general?

Paper proposals could treat one or more of the following issues:

  1. Political commitment and religious identity: in several European countries, religion became an element in the definition of national identity, for example Anglicanism in the British Empire or Lutheranism in Prussia. Consequently, democratization and political participation does not systematically lead to anticlerical masculinities. How are modern masculinities defined in countries where political participation is compatible with religious belonging? On the other hand, in authoritarian or totalitarian regimes, does religion become a particular place where menseek refuge, or a form to resistance?
  2. The gender of atheism, agnosticism and anticlericalism: Distance from the Church runs a wide span, from a simple loss of personal faith through to open war against the clergy. A gendered approach to these attitudes would enrich our understanding of the various forms of estrangement from religious institutions. On the other hand, does the violence of anticlerical discourse strengthen men’s political and religious identity?
  3. Lay and religious masculinities at war: Wars and military conflicts are crisis times prone to define anew gender identities and political belongings. In France, comradeship at the front created a male fraternity that overcame differences between civilians and the clergy who were hitherto forbidden to carry arms. In civil and resistance wars, are clergymen ordinary men among others? Is religious belonging compatible with fighting and military obedience? On the other hand, how can religious discourse legitimate fighting?
  4. Christian husbands and fathers: As home and family became increasingly valued compared to religious orders, how did Christian men consider their role as husbands and fathers? How important are discourses about paternity and marital life in the self-definition of Christian men ? To what extent is home a politicised place at the turn of the twentieth century?
  5. The gender of religious emotions, beliefs and practices: In the wake of history of emotions, we would like to question the relationship between gender and devotional practices. Nineteenth-century religion, more centred on love and marital piety, insists on an affective relationship to God. How did men engage in this kind of piety and devotional practices, mainly considered as ‘feminine’? To what extent does religion create different norms of lay masculinity?

 

Organisation of the conference

The workshop will be held in Paris on the 11th and 12th June 2018. Presentations should last 30min, and be held in French or English. 

How to submit a proposal :

Paper proposals (half a page) including sources and methodological approach, should be sent alongside a short biography to Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Anne Jusseaume (genreeurope@gmail.com) and Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr ) before 1 March 2018. Candidates will be informed of the scientific committee’s decision by the end of March 2018.

Organising committee

Anthony Favier – Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA)
Anne Jusseaume – LabEx EHNE, UMR Sirice/Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)
Caroline Muller – LARHRA/Centre de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC)

Scientific committee

Matthieu Brejon de Lavergnée (Maître de conférences HDR à Sorbonne Université – Centre d’Histoire du XIXe siècle),
Bruno Dumons (Directeur de recherche, CNRS – LARHRA),
Julie Le Gac (Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, ISP/LabEx EHNE),
Manuela Martini (Professeure d’histoire moderne, Université Lyon 2 – LARHRA),
Florence Rochefort (Chargée de recherche au CNRS, GSRL – EPHE/CNRS),
Régis Schlagdenhauffen (Maître de conférences à l’EHESS – IRIS/LabEx EHNE)

 

Bibliography :

  • Immaculada BLASCO HERRANZ, Paradojas de la ortodoxia, política de masas y militancia católica femenina en España (1919-1939), Zaragoza, Prensas universitarias, 2003, 433 p.
  • Matthieu BREJON DE LAVERGNEE, La Société de Saint-Vincent-de-Paul, 1833-1871 : un fleuron du catholicisme social, Paris, le Cerf, 2008, 713 p.
  • Magali DELLA SUDDA, Une Activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie : socio-histoire de la politisation des femmes catholiques au sein de la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et de l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), thèse d’histoire sous la direction de Laura Lee DOWNS et Lucetta SCARAFFIA, EHESS, Université de la Sapienza (Rome), 2007, 816 p.
  • Étienne FOUILLOUX, “Femmes et catholicisme dans la France contemporaine”, Clio, Histoire, femmes et sociétés, 2, 1995.
  • Carol E. HARRISON, Romantic catholics : France’s postrevolutionnary generation in search of a modern faith, Ithaca : Cornell University Press, 2014, 328 p.
  • Róisín HEALY, “Anti-Jesuitism in Imperial Germany : the Jesuit as Androgyne”, dans Helmut SMITH (éd.), Protestants, Catholics and Jews in Germany, 1800-1914, Oxford, New York, Berg, 2001, p. 153-183.
  • Jacqueline LALOUETTE, La Libre pensée en France, 1848-1940, Paris, Albin Michel, 2001, 636 p.
  • Raúl MÍNGUEZ BLASCO, “Monjas, esposas y madres católicas : una panorámica de la feminización de la religión en España a mediados del siglo XIX, Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amériques, 11, 2012.
  • Tine VAN OSSELAER, The Pious sex : Catholic constructions of masculinity and feminity in Belgium, c. 1800-1940, Leuven, University Press, 2013, 271 p.
  • Timothy VERHOEVEN, “Neither Male nor Female : the Jesuit as Androgyne 1843-1870”, Modern & Contemporary France, 16, 1, février 2008, p. 37-49.
  • Yvonne Maria WERNER (ed.), Christian masculinity : Men and religion in northern Europe in the 19th and 20th century, KADOC-Studies on Religion, Culture and Society, 8. Leuven University Press, 2011.
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Projet colonial hollandais pendant la Seconde Guerre mondiale (Le)

« L’appel de l’Est ». Sous la direction de Rost van Tonningen, la Compagnie orientale néerlandaise encourage les Hollandais, et notamment les fermiers, à émigrer dans le but de coloniser et d’aryaniser l’Europe de l’Est. Affiche de propagande, 1942.

Il s’agit ici d’étudier la contribution hollandaise à l’exploitation et à la colonisation de l’Europe de l’Est par l’Allemagne (1939-1944). En effet, contrairement à d’autres pays « germaniques », la Hollande fournit un large soutien au programme de germanisation des nazis, ce qui ne s’explique qu’en partie par des convictions politiques communes aux deux pays. Aux yeux des Hollandais, la participation à ce projet représente une opportunité de résoudre leurs problèmes nationaux : l’Est occupé met des terres à la disposition de fermiers qui n’ont pas d’avenir dans leur pays natal densément peuplé, en même temps qu’il fait office de substitut aux Indes orientales néerlandaises perdues, restaurant ainsi la grandeur coloniale de la nation.

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Négociant européen (Le)

Le Parfait négociant, ou Instruction générale pour ce qui regarde le commerce de toute sorte de marchandises, tant de France que des pays estrangers... par le sieur Jacques Savary.

Auteur-e-s

La figure du négociant s’impose progressivement au xviiie siècle sur les grandes places commerciales européennes. La distinction entre négociant et marchand a longtemps été malaisée. Les négociants forment une élite socioprofessionnelle que caractérisent à des degrés différents plusieurs critères : la polyvalence des activités (spéculation sur les marchandises, commerce en gros, commission, armement maritime, assurance, banque), l’étendue des horizons économiques, les longues distances sur lesquelles se déploient leurs réseaux, les compétences qui résultent d’un apprentissage complexe et la recherche d’honorabilité.

Au xixe siècle, les conditions des échanges à distance en Europe et dans le monde se transforment en profondeur. La polyvalence du travail tend à devenir un archaïsme mais la rupture n’est ni totale, ni brutale. Le terme de négociant devient l’indicateur d’un travail défini. Les négociants cèdent progressivement la place à des hommes d’affaires spécialisés, ce qui était relativement rare jusqu’au xviiie siècle se généralise au xxe siècle.

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