Libérer, être libéré dans l’Europe des XIXe et XXe siècles

Des soldats britanniques donnent du chocolat à des civils néerlandais lors de la libération des Pays-Bas, 1944. Photographe : Sergent Laing de la no. 5 Army Film &Photographic Unit. Photographie B10245, Imperial War Museums.
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Mettant fin à une domination étrangère quelle qu’en soit le type – annexion de fait ou de jure, occupation militaire – et donc à une forme d’oppression, la libération apparaît comme un moment exceptionnel dans l’histoire des nations européennes. C’est aussi un moment fragile, de déprise comme de possible reprise de la violence, de rétablissement comme d’effondrement des structures étatiques, bref, un moment incertain de reconfiguration des rapports socio-politiques. Surtout, l’usage du terme participe souvent d’un discours de légitimation de l’action : ainsi les forces qui « libèrent » peuvent-elles se présenter elles-mêmes comme « libératrices », ou être perçues comme telles ou non par une partie des populations « libérées ». Dès lors que les expériences de la domination étrangère sont plurielles, celles des libérations ne répondent à aucun scénario pré-écrit.

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Modernisation et représentations de l’artillerie en Europe

Une batterie de katiouchas en action lors de la bataille de Stalingrad, 6 octobre 1942. RIA Novosti archive, image #303890 / Zelma / CC-BY-SA 3.0.
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Si la poudre n’est pas une invention européenne, le développement de l’artillerie a contribué depuis la fin du Moyen Âge à l’émergence des États européens et d’une culture militaire propre au continent, sous l’effet de la circulations des savoirs techniques. L’artillerie a également participé à l’élaboration d’une manière spécifique de faire et de vivre la guerre, qui a culminé avec les deux conflits mondiaux. Ce faisant, elle a conduit, à travers toute l’Europe, à une expérience particulière de la guerre qui, de traumatismes en destructions, a marqué par sa puissance dévastatrice la mémoire européenne.

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Pratiques amateures de la photographie en guerre

Opération de reconnaissance du 8e RIM dans le secteur du vieux Saïda. Assaut d’une mechta (hameau) et arrestation de combattants algériens. Date : 1959. Photographe : Arthur Smet. Copyright : ECPAD – collection Smet. Réf. : D163-29-55. Arthur Smet pratique la photographie en amateur au sein du 8e RIM avec le consentement de sa hiérarchie, avant de devenir reporter à part entière pour son régiment à partir de l'été 1959.
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L’invention d’appareils photographiques portables permet au soldat de photographier sa guerre dès la fin du xixe siècle mais les usages privés de l’image par le combattant posent rapidement des difficultés aux armées et aux États européens. Ils cohabitent avec les représentations officielles et publiques de la guerre qu’ils consolident, complètent ou parfois subvertissent. En Europe, la Première Guerre mondiale est le lieu d’une première utilisation de masse des appareils portables par des soldats. Loin des codes traditionnels de la représentation du combat et des récits homogènes de la communication officielle, des milliers d’images enregistrent alors une expérience à hauteur d’homme. L’imagerie de la guerre s’en trouve modifiée pour les décennies à venir. Dans un rapport toujours instable avec la photographie professionnelle, la photographie amateure pratiquée par le soldat participe ainsi à la fabrique de l’imagerie contemporaine du combat en Europe, au point de devenir dans les dernières décennies un mode de visualisation privilégié de la guerre.

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Révisions du modèle grec par les artistes français au XIXe siècle (Les)

Dominique Papety, Femmes à la fontaine, Montpellier, Musée Fabre
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De la Révolution française à la Grande Guerre, peintres et sculpteurs puisent dans les trouvailles de l’archéologie européenne pour renouveler leur conception du modèle grec. Les statues antiques mises au jour sont assez vite diffusées par les musées, des moulages ou des publications savantes et populaires ; les artistes en extraient des caractères en porte-à-faux avec les modèles canoniques, enseignés à l’École des Beaux-Arts depuis l’institutionnalisation du néoclassicisme. En quelques générations, avec des passeurs comme David d’Angers, Ingres, Hittorff et Bourdelle, le modèle grec idéal hérité de la statuaire gréco-romaine est relégué et fait place à un modèle grec archaïque, plus rude et stylisé, correspondant à l’inspiration primitiviste des artistes modernes.

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Tsar et la paix (Le)

Louis Léopold Boilly, Le triomphe du tsar Alexandre Ier ou La Paix, 1814. Musée du Louvre
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L’empire russe donne facilement l’image d’un régime belliciste. Pourtant, par deux fois, les tsars ont été à l’origine d’initiatives originales et audacieuses en faveur de la paix et de la sécurité de tout le continent européen. En 1804, Alexandre Ier lance le projet ambitieux et visionnaire d’une ligue pacifiste des États d’Europe pour faire pièce à l’impérialisme napoléonien. Mais il se heurte au scepticisme de la diplomatie britannique et ne donne finalement naissance qu’à la Sainte Alliance, conclue en septembre 1815. Près d’un siècle plus tard, en 1899, Nicolas II œuvre pour la réunion d’une grande conférence sur le désarmement. La conférence de La Haye échoue sur cette question mais fait progresser le droit humanitaire en adoptant des décisions majeures en faveur de la protection des populations civiles et des prisonniers en temps de guerre.

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Féminismes et mouvements féministes en Europe

Le symbole du mouvement féministe est composé de celui de la planète Vénus choisi au XVIIIe siècle comme symbole biologique du sexe femelle, et du poing serré utilisé par les mouvements de protestation anti-guerre du Vietnam et Black Power des années 1960. Il apparaît pour la première fois comme symbole du Woman Power aux États-Unis en 1968 avant de se diffuser rapidement dans le reste du monde.
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, 1791. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/WccuHC
Pour le suffrage des femmes : congrès international, Budapest 1913, 15-20 juin. Source : Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand https://goo.gl/t7RFyR
Manifestation féministe à Paris, rue Montmartre, le 29 mars 1914. Source : Bibliothèque nationale de France via Wikimedia Commons https://goo.gl/sv3ThS
« Femmes libres », affiche du syndicat anarchiste CNT (Confederación Nacional del Trabajo), Espagne 1936.
"Moi, j'ai avorté". Milan, manifestation pour le droit à l'avortement, janvier 1975, dans le magazine Epoca, n° 1268, p. 20.
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La sensibilité féministe précède de loin les mouvements du même nom. Dans le premier XIXe siècle, les idées féministes sont essentiellement portées par des individus, femmes ou hommes, les premiers mouvements féministes ne se formant en Europe qu’à partir du milieu du XIXe siècle. Ces mouvements revendiquent avant tout le droit pour les femmes de s’instruire et d’exercer librement leurs talents, notamment à travers une activité rémunérée et la participation aux affaires publiques. Bien qu’organisés pour la plupart dans le cadre des États-nations, ils se structurent très vite à l’échelle internationale. Mais les nationalismes et les deux guerres mondiales du XXe siècle mettent à l’épreuve leur internationalisme revendiqué. Les années 1970 et 1980 constituent un nouveau temps fort pour les mouvements féministes qui aspirent à la libération des femmes, sur le plan matériel et culturel. Avec la globalisation qui favorise les liens transnationaux, les féministes agissent aujourd’hui dans des cadres plus ou moins institutionnels et à divers niveaux, de l’échelle locale au niveau transnational.

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Monastic Orders as Vehicles of Diffusion in Europe

Nave of Boyla Abbey, Ireland
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During the Middle Ages, the major European monastic orders were the first transnational organizations in the world, establishing an important network of monuments throughout Europe. The undeniable physical impact of their presence on rural and urban landscapes in medieval Europe was accompanied by the role these religious orders played in the diffusion of architectural and artistic forms and techniques, and by extension the construction of a European artistic and cultural history linked to the sharing of a material heritage.

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Playing at War in Modern Europe

Puppet of an Englishman ready for assembly, 1914. © Landesmuseum Stuttgart/Museum der Alltagskultur Schloss Waldenbuch, F. Schreiber collection, VK 1978/50-8156
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War toys, which have been expanding as an industry since the nineteenth century, are both cultural objects and commercial products. In times of war they contribute to the mobilization of civilians, especially children and the young. For a long time, such toys and games were luxury products. As they became more freely available, they helped shape the imagination and served as a symbolic outlet. In times of peace, they have conveyed a historical discourse whose educational potential remains largely untapped, especially since the emergence of video games. As a medium for interpreting wars of the past they have led to criticism, controversy, and issues relating to memory, and today represent a largely unexplored field of study.

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Photojournalism in Europe, 1920-1970

Photograph taken by Colonel Meches on April 12, 1945, upon the liberation of the Ohrdruf camp (Germany).
Photograph taken by the Agence Meurisse, showing the start of a militia attack in the Spanish Civil War, 1937. Source: Gallica https://goo.gl/PybXbv
Photograph taken by Captain Horton showing Winston Churchill inspecting English defences near Hartlepool in July 1940. This photograph was later altered by Nazi propaganda to present the British Prime Minister as a gangster. Source: IWM https://goo.gl/VuXSnn
Photograph taken by Yevgeny Khaldei on May 2, 1945, entitled “The red flag on the Reichstag.” Source: Flickr https://goo.gl/HovBqw
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War photography experienced its golden age from the interwar period to the 1970s, particularly in Western Europe. It was driven by the mythical figures of major reporters and magazines and drew on the many technical and technological transformations that marked photography since its invention in the nineteenth century. It was used by totalitarian regimes for a time but has now lost its monopoly over the image as a repository of reality and truth to other media, such as television and the Internet. The genre subsequently found other forms of expression to represent war, which are more artistic and less focused on the event itself than on the emotion it arouses in the audience as seen through the photographer’s gaze.

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