Appel à communication : La Méditerranée des artistes. Une modernité critique 1880-1945

Nikos Lytras, Le phare, 1925-1927 Huile sur toile, 52 x 42 cm Athènes, The National Gallery – Alexandros Soutzos Museum.

Institut d’Etudes Méditerranéennes FO.R.TH. (Réthymno, Grèce)
10 et 11 octobre 2019

Les historiens de l’art ont depuis longtemps adopté les outils de l’histoire des idées, des échanges et des transferts. Ils ont ainsi pu remettre en question la partition entre « centre » et « périphérie » et nuancer la hiérarchie binaire dominant/dominé, émetteur/récepteur d’influences, au profit de cartographies complexes structurées autours de réseaux dynamiques (Joyeux-Prunel, Spring 2014, Fall 2016). Ces recherches ont démontré à quel point les données de l’histoire politique et culturelle affectent la transmission des formes et des modèles et modifient les représentations (Messina et Jarrassé 2012 ; Fraixe, Piccioni, Poupault 2014). Elles prennent désormais en compte les jeux de miroirs à l’œuvre dans la fabrique croisée des identités, lorsque le regard se tourne vers ces lieux « d’où vous ne venez pas mais par où nous sommes passés » (Joyeux-Prunel, Spring 2016). Une telle relecture critique des récits nationaux aide à une meilleure compréhension du balancement entre nationalisme – voire régionalisme – et cosmopolitisme et nous incite aujourd’hui à vérifier les potentialités heuristiques de la notion de Méditerranée dans le champ disciplinaire de l’histoire de l’art.
S’il est vrai que les relations nord-sud ont été abordées relativement souvent (Cachin 2000 ; Paris Barcelone 2001 ; Ely et Vial 2013), les circulations à l’intérieur du bassin méditerranéen ne l’ont été que de manière exceptionnelle (Gravagnuolo 1994 ; Troisi 2008 ; Maglio Mangone Pizza 2017). Pourtant, prenant le contrepied de l’histoire canonique d’une modernité d’origine essentiellement septentrionale, une autre géographie pourrait émerger où le « sud » ne jouerait plus le rôle convenu de la subalternité, mais celui autrement plus stimulant d’une altérité active (Other Modernisms 2011 ; Southern Modernisms 2015), dans un espace bien plus divers et multipolaire.
Les limites chronologiques envisagées – 1880-1945 – tiennent compte de la présence diffuse d’une pensée méditerranéenne des arts, savants ou populaires, fixés sur l’horizon avant-gardiste ou cherchant leur « futuro alle spalle » (Pirani 1998), exaltant un idéal universaliste humaniste ou prêtant allégeance à la troisième voie fantasmée des fascismes. Puisant aux racines d’une culture populaire ou nationale, ces modernités se caractérisent par une volonté de conciliation avec une tradition recomposée. Aux débuts des années 1910, le régionaliste et félibre Jean Charles-Brun peut même esquisser les traits d’un « art méditerranéen » qui serait le point de convergence de motifs « sarrasins », de « types arabes », d’influences espagnole, byzantine et lombarde. On retrouve cet imaginaire pendant toute la première moitié du XXe siècle, des évocations maurrassiennes au périple des CIAM dans la Mer Égée (1933), en passant par l’évocation humaniste de Valéry, par l’exploitation nationaliste des mythes de la « latinité » et de la « grécité ». Cette recherche d’un socle esthétique commun est bien réelle ; elle sous-tend un dialogue ininterrompu entre artistes, critiques et intellectuels parcourant les routes, réelles ou idéales, de la Méditerranée.
Tenter de reconstituer une partie de ce paysage contrasté à la lumière d’une quête de modernité aux trajectoires multiples peut sembler un défi, dans la mesure où les valeurs et les finalités des mouvements qui s’en proclament sont contradictoires et n’en finissent pas d’être discutés. Néanmoins, cette indétermination critique laisse ouverte la possibilité d’explorer des voies encore trop souvent considérées comme excentrées sur une carte des avant-gardes majoritairement polarisées entre l’Europe du Nord et les États-Unis.
Le Liberty sicilien, la plénitude plastique d’un Maillol – sa Méditerranée (dite aussi La Pensée) exposée en 1905 pourrait faire figure de manifeste -, le Noucentisme catalan ou les courants rationalistes inspirés par les intérieurs dépouillés de pêcheurs d’Ibiza, des Cyclades ou de Capri : ces manifestations et bien d’autres encore, toutes nées d’un répertoire de représentations assurément hétéroclites, ne sont-elles que des variantes d’un « retour à l’ordre » régressif faisant allégeance aux idéologies du colonialisme, du conservatisme académique et des fascismes ? Est-il possible de mieux circonscrire et d’historiciser les notions vagues de « midi méditerranéen », de « latinité », de « méditerranéité », d’occident gréco-latin, de « romanité » ou de « grécité » (pour ne citer que les désignations qui nous sont familières) ?
Quels artistes, quelles créations, quels « passeurs » – critiques d’art, revues, traductions – se trouvent impliqués dans la production de ces images et de ces discours ? Dans quelle mesure ceux-ci viennent-ils enrichir le spectre varié des modernités de la première moitié du XXe siècle ?

Le colloque international La Méditerranée des artistes : une modernité critique 1880-1945 est la deuxième étape d’une réflexion entamée à Marseille (MUCeM) les 26 et 27 mars 2018, à l’occasion de la rencontre intitulée Modernismes en Méditerranée. Parcours artistiques et critiques 1880-1950. 

Les contributions attendues porteront sur les thèmes suivants :
• Histoires/Historiographies artistiques de la notion de Méditerranée.
• Imaginaires et représentations suscités par la Méditerranée dans le champ des arts visuels.
• Idéologies liées à la notion de Méditerranée telle qu’elle est élaborée dans le champ des arts visuels : progressistes (lignée Valéry, Audisio, Braudel, Camus) ou conservatrices voire  réactionnaires (identitaires, racistes, colonialistes…).
• Circulations inter-Méditerranée et nord-sud des esthétiques, des modèles, des artistes, des critiques et des théoriciens de l’art.
• Anti-modernismes : idéaux esthétiques puisant dans un passé méditerranéen retrouvé/réinventé.
• Modernismes : idéaux esthétiques prenant appui sur une Méditerranée retrouvée/réinventée pour promouvoir un renouveau radical des modèles dans le but d’accompagner, voire infléchir et déterminer, les mutations techniques, économiques et sociales survenues au tournant du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle.

Ces thèmes ou orientations constituent, avec les interventions du colloque du printemps 2018, le sommaire d’un ouvrage collectif à paraître en 2020.

Calendrier
– Réception des propositions (1500-2000 signes) et du CV (100 signes) : avant le 20 décembre 2018. Les
propositions sont à envoyer à rossella.froissart@free.fr et jeremie.cerman@sorbonne-universite.fr
– Sélection des propositions : 15 mars 2019
– Colloque : 10-11 octobre 2019
– Réception des textes (25.000/35.000 signes) : 15 février 2020

Langues
Les communications se feront en français ou en anglais.

Le programme comprendra des résumés :
– en anglais et en grec pour les interventions en français,
– en français et en grec pour les interventions en anglais.

Partenaires
– AMU-TELEMMe (Aix-Marseille Université)
– LabEx ENHE (Ecrire une Histoire Nouvelle de l’Europe – Centre André Chastel / Sorbonne Université)
– Institut Mémoires de l’édition contemporaine (Caen)
– Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H.

Comité scientifique
Rossella Froissart (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Jérémie Cerman (Centre André Chastel / Sorbonne Université)
Yves Chevrefils-Desbiolles (IMEC, Caen)
Evgénios D. Matthiopoulos (Institut d’Études Méditerranéennes, FO.R.TH. / Université de Crète)
Silvia Bignami, Antonello Negri, Paolo Rusconi, Giorgio Zanchetti (Università degli Studi di Milano)
Maria-Grazia Messina (Université de Florence)
Pierre Pinchon (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Isabel Valverde Zaragoza (Univeristat Pompeu Fabra, Barcelona)
Marie-Paule Vial (Conservateur en chef du Patrimoine honoraire)
Comité d’organisation Comité d’organisation
Rossella Froissart (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Jérémie Cerman (Centre André Chastel / Sorbonne Université)
Yves Chevrefils-Desbiolles (IMEC, Caen)
Gelina Harlaftis (Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H / Université de Crète)
Poppy Sfakianaki (Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H / Université de Crète)

 

Appel à télécharger : Appel à communication_Méditerranée des artistes
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Appels à contributions de l’Encyclopédie pour une Histoire Nouvelle de l’Europe.

L’Encyclopédie EHNE est à la recherche de nouveaux auteur.es :

L’Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe cherche de nouveaux auteur.es pour enrichir les entrées de ses différentes thématiques :

  • L’Europe comme civilisation matérielle
  • L’Europe dans une épistémologie du politique
  • L’humanisme européen
  • L’Europe, les Européens et le Monde
  • L’Europe des guerres et des traces de guerres
  • Une histoire genrée de l’Europe
  • Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen

Il s’agit d’écrire de courtes notices (7000 signes), à destination d’un large public et proposant une réflexion nouvelle sur l’histoire européenne. Ces dernières seront traduites en anglais (et en allemand à moyen terme) et pourront faire l’objet de valorisations pédagogiques et scientifiques dans le cadre de nos différents partenariats (Maisons de l’Europe, Toute l’Europe, Laboratoire d’Innovation Pédagogique sur l’Europe).

Nous vous proposons de contribuer à ce projet en rédigeant une notice sur l’un des thèmes suivants :

 

Axe 1 – L’Europe comme civilisation matérielle

Pour l’ensemble thématique « Le tourisme en Europe », la notice :

  • « Mobilités et destinations touristiques en Europe de l’Est »

Personne à contacter : labexehne1@gmail.com

Axe 2 – L’Europe dans une épistémologie du politique

Pour l’ensemble thématique « Les modèles politiques pour faire l’Europe », les notices :

  • Les gauches radicales en Europe (Les modèles politiques pour faire l’Europe)
  • Européisme et internationalisme (Les modèles politiques pour faire l’Europe)

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la gestion des conflits », la notice :

  • L’Europe, l’ONU et la gestion des conflits

Personne à contacter : labex.ehne2@gmail.com

Axe 3 – L’humanisme européen

Pour l’ensemble thématique « Les humanistes et l’Europe – mythes et réalités de l’Europe de la Renaissance »,

  • Le mécénat princier dans l’Europe de la Renaissance

Pour l’ensemble thématique « Les espaces parallèles de l’Europe de la Renaissance », la notice :

  • L’utopie dans l’Europe de la Renaissance (de Thomas More à Campanella)

Pour l’ensemble thématique « Projets d’Europe unie », la notice :

  • Les Etats-Unis d’Europe

Personne à contacter : humanisme.ehne@gmail.com

Axe 4 – L’Europe, les Européens et le monde

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la régulation juridique des relations internationales », les notices :

  • Les traités inégaux avec la Chine
  • La cour européenne des droits de l’homme

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la traite Atlantique », la notice :

  • Les Européens et l’abolition de la traite (des Noirs)

Personne à contacter : labexehne4@univ-nantes.fr

Axe 5 – L’Europe des guerres et des traces de guerre

Pour l’ensemble thématique « Violences de guerre », la notice :

  • La torture comme instrument de guerre

Pour l’ensemble thématique « Vainqueurs vaincus », la notice :

  • Pillages et spoliations

Personne à contacter : labexguerres@gmail.com

Axe 6 – Une histoire genrée de l’Europe

Pour l’ensemble thématique « La prostitution (XIXe-XXIe siècles) : De la traite des blanches à la traite des êtres humains », la notice :

  • La prostitution coloniale

Pour l’ensemble thématique « Genre et circulations en Europe », la notice :

  • Le genre des migrations dans l’Union européenne (du traité de Maastricht à aujourd’hui)

Pour l’ensemble thématique « Gagner sa vie en Europe, une affaire de genre », la notice :

  • Genre et monde rural

Personne à contacter : genreeurope@gmail.com

 

Modalités de proposition :

Les personnes intéressées sont invitées à contacter les responsables éditoriaux des notices faisant l’objet d’un appel. Elles soumettront à cet effet un résumé de 80 mots qui synthétisera les principaux éléments de la notice et insistera sur la dimension européenne du sujet et son intérêt pour une histoire nouvelle de l’Europe.

Description du projet :

ehne.fr est une Encyclopédie bilingue et numérique pour une histoire nouvelle de l’Europe. Elle est l’un des projets phares du LabEx EHNE (Ecrire une Histoire nouvelle de l’Europe) et propose des approches transversales de l’histoire européenne du genre, des guerres, de l’art, des circulations et des réseaux, des grandes idéologies et débats politiques. Elle s’intéresse aux fondements culturels et religieux de l’Europe et porte un regard sur les relations entre l’Europe et le monde.

Destinée aux citoyens, aux chercheurs, aux étudiants, l’encyclopédie numérique offre un contenu innovant sous un format original, fruit de la recherche actuelle :

  • des notices de synthèse rédigées par des spécialistes qui proposent de nouvelles façons de découvrir, de penser et d’étudier l’histoire de l’Europe.
  • Différents supports multimédia enrichis d’illustrations issues de fonds iconographiques inédits et de vidéos provenant des fonds de l’Institut national de l’audiovisuel.

Dans cette perspective, elle offre aux enseignants de nombreux outils de valorisation pédagogique.

 

Comité de rédaction de l’Encyclopédie EHNE :

Éric Anceau
Alain Beltran
Lucien Bély
Éric Bussière
Virginie Chaillou-Atrous
Pierre Couhaut
Denis Crouzet
Olivier Dard
Corine Defrance
Christine Gouzi
Cyril Grange
Stanislas Jeannesson
Anne Jusseaume
Élinor Kelif
Léonard Laborie
Marie Levant
Antoine Marès
Hélène Miard-Delacroix
Fabrice Micallef
Jeanne Moisand
François-Xavier Nérard
Laurence Nye
Simon Perego
Clyde Plumauzille
Yannick Ripa
Mathilde Rossigneux-Méheust
Claire Sanderson
Dany Sandron
Guillaume Tronchet
Fabrice Virgili
Tom Williams

Éditrice

Sonia Bledniak

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Appel à communications – Le fonds Colbert, un « Enseignement par les yeux ». Projections photographiques et pédagogie en milieu scolaire

Date et lieu de la journée d’étude : vendredi 8 juin 2018, Paris, mairie du Xe arrondissement.

Limite des propositions : 20 mars 2018

Organisateurs : Étienne Faisant, Elinor Myara-Kelif et Olivier Vayron

Laboratoires, programmes et institutions de rattachement :
LabEx EHNE – Ecrire une histoire nouvelle de l’Europe
SPEscies – Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne
Sorbonne Universités
Sorbonne Université
Ville de Paris

À l’occasion des 150 ans du lycée Colbert, une journée d’étude sera consacrée au rôle et à l’intérêt rétrospectif des projections lumineuses et des plaques photographiques destinées à l’instruction.

Cette journée résulte de la découverte en mai 2013 d’un ensemble de près de 2 000 photographies positives sur plaques de verre conservées dans les locaux de l’ancienne École Primaire Supérieure Colbert. Constitué à partir de vues reproduites en série et vendues en grande partie entre les années 1880 et 1910 par les célèbres maisons d’édition Molteni, Radiguet & Massiot et Mazo, ce fonds forme un ensemble de première importance, par la quantité des images éducatives qui le composent comme par les thématiques et sujets représentés. L’étude pièce à pièce de ces photographies et les recherches menées autour de ce fonds révèlent le caractère prototypique de cette méthode d’enseignement, propre à la fin du XIXe siècle.

Adolphe Focillon, directeur de l’École Colbert durant le troisième quart du XIXe siècle, semble avoir été l’un des grands réformateurs de l’enseignement primaire, et le promoteur d’une formule éducative par l’image, qui tendait à présenter le monde occidental dans sa complétude par le média photographique. S’apparentant à un outil positif, la photographie fut alors considérée comme une méthode empirique devant faciliter l’apprentissage de la géographie et l’étude des phénomènes sociaux à travers une forme d’expérimentation du voyage, que ce soit pour les enfants ou dans les conférences pour adultes dispensés à l’École Colbert à la fin du XIXe siècle. L’implication de Focillon dans l’École des voyages, dont il fut le fondateur, et son rôle dans la Commission des sciences instituée en 1879, qui préconisa l’utilisation généralisée des projections photographiques dans l’enseignement primaire, furent l’un des points de départ de cette méthode éducative.

L’étude de cet ensemble de plaques révèle aussi le potentiel discursif entre ces « images pédagogiques » et les intérêts nationaux et extranationaux de l’État français. Ainsi les plaques accumulées progressivement dans les locaux de l’actuel lycée Colbert forment-elles un vaste ensemble de vues de paysages urbains européens, d’ouvrages de génie civil, de territoires coloniaux et de protectorats, ainsi que, dans une moindre part, d’images régionalistes ou ethnographiques.

Cette journée d’étude permettra d’envisager les contextes et les raisons de la constitution d’ensembles photographiques destinés à l’enseignement (conférences publiques y compris), ainsi que les enjeux de la projection pédagogique ; certaines thématiques en lien avec le fonds seront aussi développées comme les manifestations des topoï d’une France innovante et du développement de ses colonies, le regard pittoresque fin-de-siècle face au développement du tourisme, ou les diverses formes de la persistance d’un exotisme fantasmé notamment par le biais de l’iconographie, des sciences ou des savoirs impérieux.

Outre celles concernant uniquement le fonds Colbert et sa constitution, seront également examinées des propositions de communications explorant plus largement certaines thématiques liées à l’enseignement par la projection. Ces approches permettront de mettre en perspective le fonds Colbert au cours de la deuxième partie de la journée. Les propositions de communications pourront ainsi considérer (liste à caractère non exhaustif) :

  • le développement de nouveaux outils pédagogiques et leur rôle entre 1870 et 1930 – l’émulation des méthodes d’enseignement au cours de la même période
  • les démonstrations idéologiques de la nation en progrès et d’une France puissante par le biais des médias éducatifs
  • la diffusion des savoirs techniques par l’image
  • le discours sur les colonies et leur place dans l’enseignement scolaire au début du XXe siècle
  • le rôle de la photographie dans la construction du régionalisme en France
  • les images photographiques pittoresques du monde extranational

La journée d’étude « « L’Enseignement par les yeux » : pédagogie et projection photographique en milieu scolaire », qui se déroulera le 9 de juin 2018 à la mairie du Xe arrondissement, dans la salle des Fêtes, est co-organisée par Étienne Faisant, Élinor Myara-Kelif et Olivier Vayron dans le cadre du partenariat entre le LabEx EHNE (Écrire une Histoire nouvelle de l’Europe) et SPEscies (Programme de recherche sur les Spécimens artificiels de Sciences naturelles en Sorbonne).

Un ensemble de photographies du fonds Colbert est consultable à l’adresse : http://ehne.fr/colbert/base-de-donnees-du-fonds-colbert

Modalités pratiques : Les propositions, comprenant le nom de l’auteur, ses affiliations, le titre de la communication et un résumé n’excédant pas 2500 signes, sont à envoyer avant le 20 mars 2018 à l’adresse suivante : fonds.colbert@gmail.com

 

Appel à télécharger :journée d’étude Colbert – EHNE-SPEscies (1)
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Programme SPEscies

Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne

Projet financé dans le cadre du développement de l’IDEX SUPER – couvrant la période du 30 janvier 2017 au 30 juin 2018.

Le programme de recherche SPEscies est né d’une préoccupation commune de chercheurs en histoire de sciences, d’historiens de l’art et de conservateurs concernant un type de patrimoine négligé : les collections universitaires dédiées à la diffusion et à l’enseignement des sciences naturelles. Les collections que l’équipe a sélectionnées ont toutes la même caractéristique : ce sont des pièces manufacturées d’histoire naturelle, ayant été utilisées par des scientifiques, des enseignants ou des étudiants, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle dans les établissements universitaires.

Paradoxalement, ces pièces particulièrement prisées des collectionneurs aujourd’hui, ne trouvent plus leur place dans les institutions scientifiques et leurs espaces muséaux. Tandis que les conservateurs des muséums font constamment un effort de catalogage et d’inventorisation des spécimens naturels, les pièces artificielles sont exclues de ces nouvelles banques de données. Or ces objets n’ont pas été créés pour se substituer aux spécimens issus de la collecte mais pour les enrichir et les illustrer dans un but éducatif. Souvent laissées à l’abandon, certaines de ces pièces ont été égarées, la plupart reléguées dans les réserves et les espaces hors public, voire même jetées comme ce fut le cas, dans les années 1965, à l’UPMC.

L’enjeu du regroupement de l’équipe sciences dures et sciences humaines consiste à faire émerger véritablement un ensemble de collections et de recherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger et de recherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger.

Ainsi dans sa première phase, le projet SPESCIES s’attachera à l’étude historique, matérielle et épistémologique de ces pièces didactiques afin que les aspects liés à leur contexte de fabrication et d’utilisation justifient leur patrimonialisation. La seconde phase du projet consistera à rendre aux collections scientifiques leur caractéristique première liée à la tactilité et la manipulation didactique, dont la présentation embarrasse les conservateurs. Ce sont les modèles en bois et les planches iconographiques liées à l’apprentissage de la cristallographie de la collection de minéralogie du MNHN et les pièces clastiques servant à enseigner l’anatomie à l’UPMC et au MNHN. Celles-ci feront l’objet d’un processus de numérisation spécifique : concernant l’anatomie, chaque élément constituant un organe de la pièce démontable sera isolé pour être modélisé en 3D afin de pouvoir reconstituer et morceler virtuellement l’ensemble de l’objet. L’objectif ici est de permettre à l’utilisateur/visiteur de consulter, disséquer, manipuler l’objet face aux vitrines de présentation, sans entrer en contact avec les pièces originales.

L’ensemble des recherches menées par le programme sera divulguée au cours d’une série de séminaires et de journées d’études ouverts à tous au sein des établissements partenaires (MNHN, UPMC, INHA, BnF).

Coordination scientifique :
Thierry Laugée (Sorbonne Université)

Membres de l’équipe :
Frédérique ANDRY-CAZIN (OPUS)
Santiago ARAGON (Sorbonne Université)
Thomas CAZENTRE (BnF)
Dylan COURTIN (Sorbonne Université)
Jacques CUISIN (MNHN)
François FARGES (MNHN)
Thierry LAUGÉE (Sorbonne Université)
Tanguy LE ROUX
Arnaud MAILLET (Sorbonne Université)
Olivier VAYRON (Sorbonne Université)

Séances :

7 février 2018 – 18h
Biopic Animal
INHA

Plaquette à télécharger : PROGRAMME SPESCIES
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Les Européens: ces architectes qui ont bâti l’Europe

Olga Medvedkova (dir.)Les Européens: ces architectes qui ont bâti l’Europe, Pieter Lang, Collection « Pour une histoire nouvelle de l’Europe. », Vol. 4, Bruxelles, 2017.

Ce volume réunit douze études de cas : des vies d’architectes européens, écrites par des historiens de l’art et de l’architecture. Il s’agit d’architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d’une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l’étranger, au sein d’une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l’art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l’Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. (suite…)

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L’Institut historique allemand et le laboratoire d’excellence « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » un partenariat innovant

Depuis 2013, l’Institut historique allemand et le laboratoire d’excellence « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » (LabEx EHNE) sont associés par une convention de coopération scientifique pour une durée de sept ans. Ce partenariat vise à la mise en place d’une dynamique de recherche, notamment la collaboration entre chercheurs du LabEx EHNE et chercheurs allemands, l’organisation commune de séminaires, journées d’études, colloques et tables rondes ainsi que d’un cycle de conférences autour de la question de l’écriture de l’histoire de l’Europe.

L’Institut historique allemand (IHA) est un centre de recherche international en histoire de la fondation Max-Weber. L’institut s’investit activement dans la médiation des sciences humaines, en particulier dans le transfert des savoirs scientifiques entre la France et l’Allemagne. Par le dialogue scientifique et méthodologique qu’il met en œuvre et par le soutien qu’il offre aux jeunes chercheurs, l’IHA contribue à l’internationalisation de la recherche en histoire.

Le LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » a pour ambition de placer l’école historique française en histoire de l’Europe et des relations internationales au cœur des débats historiographiques et contemporains. Il s’adresse tout à la fois à un public d’universitaires et à un public élargi de non-spécialistes. Ce projet de recherche s’articule autour de la mise en ligne d’une encyclopédie thématique bilingue (français/anglais), la publication d’ouvrages de synthèse, l’organisation de journées d’étude et de colloques.

Une convention tripartite de soutien à la recherche a été signée entre le Leibniz-Institut für Europäische Geschichte (IEG), le LabEx EHNE et l’IHA. La convention a pour but d’organiser des manifestations communes sur l’histoire européenne et de mettre en place un partenariat entre l’encyclopédie allemande EGO (Europäische Geschichte Online) et l’encyclopédie française EHNE (Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe). L’IHA jouera le rôle de médiateur scientifique pour adapter, enrichir et traduire les contenus des deux encyclopédies.

Pour en savoir plus : coopération IHA-EHNE
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L’invention du geste amoureux dans la peinture de la Renaissance (1500-1650). Résurgences, codifications, transgressions

Colloque International organisé par Giovanni Careri (EHESS), Elinor Myara Kelif (Université Paris-Sorbonne), Valérie Boudier (Université Lille 3) et Elisa de Halleux (Université panthéon Sorbonne) avec la participation de l’HICSA (Université Panthéon Sorbonne), de l’EHESS, du LabEx CAP (Université Panthéon Sorbonne) et du LabEx EHNE (Université Paris-Sorbonne).
Paris INHA, 8-9 Juin 2015, salle Vasari

Les traités de manières et les traités artistiques, de même que le discours amoureux dans le domaine littéraire, se sont donnés la tâche de définir, voire de codifier, la gestuelle amoureuse et établissent notamment des relations entre le domaine artistique et littéraire et la vie sociale. Par rapport au « geste écrit », le « geste en image » peut se manifester sous une forme plus ambiguë et laisser transparaître, entre autres, des rapports de réciprocité, de domination, d’assujettissement ou d’inversion des rôles. Cela tient notamment à la difficulté de la définition de la notion même de geste qui ne va pas sans poser des questions conceptuelles à la limite du paradoxe : jusqu’où la variation, à partir d’une formule gestuelle, peut-elle être reconnue comme appartenant à la formule d’origine ? Comment interpréter la condensation de deux ou plusieurs formules en un seul geste ? Dans quelle mesure la relation établie entre le geste et son environnement change-t-elle son sens ? Et, enfin, à quelles conditions est-il possible d’inventer un geste si ce qui définit ce dernier est précisément la répétition ? À ces questions théoriques s’en ajoutent d’autres, d’ordre historique et anthropologique : pourquoi certains gestes accèdent-ils à la visibilité en peinture à un moment donné de l’histoire ?

L’hypothèse à l’origine de ce colloque est que, dans la peinture de la Renaissance, le geste amoureux explore et déplace les frontières du figurable, se confrontant subtilement aux interdits explicites et à ceux que chaque société intériorise. Sans chercher à procéder à une moisson iconographique ou à une cartographie des thèmes amoureux, ni d’établir une typologie des gestes, nous souhaitons faire émerger, à travers l’analyse des images, les caractéristiques d’une anthropologie visuelle de l’affectivité, en prenant en compte ses fondements philosophiques, littéraires, théoriques et visuels.

Télécharger le programme.

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Conférence de Martin Schieder, chaire d’excellence du LabEx EHNE: Rayonnement culturel. Les relations artistiques franco-allemandes après la Deuxième Guerre Mondiale

Mardi 14 avril 2015, 18h-20h Université Paris-Sorbonne Maison de la Recherche, salle D 323 28 rue Serpente, Paris 6e

Martin Schieder est professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Leipzig et Chaire d’excellence 2015 du LabEx «Écrire une histoire nouvelle de l’Europe (EHNE)»

AfficheSchieder

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