Recrutement d’un.e post-doctorant.e pour l’axe Genre & Europe

Dans le cadre du LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » (EHNE), l’UMR-Sirice (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) recrute un-e post-doctorant-e qui sera chargé-e de l’animation de l’axe 6 intitulé « Genre & Europe ».

Date limite de candidature : le mercredi 13 juin 2018
Renseignements et candidatures (à envoyer au format PDF à) : genreeurope@gmail.com
Objet : candidature-postdoc- Axe6-EHNE
Présélection : au plus tard le 26 juin 2018
Auditions : 4 juillet 2018 après-midi
Prise de poste : le 1er septembre 2018

Structure : UMR Sirice (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) – Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris-Sorbonne, CNRS.

Unité : UMR 8138

Localisation géographique : Paris
Poste : CDD de post-doctorant à temps complet à compter du 01/09/2018
Durée : 1 an renouvelable une fois
Rémunération : Salaire mensuel net : env. 1 900 €
Financement : LabEx EHNE – Investissements d’Avenir
Responsable scientifique : Fabrice Virgili

Description du poste

Le ou la post-doctorant.e sera chargé.e de l’animation de l’axe 6 du projet. Ses fonctions principales seront :

  • Assurer un suivi scientifique et une coordination administrative des travaux de l’axe 6 du LabEx EHNE en lien avec les activités générales du LabEx EHNE.
  • Participer aux réunions de travail avec les autres post-doctorant.e.s pour coordonner les travaux du LabEx EHNE
  • Participer notamment à l’organisation des manifestations scientifiques et au comité de pilotage de l’axe 6 ainsi qu’aux différentes publications dans lesquelles l’axe est impliqué.
  • Assurer le suivi des groupes de travail, la diffusion des activités et la coordination de la participation de l’axe 6 à la réalisation de l’encyclopédie en ligne du LabEx EHNE et des différents projets de valorisation.
  • S’impliquer dans le travail scientifique de l’axe 6.

Conditions de résidence et d’exercice

  • Il/elle devra impérativement résider à Paris ou dans sa région pour animer les travaux de l’axe et s’y consacrer à temps plein. Un bureau partagé dans les locaux de l’Université sera mis à sa disposition.
  • Possibilité de déplacements à l’étranger et en région.

Compétences requises

  • Bonne maîtrise du français et de l’anglais (avec capacités rédactionnelles). Connaissance d’une troisième langue souhaitée.
  • Esprit d’initiative et capacité à s’intégrer dans un programme collectif.
  • Rigueur, autonomie et capacités d’organisation.
  • Capacité de coordination des travaux d’une équipe.
  • Maîtrise des outils informatiques (WORD, EXCEL, Dropbox, Googledrive, Googlesite, Carnet de recherche hypothèses…)

 Qualifications requises

  • Doctorat en histoire contemporaine (ou moderne) en rapport avec la thématique de l’axe 6 du LabEx EHNE.
  • Avoir soutenu sa thèse depuis moins de 5 ans.

Dossier de candidature

  • CV avec la liste des publications
  • Lettre de motivation
  • Rapport de soutenance de thèse

Présentation du projet

Le Labex EHNE, financé dans la 2e vague des Investissements d’Avenir, a pour objectif principal d’éclairer la crise que connaît actuellement l’Europe en reconstruisant une historiographie nouvelle de l’Europe qui s’adresse tout autant au monde scientifique qu’au monde enseignant, aux citoyens et aux politiques.

Le projet réunit sept laboratoires partenaires issus de quatre établissements (Sorbonne Université, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Nantes, École des Chartes).

Sept axes de recherches ont été définis pour atteindre cet objectif.

  • L’Europe comme produit de la civilisation matérielle
  • L’Europe dans une épistémologie du politique
  • L’humanisme européen
  • L’Europe, les Européens et le monde
  • L’Europe des guerres et des traces de guerre
  • Genre et Europe
  • L’art en Europe

L’objectif est de parvenir à la réalisation de nouveaux outils en histoire européenne :

  • Une encyclopédie analytique en ligne et la mise en ligne de documents. www.ehne.fr
  • 14 ouvrages, 2 par axes, dont l’un à mi-parcours chez Nouveau Monde.
  • Une synthèse finale sous forme d’ouvrage collectif.
  • Ateliers, journées d’étude et colloques pour préparer ces publications.

 

L’axe 6 « Genre & Europe » :

L’axe 6 du LabEx se propose de montrer que le genre a fort à faire avec l’Europe. Que l’on considère l’Europe comme espace imaginé ou politique, comme marché ou aire culturelle, les rapports entre les sexes sont constitutifs de la définition de cet espace comme des divisions en son sein. L’axe Genre & Europe veut développer ces questions autour de deux volets :

  • Penser et construire l’Europe, effets de genre : prise en compte de la différence des sexes dans les projets politiques et sociétaux européens
    • Le genre des guerres européennes
    • Imaginer et /ou construire un espace européen de paix : quelle attention au genre ?
    • Ce que les femmes ont fait à l’Europe : utopies et émergence d’une idée européenne, mouvements européistes, réseaux à l’échelle du continent, groupes de pression
    • Ce que l’Europe a fait aux rapports entre les sexes : imposition de normes de genres, politiques égalitaires, rôle de la Cour de Justice européenne
    • L’Union européenne : une institution genrée ?
  • Être Européen.ne.s et vivre l’Europe
    • Identités de genre : sexualités, configurations familiales, violences sexuées
    • Comportements démographiques et politiques du corps
    • Femmes et hommes au travail : configurations européennes
    • Les dimensions genrées de la participation politique, du sujet au/à la citoyen.ne : diversité des formes d’intervention politique, accès au droit de vote et à la représentation politique, engagement militant, exercice du pouvoir…
    • Les mobilités lues au prisme du genre : voyages, migrations et exils politiques
Télécharger l’appel à candidatures : Recrutement post-doc axe 6_2108
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Appels à contributions de l’Encyclopédie pour une Histoire Nouvelle de l’Europe.

L’Encyclopédie EHNE est à la recherche de nouveaux auteur.es :

L’Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe cherche de nouveaux auteur.es pour enrichir les entrées de ses différentes thématiques :

  • L’Europe comme civilisation matérielle
  • L’Europe dans une épistémologie du politique
  • L’humanisme européen
  • L’Europe, les Européens et le Monde
  • L’Europe des guerres et des traces de guerres
  • Une histoire genrée de l’Europe
  • Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen

Il s’agit d’écrire de courtes notices (7000 signes), à destination d’un large public et proposant une réflexion nouvelle sur l’histoire européenne. Ces dernières seront traduites en anglais (et en allemand à moyen terme) et pourront faire l’objet de valorisations pédagogiques et scientifiques dans le cadre de nos différents partenariats (Maisons de l’Europe, Toute l’Europe, Laboratoire d’Innovation Pédagogique sur l’Europe).

Nous vous proposons de contribuer à ce projet en rédigeant une notice sur l’un des thèmes suivants :

 

Axe 1 – L’Europe comme civilisation matérielle

Pour l’ensemble thématique « Le tourisme en Europe », la notice :

  • « Mobilités et destinations touristiques en Europe de l’Est »

Personne à contacter : labexehne1@gmail.com

Axe 2 – L’Europe dans une épistémologie du politique

Pour l’ensemble thématique « Les modèles politiques pour faire l’Europe », les notices :

  • Les gauches radicales en Europe (Les modèles politiques pour faire l’Europe)
  • Européisme et internationalisme (Les modèles politiques pour faire l’Europe)

Pour l’ensemble thématique « Liberté et citoyenneté en Europe », la notice :

  • Les frontières de l’Europe

Personne à contacter : marielevant@yahoo.fr

Axe 3 – L’humanisme européen

Pour l’ensemble thématique « Les humanistes et l’Europe – mythes et réalités de l’Europe de la Renaissance »,

  • Le mécénat princier dans l’Europe de la Renaissance

Pour l’ensemble thématique « Les espaces parallèles de l’Europe de la Renaissance », la notice :

  • L’utopie dans l’Europe de la Renaissance (de Thomas More à Campanella)

Pour l’ensemble thématique « Projets d’Europe unie », la notice :

  • Les Etats-Unis d’Europe

Personne à contacter : humanisme.ehne@gmail.com

Axe 4 – L’Europe, les Européens et le monde

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la régulation juridique des relations internationales », les notices :

  • Les traités inégaux avec la Chine
  • La cour européenne des droits de l’homme

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la traite Atlantique », la notice :

  • Les Européens et l’abolition de la traite (des Noirs)

Personne à contacter : labexehne4@univ-nantes.fr

Axe 5 – L’Europe des guerres et des traces de guerre

Pour l’ensemble thématique « Violences de guerre », la notice :

  • La torture comme instrument de guerre

Pour l’ensemble thématique « Vainqueurs vaincus », la notice :

  • Pillages et spoliations

Personne à contacter : labexguerres@gmail.com

Axe 6 – Une histoire genrée de l’Europe

Pour l’ensemble thématique « La prostitution (XIXe-XXIe siècles) : De la traite des blanches à la traite des êtres humains », la notice :

  • La prostitution coloniale

Pour l’ensemble thématique « Genre et circulations en Europe », la notice :

  • Le genre des migrations dans l’Union européenne (du traité de Maastricht à aujourd’hui)

Pour l’ensemble thématique « Gagner sa vie en Europe, une affaire de genre », la notice :

  • Genre et monde rural

Personne à contacter : genreeurope@gmail.com

 

Modalités de proposition :

Les personnes intéressées sont invitées à contacter les responsables éditoriaux des notices faisant l’objet d’un appel. Elles soumettront à cet effet un résumé de 80 mots qui synthétisera les principaux éléments de la notice et insistera sur la dimension européenne du sujet et son intérêt pour une histoire nouvelle de l’Europe.

Description du projet :

ehne.fr est une Encyclopédie bilingue et numérique pour une histoire nouvelle de l’Europe. Elle est l’un des projets phares du LabEx EHNE (Ecrire une Histoire nouvelle de l’Europe) et propose des approches transversales de l’histoire européenne du genre, des guerres, de l’art, des circulations et des réseaux, des grandes idéologies et débats politiques. Elle s’intéresse aux fondements culturels et religieux de l’Europe et porte un regard sur les relations entre l’Europe et le monde.

Destinée aux citoyens, aux chercheurs, aux étudiants, l’encyclopédie numérique offre un contenu innovant sous un format original, fruit de la recherche actuelle :

  • des notices de synthèse rédigées par des spécialistes qui proposent de nouvelles façons de découvrir, de penser et d’étudier l’histoire de l’Europe.
  • Différents supports multimédia enrichis d’illustrations issues de fonds iconographiques inédits et de vidéos provenant des fonds de l’Institut national de l’audiovisuel.

Dans cette perspective, elle offre aux enseignants de nombreux outils de valorisation pédagogique.

 

Comité de rédaction de l’Encyclopédie EHNE :

Éric Anceau
Alain Beltran
Lucien Bély
Éric Bussière
Virginie Chaillou-Atrous
Pierre Couhaut
Denis Crouzet
Olivier Dard
Corine Defrance
Christine Gouzi
Cyril Grange
Stanislas Jeannesson
Anne Jusseaume
Élinor Kelif
Léonard Laborie
Marie Levant
Antoine Marès
Hélène Miard-Delacroix
Fabrice Micallef
Jeanne Moisand
François-Xavier Nérard
Laurence Nye
Simon Perego
Clyde Plumauzille
Yannick Ripa
Mathilde Rossigneux-Méheust
Claire Sanderson
Dany Sandron
Guillaume Tronchet
Fabrice Virgili
Tom Williams

Éditrice

Sonia Bledniak

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8 mars 2018 : journée internationale des femmes

A l’occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars, le LabEx et Mnemosyne participent à de nombreuses manifestations pour présenter l’ouvrage de l’axe 6 : L’Europe des femmes.
  • Mer 7 mars (19h30-21h00) : conférence-débat à la maison Henrich Heine (Cité internationale universitaire de Paris), par Anne-Laure Briatte et Fabrice Virgili.
  • Jeu 8 mars (18h) : présentation de l’ouvrage L’Europe des femmes par Véronique Garrigues, médiathèque municipale de Lavaur
  • Jeu 8 mars (17h30-19h30) : séminaire franco-britannique d’histoire autour de Myriam Boussahba-Bravard (Université Paris Diderot, Larca-UMR8225) et de ses récentes publications sur l’histoire des femmes et du genre : Les femmes dans les expositions internationales 1878-1937 (Routledge, 2017), et l’ouvrage collectif issu d’une collaboration entre EHNE et Mnémosyne, L’Europe des femmes 18e-21e siècle (Perrin, 2017), Maison de la Recherche de l’université Paris IV-Sorbonne, salle 040
  • Ven 9 mars (9h05-10h): Julie Le Gac est invitée dans « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture pour parler du Livre « L’Europe des femmes ».
  • Mar 13 mars (20h30) : présentation intitulée « L’Europe des femmes – Mots et images de discriminations, de combats et de conquêtes », par Louis-Pascal Jacquemond et Anne Jusseaume, dans le cadre de la « Semaine Elles », Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire, Blois.
  • Mer 14 mars (19h-20h30) : Julie Le Gac et Louis-Pascal Jacquemond présenteront l’ouvrage « L’Europe des femmes » sur Fréquence Paris Plurielle dans l’émission « Les Oreilles loin du Front » (rediffusion le vendredi à 8h30).
  • Ven 16 mars (12h30 et 16h) : présentation par Anne-Laure Briatte et Fabrice Virgili au Conseil de l’Europe, Strasbourg, dans le cadre des événements organisés à Strasbourg en mars autour du thème « 1918-2018 : Où sont les femmes ? ». Ils seront également présents à la librairie Kléber à 16h pour une présentation de l’ouvrage.
  • Lun 19 mars (8h05-8h55) : visio conférence de Fabrice Virgili avec la classe de 5°4 du collège de Montréjeau et ouverte au public, pour débattre de l’ouvrage, salle 201 du collège de Montréjeau.
  • Mer 21 mars (17h30-19h30) : table ronde animée par Agathe Bernier-Monod (Université Bordeaux-Montaigne ), Anne-Laure Briatte (Sorbonne-Université), Véronique Garrigues (Association Mnémosyne), Nicolas Patin (Université Bordeaux-Montaigne), Dominique Picco (Université Bordeaux-Montaigne), Université Bordeaux-Montaigne, amphi de la Maison de l’Archéologie
  • Jeu 22 mars (18h) : Dominique Picco et Nicolas Patin de l’université Bordeaux Montaigne ainsi que Agathe Bernier-Monod et Anne-Laure Briatte de l’université Paris-Sorbonne, Librairie Georges à Bordeaux
L’ouvrage est également disponible en présentation vidéo en 3min par Julie Le Gac et Fabrice Virgili.

 

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Appel à communication : Workshop : Qu’est-ce qu’un homme chrétien ?

Qu’est-ce qu’un homme chrétien ?
Masculinités et engagements, Europe, du XIXe siècle à nos jours

 

Workshop organisé dans le cadre de l’axe 6 « Genre et Europe » du LabEx EHNE

Il se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018.
Les propositions de communication doivent être envoyées pour le 1er mars 2018.

Quels sont les liens entre construction des masculinités, pratiques religieuses et engagements politiques dans l’espace européen du XIXe siècle à nos jours ?

Une attention à l’engagement religieux des hommes pourrait enrichir notre compréhension de la construction des masculinités d’une part, et du politique d’autre part, en tentant de dégager des logiques transnationales. Ces engagements s’inscrivent tout à la fois dans l’espace public et l’espace privé, en portant une attention à la famille, peu étudiée sous cet angle. 

Engagements politiques et croyances religieuses au masculin

Dans l’historiographie française, le schéma narratif dominant trace l’histoire d’un recul progressif du religieux au profit du politique à partir des libéralismes nés de la Révolution française (utilisation en histoire du concept de sociologie de « sécularisation »). Dans cette perspective, les travaux ont insisté sur la « féminisation » de la religion en Europe et l’éloignement des hommes de la pratique religieuse (Fouilloux, 1995).

L’histoire politique dresse, quant à elle, le portrait d’un anticléricalisme porté par les hommes soucieux de défendre leur autonomie de pensée et les valeurs démocratiques face à des religions féminisées et contrôlées par des clercs à la masculinité problématique (Healy, 2001). Ce récit n’a pas réellement questionné, avec plus de nuances, le lien entre religion, masculinité et politisation. “L’homme anticlérical” est quelque part devenu un lieu commun peu interrogé (Lalouette, 2001).

Du côté de l’histoire des femmes puis du genre, les travaux se sont intéressés aux modalités de politisation des femmes via l’engagement religieux, réponse à leur exclusion de la sphère du suffrage. La question des hommes liant engagement politique et religieux reste peu traitée, à l’exception peut-être de travaux éclairant les tentatives post-révolutionnaires de conciliation entre religion, modernité politique et masculinité (Harrison, 2014).

Étudier ces questions à l’échelle européenne permettrait de sortir de ces analyses en les confrontant à la diversité des régimes politiques et des situations confessionnelles. Plusieurs chercheurs ont commencé à s’atteler à ce travail, notamment dans les espaces germanique (Healy 2001, Verhoeven 2008), ibérique (Blasco Herranz 2003, Minguez Blasco 2012), ou encore en Europe du Nord (Werner, 2011). Leurs travaux montrent un lien structurel différencié selon les pays d’Europe entre les identités de genre, nationales et confessionnelles. L’approche comparatiste permettra de confronter les historiographies et de tenter des hypothèses communes.

Pratiques religieuses et définition des masculinités

Considérant comme une évidence la prise de distance des hommes à l’égard de la pratique religieuse, l’historiographie perd souvent de vue que l’on parle principalement du culte dominical. Or, dans les différentes confessions chrétiennes, il ne s’agit que d’une activité religieuse proposée par les Églises parmi un panel bien plus large. D’autres propositions comme les pèlerinages ou les processions sont, par exemple, mixtes. Des engagements de différents types et natures (électoral, syndical, associatif) peuvent aussi être des lieux de défense et d’adhésion des hommes à des idéaux et des valeurs religieuses. Il existe également des dévotions ou des exercices spirituels qui ont pour cadre l’espace privé masculin. Des travaux pionniers commencent par exemple à documenter la participation des hommes à des dévotions domestiques, comme celle au Sacré-Coeur en Belgique (Van Osselaer, 2013).

Plusieurs travaux ont montré que des femmes inscrivent leur engagement politique dans des gestes à valeur spirituelle (Della Sudda, 2007). Quelles pratiques religieuses définissent les hommes qui demeurent croyants ? Cela conduit à interroger ces dernières dans leurs dimensions spirituelles et dévotionnelles mais également dans leur dimension politique. En effet, les acteurs ne dissocient pas nécessairement religion et politique. Une telle réflexion nous pousse également à tracer le continuum qui peut exister entre engagement politique masculin et engagement politique féminin.

Des travaux ont depuis longtemps l’image d’ouvriers détachés de la religion et aujourd’hui l’approche intersectionnelle permet de renouveler les études de genre. Si les classes supérieures valorisent une identité masculine qui passe par une sociabilité particulière, par exemple dans les cercles de charité (Brejon de Lavergnée, 2008) , qu’en est-il dans les autres milieux sociaux ? Que signifie être un homme chrétien quand on est un paysan, un ouvrier, un bourgeois ou un noble ? De même, on peut s’intéresser à ce qui unit les hommes chrétiens au-delà de leurs classes sociales.

Pistes de réflexion

Les participants sont particulièrement invités à réfléchir sur les thèmes suivants, croisant identités masculines, croyances et engagements politiques :

  1. Engagement politique et identité religieuse : Dans plusieurs espaces européens, l’identité nationale revendique une dimension confessionnelle forte. Ainsi, le sujet modèle de l’Empire britannique est anglican tout comme le Prussien est luthérien, à l’inverse du citoyen français teinté d’anticléricalisme. La démocratisation conduit-t-elle nécessairement à une masculinité libre-penseuse et contestataire des autorités religieuses ? Comment les masculinités se construisent-elles dans les pays où le nationalisme passe par une religion d’État et où, plus généralement, l’appartenance religieuse est compatible avec la participation politique ? À l’inverse, en contexte de régime autoritaire ou totalitaire, la religion peut-elle être davantage investie par les hommes et devenir le support d’un refuge voire d’une résistance ?
  2. Le genre de l’athéisme, de l’agnosticisme ou de l’anticléricalisme : Les formes de distance vis-à-vis des Églises sont nombreuses : refus d’adhésion, fidélité sans croyance, ou combat déclaré contre le clergé. Ces différentes attitudes peuvent être relues grâce au concept de genre, pour intégrer ceux et celles qui les manifestent tout autant que les rhétoriques mobilisées. Les travaux sur la libre-pensée n’ont pas réellement interrogé le caractère genré de l’anticléricalisme. La virulence du discours et de la politique anticléricale renouvellent-elles en retour les processus d’identification des hommes ?
  3. Masculinités laïques et religieuses en guerre : les guerres et conflits militaires ouvrent des temps de crise propices à la reconfiguration des liens entre identités de genre et appartenance politique. En France, la camaraderie des tranchées crée un entre-soi masculin qui dépasse le clivage entre laïcs et clercs, qui avaient jusqu’ici interdiction de prendre les armes. Dans les guerres civiles et les résistances (guerre civile espagnole), les ministres du culte sont-ils des hommes comme les autres ? Plus généralement, est-ce que l’attachement religieux des hommes est compatible avec la définition du guerrier soumis à la loi martiale ? Le discours religieux peut-il devenir un élément de légitimation du combat ?
  4. Maris et pères chrétiens : Comment les hommes chrétiens se pensent-ils comme père et mari au sein de leur foyer et de la société ? Est-ce un élément secondaire ou essentiel du discours qu’ils tiennent sur eux-mêmes ? Comment le foyer est-il politisé par des engagements publics divers comme par exemple les ligues au tournant des XIXe et XXe siècles ? Dans un contexte valorisant de plus en plus l’espace domestique et familial, notamment par rapport à la vie religieuse, assiste-t-on à une nouvelle définition du rôle du père et du mari au sein du foyer ?
  5. Le genre des émotions, croyances et pratiques religieuses : À l’heure où se développent les approches d’histoire des émotions, il serait pertinent de s’interroger sur le lien entre les types de dévotion dominants et les régimes de genre. Par exemple, les dévotions du XIXe siècle insistent sur la dimension affective du lien à Dieu, fondé sur l’amour et sur la piété mariale : quelle a été la réception de ce modèle chez les hommes ? Comment une forme de dévotion considérée comme “féminine” a-t-elle pu être rejetée ou appropriée, par eux ? Dans quelle mesure le religieux vient-il reconfigurer les normes de la masculinité laïque ?

Calendrier et modalités de soumission :

Le workshop se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018. Les communications seront d’une demi-heure et un temps important sera laissé à la discussion.

Les propositions de communication, d’une demi-page et évoquant l’approche, la méthodologie et les sources mobilisées, peuvent s’inscrire dans un ou plusieurs axes. Elles doivent être accompagnées d’une courte biographie de l’auteur. Le comité valorisera les travaux de jeunes chercheurs et les recherches inédites, ainsi que l’exploration de nouvelles archives.

Les propositions et les communications peuvent être en français ou en anglais.

Les propositions de communication doivent être envoyées simultanément à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Anne Jusseaume (genreeurope@gmail.com) et Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr ), pour le 1er mars 2018. Une réponse sera donnée aux participants fin mars. 

Comité d’organisation :

Anthony Favier – Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA)
Anne Jusseaume – LabEx EHNE, UMR Sirice/Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)
Caroline Muller – LARHRA/Centre de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC)

Comité scientifique :

Matthieu Brejon de Lavergnée (Maître de conférences HDR à Sorbonne Université – Centre d’Histoire du XIXe siècle),
Bruno Dumons (Directeur de recherche, CNRS – LARHRA),
Julie Le Gac (Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, ISP/LabEx EHNE),
Manuela Martini (Professeure d’histoire moderne, Université Lyon 2 – LARHRA),
Florence Rochefort (Chargée de recherche au CNRS, GSRL – EPHE/CNRS),
Régis Schlagdenhauffen (Maître de conférences à l’EHESS – IRIS/LabEx EHNE)

Références citées :

  • Immaculada BLASCO HERRANZ, Paradojas de la ortodoxia, política de masas y militancia católica femenina en España (1919-1939), Zaragoza, Prensas universitarias, 2003, 433 p.
  • Matthieu BREJON DE LAVERGNEE, La Société de Saint-Vincent-de-Paul, 1833-1871 : un fleuron du catholicisme social, Paris, le Cerf, 2008, 713 p.
  • Magali DELLA SUDDA, Une Activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie : socio-histoire de la politisation des femmes catholiques au sein de la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et de l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), thèse d’histoire sous la direction de Laura Lee DOWNS et Lucetta SCARAFFIA, EHESS, Université de la Sapienza (Rome), 2007, 816 p.
  • Étienne FOUILLOUX, “Femmes et catholicisme dans la France contemporaine”, Clio, Histoire, femmes et sociétés, 2, 1995.
  • Carol E. HARRISON, Romantic catholics : France’s postrevolutionnary generation in search of a modern faith, Ithaca : Cornell University Press, 2014, 328 p.
  • Róisín HEALY, “Anti-Jesuitism in Imperial Germany : the Jesuit as Androgyne”, dans Helmut SMITH (éd.), Protestants, Catholics and Jews in Germany, 1800-1914, Oxford, New York, Berg, 2001, p. 153-183.
  • Jacqueline LALOUETTE, La Libre pensée en France, 1848-1940, Paris, Albin Michel, 2001, 636 p.
  • Raúl MÍNGUEZ BLASCO, “Monjas, esposas y madres católicas : una panorámica de la feminización de la religión en España a mediados del siglo XIX, Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amériques, 11, 2012.
  • Tine VAN OSSELAER, The Pious sex : Catholic constructions of masculinity and feminity in Belgium, c. 1800-1940, Leuven, University Press, 2013, 271 p.
  • Timothy VERHOEVEN, “Neither Male nor Female : the Jesuit as Androgyne 1843-1870”, Modern & Contemporary France, 16, 1, février 2008, p. 37-49.
  • Yvonne Maria WERNER (ed.), Christian masculinity : Men and religion in northern Europe in the 19th and 20th century, KADOC-Studies on Religion, Culture and Society, 8. Leuven University Press, 2011.
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Vidéos du colloque « Être homosexuel-le en Europe au temps de la Seconde Guerre mondiale »

Les vidéos du colloque « Être homosexuel-le en Europe au temps de la Seconde Guerre mondiale » sont désormais en ligne sur Canal U.

Comment les hommes et les femmes homosexuels en Europe ont-ils vécu la Seconde Guerre mondiale ? Comment commémorer les persécutions subies ?

Il est désormais connu que durant la Seconde Guerre mondiale, des personnes homosexuelles ont été arrêtées et déportées en Allemagne. Cependant, des politiques anti-homosexuelles ont aussi été développées dans plusieurs autres pays d’Europe, que ceux-ci fussent ou non sous influence nazie.
Jusqu’à aujourd’hui, les modalités de ces politiques, l’ampleur des persécutions et la manière dont les villes et les Etats européens élaborent la mémoire de cette période n’ont été que peu questionnées. Et cela, alors que des monuments commémoratifs en souvenir des victimes homosexuelles sont de plus en plus nombreux à travers notre continent.

Colloque organisé le 27 mars 2015 par l’Axe Genre & Europe du LabEx EHNE  et par le Conseil de l’Europe. Homologué « 70e anniversaire de la Libération et de la Victoire ».

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Chaire d’excellence : Francisca de Haan (axe 6)

Francisca de Haan est Professeure en études de genre et en histoire à la Central European University de Budapest (Hongrie). Ses recherches portent notamment sur l’histoire du mouvement international des femmes, sur les femmes communistes, sur les rapports entre Guerre froide et genre, et sur les archives des femmes. Elle a entre autres publié avec Annemieke van Drenth The Rise of Caring Power. Elizabeth Fry and Josephine Butler in Britain and the Netherlands (1999) ; dirigé avec Krassimira Daskalova et Anna Loutfi A Biographical Dictionary of Women’s Movements and Feminisms. Central, Eastern, and South Eastern Europe, 19th and 20th Centuries (2006) ; et avec Margaret Allen et al Women’s Activism: Global Perspectives from the 1890s (Routledge 2013). Elle est fondatrice et a été rédactrice en chef jusqu’en 2016 d’Aspasia : The International Yearbook of Central, Eastern and South Eastern European Women’s and Gender History, un annuaire pour l’histoire des femmes. Elle a été vice-présidente de la Fédération Internationale pour la Recherche en Histoire des Femmes (2005 to 2010). Elle est membre des comités de rédaction du Journal of Women’s History, de Women’s History Review, et de l’Homme: Europäische Zeitschrift für Feministische Geschichts­wissenschaft.

Elle interviendra lors de la conférence portant sur « Les organisations internationales de femmes : agents et cibles de la guerre froide », le 4 décembre.

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Recrutement d’un post-doctorant pour l’axe 6 du LabEx EHNE : Genre & Europe

Dans le cadre du LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » (EHNE), l’UMR-Sirice (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) recrute un-e post-doctorant-e qui sera chargé-e de l’animation de l’axe 6 intitulé « Genre & Europe »
 
Date limite de candidature : le 18 juin 2017
Renseignements et candidatures (à envoyer au format PDF à) : genreeurope@gmail.com
Objet : candidature-postdoc- Axe6-EHNE
Présélection : au plus tard le 20 juin 2017
Auditions : Fin juin 2017
Prise de poste : le 1er septembre 2017
Renseignements : ju_le_gac@yahoo.fr
 
Structure : UMR Sirice (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) – Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris-Sorbonne, CNRS.
Unité : UMR 8138
Localisation géographique : Paris
Poste : CDD de post-doctorant à temps complet à compter du 01/09/2017
Durée : 1 an renouvelable jusqu’à 3 ans au maximum
Rémunération : Salaire mensuel net : env. 1 900 €
Financement : LabEx EHNE – Investissements d’Avenir
Responsable scientifique : Fabrice Virgili
 
Description du poste
Le ou la post-doctorant-e sera chargé-e de l’animation de l’axe 6 du projet. Ses fonctions principales seront :
— Assurer un suivi scientifique et une coordination administrative des travaux de l’axe 6 du LabEx EHNE en lien avec les activités générales du LabEx EHNE.
— Participer notamment à l’organisation des manifestations scientifiques et au comité de pilotage de l’axe 6 ainsi qu’aux différentes publications dans lesquelles l’axe est impliqué.
— Assurer le suivi des groupes de travail, la diffusion des activités et la coordination de la participation de l’axe 6 à la réalisation de l’encyclopédie en ligne du LabEx EHNE.
— S’impliquer dans le travail scientifique de l’axe 6.
 
Conditions de résidence et d’exercice
— Il/elle devra impérativement résider à Paris ou dans sa région pour animer les travaux de l’axe et s’y consacrer à temps plein. Un bureau partagé dans les locaux de l’Université sera mis à sa disposition.
– Possibilité de déplacements à l’étranger et en région.
 
Compétences requises
— Bonne maîtrise du français et de l’anglais (avec capacités rédactionnelles). Connaissance d’une troisième langue souhaitée.
— Esprit d’initiative et capacité à s’intégrer dans un programme collectif.
— Rigueur, autonomie et capacités d’organisation.
— Capacité de coordination des travaux d’une équipe.
— Maîtrise des outils informatiques (WORD, EXCEL, Dropbox, Googledrive, Carnet de recherche hypothèses…)
 
 Qualifications requises
— Doctorat en histoire contemporaine (ou moderne) en rapport avec la thématique de l’axe 6 du LabEx EHNE.
— Avoir soutenu sa thèse depuis moins de 5 ans.
 
Dossier de candidature
— CV avec la liste des publications
— Lettre de motivation
— Rapport de soutenance de thèse
 

Présentation du projet

Le Labex EHNE, financé dans la 2e vague des Investissements d’Avenir, a pour objectif principal d’éclairer la crise que connaît actuellement l’Europe en reconstruisant une historiographie nouvelle de l’Europe qui s’adresse tout autant au monde scientifique qu’au monde enseignant, aux citoyens et aux politiques.
Le projet réunit sept laboratoires partenaires issus de quatre établissements (Paris-Sorbonne, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Nantes, École des Chartes).
 
Sept axes de recherches ont été définis pour atteindre cet objectif.
  1. L’Europe comme produit de la civilisation matérielle
  2. L’Europe dans une épistémologie du politique
  3. L’humanisme européen ou la construction d’une Europe « pour soi », entre affirmation et crises identitaires
  4. L’Europe comme « hors soi » : frontières, voisinage et altérité lointaine
  5. L’Europe des guerres et des traces de guerre
  6. Genre et Europe
  7. Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen
 
L’objectif est de parvenir à la réalisation de nouveaux outils en histoire européenne :
  • Une encyclopédie analytique en ligne et la mise en ligne de documents. www.ehne.fr
  • 14 ouvrages, 2 par axes, dont l’un à mi-parcours chez Nouveau Monde.
  • Une synthèse finale sous forme d’ouvrage collectif.
  • Ateliers, journées d’étude et colloques pour préparer ces publications.
 

L’axe 6 « Genre & Europe » :

L’axe 6 du LabEx se propose de montrer que le genre a fort à faire avec l’Europe. Que l’on considère l’Europe comme espace imaginé ou politique, comme marché ou aire culturelle, les rapports entre les sexes sont constitutifs de la définition de cet espace comme des divisions en son sein. L’axe Genre & Europe veut développer ces questions autour de deux volets :
1. Penser et construire l’Europe, effets de genre : prise en compte de la différence des sexes dans les projets politiques et sociétaux européens
– Le genre des guerres européennes
– Imaginer et /ou construire un espace européen de paix : quelle attention au genre ?
– Ce que les femmes ont fait à l’Europe : utopies et émergence d’une idée européenne, mouvements européistes, réseaux à l’échelle du continent, groupes de pression
– Ce que l’Europe a fait aux rapports entre les sexes : imposition de normes de genres, politiques égalitaires, rôle de la Cour de Justice européenne
– L’Union européenne : une institution genrée ?
2. Être Européen.ne.s et vivre l’Europe
– Identités de genre : sexualités, configurations familiales, violences sexuées
– Comportements démographiques et politiques du corps
– Femmes et hommes au travail : configurations européennes
– Les dimensions genrées de la participation politique, du sujet au/à la citoyen.ne : diversité des formes d’intervention politique, accès au droit de vote et à la représentation politique, engagement militant, exercice du pouvoir…
– Les mobilités lues au prisme du genre : voyages, migrations et exils politiques
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Appel à communication : Journée d’étude : Veuvages issus de conflits armés en Europe (XIXe-XXIe siècles) : Quelles spécificités ? Quelles différences ?

Appel à communication

Cette journée d’étude est la troisième et dernière d’un cycle de trois journées d’études sur les Veuves, veufs et veuvages en Europe à l’époque contemporaine. (Pour avoir davantage de précisions sur le projet général: http://www.labex-ehne.fr/2014/04/22/journees-detude-appel-a-communication-veuves-veufs-et-veuvages-en-europe-a-lepoque-contemporaine-19e-21e-siecles/).

Cette troisième journée d’études vise à s’interroger sur le veuvage provoqué par des situations de conflits armés, qu’il s’agisse des guerres mondiales entre états, mais aussi de guerres civiles, d’indépendance, de même que d’autres formes de conflits (luttes armées, terrorisme…). La définition du veuvage est la même que celle retenue pour les autres journées, à savoir une définition large, non strictement juridique, qui inclut l’ensemble des conjoints survivants, que leur relation avec le/la défunt.e ait été, ou non, officialisée préalablement par le mariage.

Le questionnement ici est double. Il porte, d’une part, sur les spécificités de ces veuvages. Le fait qu’un décès ou une disparition survienne dans les circonstances atypiques d’un conflit armé influe-t-il sur le veuvage du conjoint survivant ? Dans quelle mesure ce veuvage se distingue-t-il de celui des femmes et des hommes qui sont devenu.e.s veuves et veufs dans un contexte plus ordinaire ? Dans quelle mesure, également, le deuil des conjoints survivants se distingue-t-il de celui des autres membres de la famille (notamment orphelins et ascendants du défunt) ? Le questionnement porte, d’autre part, sur les différences qui existent entre ces veuvages. Quelles différences peut-on observer selon les conflits armés (certains conflits étant mondiaux, d’autres coloniaux ou de décolonisations, d’autres civils), selon les territoires et nations européennes, selon les camps et belligérants impliqués, selon les sexes aussi… car, si le veuvage de guerre a longtemps été une réalité fortement sexuée, il devient, à mesure que les conflits armés génèrent de plus en plus de victimes civiles, une expérience mixte, pouvant toucher aussi bien les hommes que les femmes. Pour autant, ces expériences sont-elles assimilables ? Quelles différences persistent entre les droits des unes et des autres, entre leurs pratiques de deuil, et quels sont les attendus sociaux et politiques auxquels ils et elles sont soumis.e.s ?

Les propositions de communication pourront s’articuler autour des différents axes thématiques suivants:

→ Législations et institutions :

– Quelles sont les législations élaborées et les institutions mises en place pour aider les conjoints des tués ou disparus d’un conflit armé ?…

– Dans quel contexte ces législations et ces institutions ont-elles émergées et évoluées ? Quelles en sont les origines ? Se sont-elles inspirées de législations antérieures relatives à d’autres veuvages atypiques (par exemple les lois sur les accidents du travail pour la France) ? Observe-t-on des similitudes entre pays européens ? Les législations nationales se sont-elles mutuellement influencées ? Veuves et veufs se sont-elles/ils impliqué.e.s dans l’élaboration et l’évolution de leur prise en charge ? Peut-on parler d’instrumentalisation politique de ces victimes ?…

– Quelles évolutions et postérité connaissent ces législations et ces institutions ?   S’achemine-t-on vers un droit communautaire destiné aux victimes de guerre en Europe ? Le droit des victimes de conflits armés prend-il en compte l’évolution des pratiques conjugales qui se départissent de plus en plus du mariage ? Compagnes et compagnons sont-elles/ils pris en considération ? La dimension genrée de ces législations (souvent davantage pensées pour des femmes) s’estompe-t-elle avec le temps et selon les conflits ? …

→ Démographie et pratiques familiales :

– Dans quelle mesure l’évolution des formes des conflits armés remet-elle en cause la dimension majoritairement féminine du veuvage ? Existent-ils des veufs de guerre ? Qui sont-ils ? Le profil démographique des veuves (âge et maternité notamment) évolue-t-il dans le temps, selon les pays et selon les conflits ?…

– Les pratiques familiales des veuves et veufs de guerre, en matière, entre autres, de succession, de remariage ou de parentalité, se distinguent-elles de celles des veuves et veufs “ordinaires”, notamment par la prise en charge de leurs enfants, reconnus – ou non – comme “orphelins de guerre” ? Cette entremise d’institutions extérieures à la famille modifie-elle les relations intrafamiliales et le pouvoir des conjoints survivants sur la gestion du patrimoine familial ou sur leurs choix éducatifs ?…

→ Rituels funéraires et expériences de deuil :

– Les décès survenus dans un contexte de mort de masse et violente provoquent-ils des deuils spécifiques ? Ces deuils varient-ils d’un conflit à l’autre, selon l’intensité, la forme de même que l’issue (victoire ou défaite) de ces mêmes conflits ?…

– Les rituels funéraires en contexte de guerre ou issus de conflits armés sont-ils communs d’un pays belligérant à l’autre ? Par exemple, perçoit-on des points communs dans les pratiques de deuil de disparus ? Peut-on parler de rituels funéraires spécifiquement européens comparativement aux pratiques en oeuvre sur les autres continents ? Par quelles nouvelles pratiques funéraires, les rituels traditionnels tombés en désuétude suite à la Seconde Guerre mondiale (port du deuil notamment) ont-ils été remplacés ? Observe-t-on des différences sexuées dans les usages sociaux du deuil ?…

– Les rituels funéraires tendent à homogénéiser des expériences intimes du deuil qui sont aussi nombreuses qu’il y a d’individus. Pour autant, dans quelle mesure peut-on saisir des analogies dans les expériences de deuils des veuves et veufs de victimes de conflits armés ? Y-a-t-il toujours superposition du deuil national et du deuil individuel ? De quelle manière le traitement médiatique particulier dont les défunt.e.s sont souvent l’objet influe-t-il sur l’évolution psychologique des endeuillé.e.s ? En quoi leur expérience intime, en tant que conjoint survivant, se différencie de celui des autres membres de la famille (en raison de leur lien de parenté ou de leur âge) ?  Quelles sources peut-on mobiliser pour retracer ces processus intimes de deuil ? Une histoire des pratiques des psychiatres et psychologues envers les veuves et veufs de conflit armé est-elle possible ? Dans quelle mesure les concepts forgés par ces derniers sont-ils mobilisables par les chercheurs en sciences humaines et sociales…

Le comité scientifique portera une attention toute particulière aux propositions de communications portant sur d’autres pays que la France ou envisageant une analyse comparée. Des approches genrées sont également attendues.

Les communications pourront être formulées en français ou en anglais.

Une publication des actes des trois journées d’étude est prévue.

Comité scientifique :

  • Peggy Bette (CERHIO, université Rennes 2)
  • Christel Chaineaud (CAHD, université Bordeaux)
  • Martine Cocaud (CERHIO, université Rennes 2)
  • Magali Della Sudda (centre Emile Durkheim, Sciences Po-Bordeaux)
  • Françoise Leborgne-Uguen (université de Bretagne occidentale-Brest)
  • Yannick Marec (GRHIS, université Rouen)
  • Simone Pennec (université de Bretagne occidentale-Brest)
  • Paulette Robic (IEMN-IAE, université Nantes)
  • Bruno Valat (centre universitaire Jean-François Champollion-FRAMESPA- université Toulouse 2)
  • David G. Troyansky (Brooklyn College et le Graduate Center, City University of New York )
  • Olivier Vernier (ERMES, université Nice-Sophia Antipolis)
  • Clémentine Vidal-Naquet (post-doctorante, secrétaire générale du Labex EHNE)
  • Fabrice Virgili (CNRS-IRICE, LabEx EHNE)

Comité d’organisation :

Peggy Bette (CERHIO, Rennes 2)

Christel Chaineaud (CAHD, Bordeaux)

Date et lieu de la journée :

Lundi 7 novembre 2016, à Paris (Musée de l’armée, Hôtel national des Invalides)

Modalités de soumission des propositions de communication :

Les propositions de communication devront contenir les informations suivantes :

  • Nom, prénom
  • université ou laboratoire de rattachement
  • fonction
  • Titre envisagé de la communication
  • Texte de 2 à 3 000 signes en français ou en anglais précisant le contenu, la méthodologie et les sources

La date limite de soumission des propositions de communication pour la troisième journée est le 29 mai 2016. Le comité scientifique répondra dans un délai d’un mois.

Les propositions de communication sont à adresser à veuvages.europe@gmail.com

L’organisation du colloque prend en charge l’hébergement des intervenant.e.s (pour une nuitée), ainsi que le déjeuner du lundi 7 novembre. Le remboursement de leurs frais de transport sera au moins partiel.

Pour toute information complémentaire : veuvages.europe@gmail.com

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