Colloque: « Exils, migrations et diffusion des savoirs. Les Espagnols en Europe (xvie-xviie siècles) / Exilio, migración y difusión del saber. Los españoles en Europa (siglos XVI y XVII) »

Fundación Casa de Medina Sidonia – Université Paris-Sorbonne/Labex EHNE
CLEA – Centre Roland Mousnier
Araceli Guillaume-Alonso & Bertrand Haan
Sanlúcar de Barrameda
23-24-25 mars 2015 / 22-23-24 de marzo de 2015

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Ouverture / Sesión inaugural

  • Liliane Dalhmann, presidenta de la Fundación Casa de Medina Sidonia
  • Barthélémy Jobert, président de l’Université Paris-Sorbonne
  • Annie Molinié, professeur émérite de l’Université Paris-Sorbonne

Intervenants / Ponentes

Alfredo Alvar, C.S.I.C
Andanzas europeas de Esteban de Garibay y edición de su Compendio Historial/
Pérégrinations européennes d’Esteban de Garibay et édition de son Compendio Historial
Almudena Blasco, Universidad Autónoma de Barcelona
García de Paredes: de héroe nacional a proscrito. La Carrera de las Armas de los españoles en Europa en el primer tercio del siglo XVI /
García de Paredes : de héros national à proscrit. La carrière des armes des Espagnols en Europe, dans le premier tiers du XVIe siècle
Juan Manuel Carretero Zamora, Universidad Complutense
Carlos V y el crédito de Castilla: la influencia del sistema financiero hispánico en la dinamización del crédito de los Habsburgo /
Charles Quint et le crédit de Castille : l’influence du système financier hispanique dans la dynamisation du crédit des Habsbourg
Séverin Duc, Université Paris-Sorbonne
Antonio de Leyva, défenseur espagnol de la Lombardie impériale. Savoirs et pratiques de guerre et de gouvernement (années 1520 -1536) /
Antonio de Leyva, defensor español de la Lombardía imperial. Saberes y prácticas de guerra y gobierno (años 1520-1536)
Thomas Dandelet, University of California/Berkeley
Hacia una historia de los españoles en la Italia del Renacimiento /
Vers une histoire des Espagnols dans l’Italie de la Renaissance
John Edwards, University of Oxford
Juan Luis Vives, Thomas More, et l’éducation de la Princesse Marie Tudor /
Juan Luis Vives, Tomás Moro y la educación de la princesa María Tudor
Lucia Felici, Università degli Studi di Firenze
Miguel Servet, ou le paradigme de l’hérétique chez Calvin /
Miguel Servet, o el paradigma del hereje en Calvino
Ricardo García Cárcel, Universidad Autónoma de Barcelona & Araceli Guillaume-Alonso, Université Paris-Sorbonne
Ignacio de Loyola en París (1528-1535). La génesis de la Compañía de Jesús y la espitualidad española /
Ignace de Loyola à Paris (1528-1535). La genèse de la Compagnie de Jésus et la spiritualité espagnole
Manuela Águeda García-Garrido, Université de Caen-Basse Normandie
Espíritu itinerante y encuentros comunitarios: el clero español en la Francia del siglo XVII /
Esprit itinérant et rencontres communautaires : le clergé espagnol dans la France du XVIIe siècle
Jesús Gascón Pérez, Universidad de Zaragoza
«Tan favorecido de la Fama, quan perseguido de la Fortuna». Vidas y exilios del secretario Antonio Pérez /
«La Renommé lui a réservé ses faveurs, autant que la Fortune ses rigueurs». Vies et exils du secrétaire Antonio Pérez
Bertrand Haan, Université Paris-Sorbonne
Imponer una escritura santa española: Arias Montano y la Biblia políglota de Amberes /
Imposer une Écriture sainte espagnole : Arias Montano et la Bible polyglotte d’Anvers
Fátima Halcón, Universidad de Sevilla
Pintores españoles en Italia: Modelos e influencias /
Des peintres espagnols en Italie : modèles et influences
Boris Jeanne, EHESS
Rhétorique sacrée et gravures édifiantes : le rôle des Espagnols dans les stratégies européennes de Contre-Réforme/
Retórica sacra y grabados edificantes: el papel de los españoles en las estrategias europeas de Contrarreforma
Fabien Montcher, Saint Louis University (Missouri)
La República de las Letras a la luz de las diásporas Ibéricas (ss. XVI-XVII) /
La République des Lettres à la lumière des diasporas ibériques (XVIe-XVIIe siècles)
Jesús Ponce, Universidad Complutense
La transmisión del saber poético en el Renacimiento: Cetina, Urrea, Figueroa, Aldana /
La transmission du savoir poétique à la renaissance: Cetina, Urrea, Figueroa, Aldana
Encarna Sánchez, Università degli studi di Napoli l’Orientale
Juan de Valdés en Nápoles /
Juan de Valdés à Naples
Juan Antonio Vilar Sánchez, Alhambra de Granada
Fernando López de Villanova, gobernador de Kerpen y Lomersun /
Fernando López de Villanova, gouverneur de Kerpen et de Lomersun
Secrétaire du colloque / Secretaria : Adeline Léandre, Université Paris-Sorbonne (EDIV/CLEA)
adeline_leandre@hotmail.fr

Labex EHNE (axe 3, l’Humanisme européen)/Centre Roland Mousnier (UMR 8596)/CLEA (EA 4083-ED IV)

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Sociabilités et réseaux diplomatiques européens de 1919 à nos jours

Bruxelles, Académie Royale de Belgique (Cycle du Collège Belgique). 20-21 mars 2015. Avec l’association RICHIE.

RICHIE
En coopération avec RICHIE et Académie royale de Belgique l’Académie royale de Belgique

Vendredi 20 mars 2015

  • 8h45-9h – Accueil des participants
  • 9h00-9h15 – Discours d´ouverture par Michel DUMOULIN, Professeur émérite à l’Université Catholique de Louvain, membre de l’Académie royale de Belgique

9h15-9h45 – Introduction du colloque par les organisateurs

  • Vincent GENIN, Université de Liège
  • Thomas RAINEAU, Paris IV-Sorbonne / Institut Universitaire Européen
  • Matthieu OSMONT, Institut culturel franco-allemand de Tübingen

9h45-10h15 – Conférence inaugurale

Laurence BADEL, Professeur à Paris I-Panthéon Sorbonne: Pratiques diplomatiques et « nouvelles relations internationales »

10h15-10h45 – Pause-café

10h45-13h – La diplomatie traditionnelle remise en question ?

Présidence : John KEIGER (Université de Cambridge).

  • 10h45-11h30 Marion ABALLEA (IEP Strasbourg) : L’ambassade de France à Berlin au lendemain de la Première Guerre mondiale : bastion de la tradition diplomatique à l’heure de la « nouvelle diplomatie » ? (1919-1933)
  • 11h30-12h15 – Renaud MELTZ (Université de Polynésie) : Les diplomates français et l’opinion publique dans l’entre-deux-guerres : le cas de la non-intervention dans la guerre civile espagnole
  • 12h15-13h00Radu Albu COMANESCU (Université de Cluj-Napoca) : Diplomacy : Building Europe through Family and Friends

Déjeuner 13h-14h15

14h15-18h30 – Nouveaux acteurs et réseaux

Présidence : Philippe RAXHON (Université de Liège)

  • 14h15-15h00Judith BONNIN (Université Paris VII) : D’une politique européenne partisane à une diplomatie d’État : sociabilités, réseaux et pratiques diplomatiques des socialistes français entre 1971 et le début des années 1980
  • 15h00-15h45Sonja GROSSMANN (Université de Tübingen) : Diplomates publics entre Est et Ouest : Les Associations d’amitié avec l’URSS en Europe occidentale
  • 15h45-16h30 – Victor FERNANDEZ-SORIANO (Université Libre de Bruxelles) : Le Mouvement Européen contre la dictature franquiste (1962). Une diplomatie européenne parallèle ?

16h30-17h00 – Pause-café

17h00-18h30Table-ronde sur les mutations post-1989 des diplomaties d´Europe centrale et orientale

Sous la présidence de Christian LEQUESNE (Sciences Po / CERI). Avec la participation de :

  • M. Pavel Fischer, Consultant, ancien directeur politique du Ministère tchèque des affaires étrangères, ancien ambassadeur de la République tchèque en France, ancien Conseiller diplomatique du Président Vaclav Haval.
  • Dr András Balogh, historien, chargé d’affaires et envoyé extraordinaire de la République de Hongrie en Belgique, ancien ambassadeur de la République de Hongrie en Thaïlande (sous réserve)
  • S. E. Raoul Delcorde, Ambassadeur du Royaume de Belgique au Canada, ancien ambassadeur en République de Pologne, chargé de cours à l’Université catholique de Louvain

Samedi 21 mars 2015 – Les nouvelles enceintes européennes et internationales

Matin 9h15-10h45 – Présidence : Eric BUSSIÈRE (Paris IV Sorbonne)

  • 9h15-10h00 – Emmanuel MOURLON-DRUOL (Université de Glasgow) : Éduquer à l’Europe? Le conseil européen comme instrument de socialisation des chefs de gouvernement aux rouages de la CEE/UE (1974-1992)
  • 10h-10h45 – Benedetto ZACCARIA (Université de Padoue) : The European Commission as a Cold War player. The case of EEC-Yugoslav relations during the 1970s

Pause : 10h45-11h15

Matin 11h15-12h45 – Présidence : Catherine LANNEAU (Université de Liège)

  • 11h15-12h00 – Noël BONHOMME (Paris IV Sorbonne) : Le Groupe des Sept et les deux Europes: « grandes » et « petites » diplomaties européenne face aux impératifs de la gouvernance gobale (années 1970-1980)
  • 12h00-12h45 – Simon GODARD (Paris I Panthéon Sorbonne) : Le Conseil d’Aide Économique Mutuelle (CAEM) et la construction d’une diplomatie économique parallèle dans l’Europe socialiste (1962-1989)

Déjeuner 12h45-14h15

14h15-16h30 – D’autres voies de la diplomatie

Présidence : Michel DUMOULIN (Université Catholique de Louvain)

  • 14h15-15h00 – Olivier SIBRE (Paris IV Sorbonne) : Les diplomates du Saint-Siège : un corps singulier en mutation ? (1919-2005)
  • 15h00-15h45Alexandre BOZA (CHSP – Sciences Po – Paris) : Représenter l’humanité : les diplomates français et la promotion des droits de l’homme au sortir de la Seconde Guerre mondiale

Conclusions du colloque. 15h45-16h15

  • Vincent GENIN, Université de Liège
  • Thomas RAINEAU, Paris IV-Sorbonne / Institut Universitaire Européen
  • Matthieu OSMONT, Institut culturel franco-allemand de Tübingen

Version PDF.

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Séminaire: ‘L’Europe et son “autre” : penser la Méditerranée comme objet de l’histoire des relations internationales du temps présent’

Egyptian Sand Sea, Western Desert, Egypt. (Roland Unger, via Wikimedia Commons)
Egyptian Sand Sea, Western Desert, Egypt
Roland Unger, via Wikimedia Commons

 

Ces rencontres ont été conçues par le Groupe de travail sur la Méditerranée (UMR IRICE, axe 3 : L’Europe et les Autres) dans le cadre du Labex « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe (EHNE) » (axe 4 : L’Europe, les Européens et le monde), et également dans le cadre du centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA) (axe 2 : La France, l’Europe et le Monde : relations internationales, identités et représentations Nord-Sud). Elles correspondent plus particulièrement à l’un des objectifs déclarés du projet, à savoir la décomposition de la notion d’espace européen et l’écriture d’une histoire transnationale de l’Europe. Le groupe rassemble des chercheurs dans le but de mener une réflexion autour de la Méditerranée comme objet d’histoire des relations internationales du temps présent. Pour ce faire, il organise depuis 2012 des cycles annuels de rencontres où interviennent des spécialistes de la Méditerranée de l’époque moderne et contemporaine. Le programme 2014-2015, intitulé Méditerranée/Afrique, élargit davantage son espace géographique étudié jusqu’à lors pour mieux développer une approche globale des circulations, des réseaux, des dynamiques multi-scalaires de ces territoires au XIX et XX siècle.

Télécharger le programme au format PDF.

Organisation et animation des séances

  • Houda Ben Hamouda, doctorante, université Paris 1, Ater à l’université d’Amiens, (houdabenhamouda31[at]gmail.com)
  • Guia Migani, docteur en histoire, maître de conférences à l’université François Rabelais, Tours (guia.migani[at]univ-tours.fr)
  • Sofia Papastamkou, docteur en histoire, Responsable humanités numériques, Maison européenne des sciences de l’homme et de la société Lille (sofia.papastamkou[at]meshs[dot]fr
  • Karine Ramondy, doctorante, université Paris 1, enseignante, (Karine.Ramondy [at] malix.univ-paris1.fr)

Le jeudi de 18h00 à 20h00

Lieu

  • Institut Pierre Renouvin, 1 rue Victor Cousin, Galerie J.B. Dumas, escalier L, 1er étage, salle F603

Programme 2014/2015 – Méditerranée/Afrique

5 février 2015 – Circulations, transferts intellectuels et idéologique

  • Amélie Regnauld – Doctorante en histoire contemporaine, Université Paris 1, Centre d’histoire des relations internationales contemporaines (CHRIC) Les relations entre la gauche égyptienne et le SED (Parti socialiste unifié d’Allemagne), entre idéologie et pragmatisme
  • Constantin Katsakioris – Docteur en histoire contemporaine, Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) Intellectuels africains, communisme et transferts culturels : un chantier complexe

5 mars 2015 – Révolutions arabes et approches méthodologiques en sciences humaines et sociales (1)

  • Jocelyne Dakhlia – Directrice d’études (Historienne et anthropologue du Maghreb) à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) Histoire et Sciences Sociales en Révolution

26 mars 2015 – Espaces de confluences : le cas du Sahara

Attention, exceptionnellement, la séance commence à 17h30.

  • Muriam Haleh Davis – Doctorante en histoire contemporaine, Université de New York L’espace saharien et le projet eurafricain
  • Michel Catala – Professeur d’histoire contemporaine, Université de Nantes, Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA) L’émergence du problème du Sahara occidental dans les relations internationales, 1956-1960
  • Ismael Warscheid – Docteur, Université Paris 1, Institut des mondes africains (IMAF) Islam et transferts culturels au Sahara pré-moderne (XVIe-XIXe siècles) : la fabrique d’un « cosmopolitisme africain » ?

2 avril 2015 – Révolutions arabes et approches méthodologiques en sciences humaines et sociales (2)

  • Choukri Hmed – Maître de conférences en science politique à l’Université Paris-Dauphine: Genèses de la révolution tunisienne : quelle(s) approche(s) méthodologique(s)

9 avril 2015 – Circulations, transferts financiers et pétroliers

  • Giuliano Garavini – Chercheur post-doctorant, Université de Padoue The Oil Shocks of the 1970s and the Discovery of European Economic Dependence
  • Hervé Lado – Docteur en Economie, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne Transferts locaux et prédation des compagnies pétrolières au Nigeria

7 mai 2015 – Approches méthodologiques en histoire des relations internationales

  • Amzat Boukari-Yabara, Docteur en Histoire et Civilisations de l’Afrique, IMAf (ex-CEAf/EHESS),  Panafricanisme et Pax Africana : la politique étrangère de la Tanzanie de Nyerere

4 juin 2015 – Migrations, circulations et diasporas

  • Léonard Vincent – Journaliste spécialiste de l’Afrique (sur TF1, Reporters sans frontières, RFI) Dictature, esclavage, diasporas et flux transsahariens : l’étude du cas érythréen
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Appel à communication: Colloque historique international Table et diplomatie du Moyen-Âge à nos jours, Paris, 3-5 novembre 2016

Co-organisateurs

  • L. Badel (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
  • L. Bély (Université de Paris Sorbonne)
  • J.-P. Williot (Université de Tours)
  • M. de Ferrière le Vayer (Chaire Unesco, Université de Tours).

Inscrit dans le cadre des programmations du Labex EHNE ; de l’UMR IRICE ; de l’EA 6294 LÉA ; de la Chaire Unesco Sauvegarde et valorisation des patrimoines culturels alimentaires et de l’IEHCA.

Descriptif

table-3-1024x351Repas servi aux soldats sur la plaine du Simmering, souper chez le tsar Alexandre, banquet au palais Kaunitz, fastes gastronomiques lors des réceptions de Talleyrand, les faits sont connus. Comme le consigna dans ses Mémoires Charles- Joseph de Ligne, la table a joué un rôle essentiel lors du congrès de Vienne. Relevée ici comme un trait saillant du cycle de conférences diplomatiques présidant à la reconfiguration de l’Europe autour de 1815, la mise en scène culinaire est en fait inscrite dans une histoire longue, multiforme et multiculturelle des pratiques diplomatiques. On en retrouve les occurrences aussi bien chez les rois numides, dans les banquets de départ en croisade au Moyen Âge, à la cour de l’Empereur de Chine que dans l’architecture des dîners d’Etat, conférences internationales contemporaines et autres G 8 ou G 20. Et l’on postulera que toutes les civilisations en ont intégré la nécessité, qu’elles soient amérindiennes, africaines ou asiatiques, de l’Europe méditerranéenne ou barbare, levantine ou ottomane, arabo-musulmane ou indiennes, dans l’immensité du Pacifique et de l’Océanie. L’importance de la médiation du repas mobilise l’art des cuisiniers et le service des boissons, parfois l’élégance du cadre et les arts de la table, parfois aussi la modestie improbable d’un abri de fortune. Elle contribue à créer des situations de commensalité propice aux négociations qu’elle prépare, accompagne ou récompense. Elle fonde des protocoles de réception. Elle participe de l’échange et de la connaissance de l’autre. Elle est également un moyen important de valorisation économique des productions nationales, des savoir-faire alimentaires et une vitrine de prestige des nations puissantes. Dans la rencontre ou la confrontation des cultures, elle promeut des différences liées aux produits découverts, aux langues ou aux pratiques alimentaires locales. Vecteur d’une diplomatie d’influence, la table peut s’avérer à l’inverse une frontière marquant des différences culturelles multiples. La méconnaissance des symboliques alimentaires, les barrières psychologiques face à certaines consommations, les tabous religieux, s’ils sont ignorés, peuvent induire des tensions que la table ne concourt pas à résoudre puisqu’au contraire elle les crée ou les amplifie. Le refus culinaire est un marqueur ostensible d’une limite des accords. A dessein même, le banquet peut s’avérer le théâtre ultime d’intentions hostiles. La table devient alors, selon des échelles de gravité croissante, le moment d’un affront insupportable ou le lieu de l’empoisonnement prémédité.

L’objet de ce colloque est d’analyser comment s’articulent pratiques diplomatiques et pratiques alimentaires quand la table devient une scène supplémentaire, et parfois principale, de civilités. Il ne s’agira pas de mettre en évidence chaque gastronomie nationale mais plutôt d’étudier le rôle que la table peut jouer lors des rencontres, négociations, achèvement de conférences et, de manière plus générale, dans les processus quotidiens d’échanges. Alors que le champ des études gastronomiques n’est plus en friche, l’analyse des protocoles de réception a fait l’objet de travaux moins nombreux mais particulièrement attentifs à la question de l’alimentation curiale. Il sera intéressant de comprendre la manière dont les cours européennes, du Moyen-Age au XXIe siècle, ont associé la table et la négociation. De fait l’histoire du cérémonial diplomatique, un temps disqualifié par les acteurs de la diplomatie eux-mêmes à la fin de l’Ancien Régime, et négligé comme objet légitime de recherche par les historiens, a connu une réhabilitation éclatante ces quinze dernières années. Objet d’histoire totale, l’étude du repas d’Etat relève ainsi à la fois d’une histoire matérielle (fournitures nécessaires pour les illuminations, produits de la table et boissons), d’une histoire sociale (mobilisation de corps de métiers), d’une histoire des représentations (place accordée à la chair et à l’alcool dans les cultures religieuses ; mise en scène de la puissance ou de l’égalité) et d’une histoire culturelle des relations internationales mettant en jeu des transferts matériels et symboliques comme des rapports de pouvoir. Cette histoire mobilise également la compréhension des cultures culinaires qui se transmettent par l’ordre des mets, le choix des menus, l’affirmation de registres gastronomiques, la promotion de chefs de cuisine ou le recours à des artisans et des traiteurs spécialisés.

La phase nouvelle de la mondialisation, ouverte dans les années 1960, conjuguée aux effets de la révolution des mœurs et de ceux, très perceptibles dans les années 2000, de la nouvelle révolution des télécommunications, incite à repenser la place que tient le temps de la table dans le cadre des échanges diplomatiques du temps présent. Du déjeuner de travail autour d’un plateau repas à la persistance du dîner de prestige reflétant l’image que l’Etat qui reçoit veut diffuser, le temps pris ou pas pour partager un repas peut être l’indice d’une uniformisation des pratiques, d’un adoucissement des mœurs ou de leur brutalisation nouvelle. La table entre en scène dans les relations diplomatiques comme élément suffisamment important pour qu’il retienne l’attention des médias. Relatés dans les chroniques mondaines ou les colonnes de journaux sélectionnés, les aspects protocolaires, la composition des menus, la qualité des denrées, l’opulence ou la simplicité des plats sont saisis par la photographie, le reportage, et aujourd’hui les commentaires sur les blogs de l’internet. Croiser, sur la durée, l’histoire des pratiques diplomatiques et celle des pratiques alimentaires apparaît comme une clef d’entrée pour approfondir la réflexion sur l’identité culturelle, culinaire et diplomatique de l’Europe, ses construction, déconstruction et reconstruction au regard des pratiques d’autres aires culturelles. La table, lieu matériel et symbolique de la négociation diplomatique par excellence, est aussi celui de la reconnaissance de l’altérité comme de sa négation. Dans cette perspective, le colloque privilégiera les interventions d’historiens et d’historiens de l’art, d’anthropologues comme de sociologues et politologues de la communication politique ou de spécialistes des littératures comparées et du cinéma. Il s’ouvrira aussi aux témoignages de praticiens.

De nombreux thèmes peuvent être envisagés dans une géographie très vaste, n’excluant aucune aire culturelle et aucun continent, sur la longue durée, du Moyen Âge au XXIe siècle.

  • L’évolution des modalités de la réception sera examinée : lieux (palais, hôtels, place du village, navire en escale…) ; type de service et protocole ; arts de la table ; association de la musique et des spectacles ; prise de parole (discours et toasts) ; les spécialistes du cérémonial et du protocole ; le choix des cuisiniers et des brigades, leurs liens transnationaux ; la conception des codes d’honneur pour recevoir des hôtes de marque
  • Les menus feront l’objet d’une analyse : l’ordre des mets ; la prise en compte des tabous alimentaires ; la durée des repas ; le choix des boissons ; la place du vin et la sélection des crus ; la symbolique des plats ; l’iconographie et le design des cartons de menus
  • Les comportements spécifiques liés à la table seront mis en évidence : les manières de manger (mains ; recours à des ustensiles) ; les tabous alimentaires ; le contrôle de sécurité alimentaire (les goûteurs) ; l’intentionnalité destructrice (utilisation du vin pour délier les langues, empoisonnement) ; le poids de la religion dans l’approche des pratiques de table et l’usage de certains produits ; la sociabilité associée à la table (conversation mondaine, confidence, espionnage, amitié et liens affectifs ; les erreurs d’appréciation ; le mépris des convenances)
  • La porosité des cultures alimentaires peut servir de marqueur pour les diverses étapes de la mondialisation : l’introduction de nouveaux produits (café, chocolat, thé) ; la découverte des cuisines étrangères
  • L’évolution de la présence et de la participation des femmes aux repas diplomatiques sera étudiée : rôle et influence des souveraines organisatrices ; rôle des épouses, des courtisanes, des danseuses et des chanteuses
  • Le spectacle de la table : public du repas, opinion publique et publicité. L’analyse de l’évolution de la mise en scène du repas diplomatique des tableaux de l’époque moderne aux photographies du G 8, en passant par les descriptions littéraires, les reportages dans les magazines, l’analyse des publicités, permettra de comprendre l’évolution des représentations liées à la place que tient la table dans la communication diplomatique
  • La place de la table dans la diplomatie économique et la diplomatie d’influence fera l’objet d’une attention particulière : les fournisseurs des tables ; les exportations de produits alimentaires et de boissons ; l’influence des styles de réception
  • La traduction médiatique de ces moments pourra être envisagée (scènes de repas dans les contextes diplomatiques filmés, séquences cinématographiques ; reportages radiophoniques ; littérature)

Approches privilégiées

Les contributions privilégiées seront celles qui couvriront :

  • Les nouvelles approches de l’histoire des pratiques diplomatiques Les nouvelles approches de l’histoire de l’alimentation
  • Disciplines : histoire, histoire de l’art, anthropologie, sociologie, information et communication

Langues du colloque

  • Anglais et français

Date-limite d’envoi des propositions

Les propositions de communication (500 mots maximum) et un bref curriculum vitae sont à envoyer avant le 15 mars 2015 à l’adresse suivante:
tablediplomatique@univ-tours.fr

Quelle que soit la langue utilisée, toutes les propositions seront étudiées.

Conseil scientifique du colloque

  • Laurence Badel (Université de Paris I Panthéon-Sorbonne) Lucien Bély (Université de Paris Sorbonne)
  • Isabelle Bianquis (Université François Rabelais, Tours) Jane Cobbi (CNRS)
  • Jaroslaw Dumanowski (Uniwersytetu Mikołaja Kopernika, Torun, Pologne) Marc de Ferrière le Vayer (Université François Rabelais, Tours)
  • Michel Figeac (Université de Bordeaux Montaigne)
  • Bruno Laurioux (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) Massimo Montanari (Université Alma Mater de Bologne)
  • Johannes Paulmann (Université de Mayence, Allemagne) Françoise Sabban (EHESS)
  • Peter Scholliers (Vrije Universiteit Brussels)
  • Jean-Pierre Williot (Université François Rabelais, Tours)

Documents annexes

Appel à communication en français

Appel à communication en anglais

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Colloque: « L’entreprise généalogique : pratiques sociales et imaginaires en Europe (XVe-XIXe siècles) »

unnamedColloque international organisé par Stéphane Jettot (Université Paris-Sorbonne) et Marie Lezowski (École française de Rome/Université Paris-Sorbonne).
Paris, 27-28 novembre 2014.

Jeudi 27 novembre 2014

Reid Hall
4, rue de Chevreuse. Paris VIe

Matinée

La généalogie à l’épreuve des événements

Après-midi

Arbres, blasons, tombeaux… Imaginaires de la transmission

Vendredi 28 novembre 2014

Maison de la recherche. Université Paris-Sorbonne
28, rue Serpente. Paris VIe

Matinée

Le travail généalogique : investissements familiaux et individuels

Après-midi

La consommation des généalogies

EFR

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Le LabEx EHNE aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois (2014): « Du théâtre à la scène du monde. Formes de rébellion et figures de rebelles entre la fin du Moyen Age et l’époque contemporaine »

RVH-RebellesL’Axe 3 « L’humanisme européen » du Labex EHNE regroupe des chercheurs du Centre Roland Mousnier (Université Paris-Sorbonne). Les différentes équipes de recherche sont animées par des historiens qui s’intéressent, sur la longue durée, à une histoire européenne placée sous le signe de la culture, des représentations et des identités socio-religieuses. Six grandes thématiques fédèrent leur travail : l’Europe humaniste, l’Europe comme modèle pour une République des Lettres, l’Europe et les jeux identitaires, l’Europe des religions, l’Europe et son imaginaire et enfin l’Europe des cultures de paix et des projets unitaires.

Six membres de l’axe animeront une des tables rondes des rendez-vous de l’histoire de Blois de 2014, dédiés à la problématique des rebelles. Du théâtre à la scène du monde : cette table ronde entend proposer, dans une approche diachronique et transversale, des regards multiples mais croisés sur la notion et les acteurs de la rébellion, entre le Moyen Age et l’époque contemporaine. Du théâtre comme forme d’expression « rebelle » et contestataire à la question de la rébellion dans l’histoire des religions à travers le cas du judaïsme et du protestantisme, des villes rebelles entre spectacle subversif et répression à l’homme aux multiples rébellions, Gaston d’Orléans, sans oublier une histoire au féminin de la rébellion, les échanges entres les différents intervenants permettront d’éclairer différentes manières de questionner la rébellion comme objet d’histoire entre passé et présent.

Six intervenants

1. Jean-Christophe Attias, Centre Alberto Benveniste et Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, axe 3

Qu’est-ce qu’un judaïsme rebelle?

En histoire des religions, mais peut-être ailleurs aussi, le sort de la « rebellion » est soit de simplement disparaître (sous l’effet d’une répression, d’un étiolement interne, d’une normalisation), soit de s’institutionnaliser comme norme nouvelle et donc de disparaître, encore une fois, comme « rébellion », soit enfin, de faire semblant de disparaître, de continuer à prospérer clandestinement, et de transformer en profondeur, quoique pas toujours de manière immédiatement perceptible, ce qu’on peut appeler le mainstream. Le cas juif, en ces matières, n’échappe pas à la règle. C’est ce que je me proposerai d’illustrer par quelques exemples qui, tous, devraient démontrer, sans doute assez tristement, que la pensée du « rebelle » d’hier a inéluctablement tendance à se dégrader en idéologie du « conformiste » d’aujourd’hui…

Jean-Christophe Attias est directeur d’études à l’EPHE, où il est titulaire de la chaire de pensée juive médiévale, directeur-adjoint du Centre Alberto-Benveniste d’études sépharades et d’histoire socioculturelle des Juifs, et membre du Conseil scientifique du LabEx EHNE. Dernières publications: Les Juifs et la Bible (Fayard, 2012), Penser le judaïsme (CNRS Editions, 2013).

2. Marie Bouhaïk-Gironès, membre du Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, Axe 3

La rébellion politique et religieuse sur la scène publique : les formes théâtrales et spectaculaires de la prise de parole contestataire

De nombreux procès contre les acteurs de représentations théâtrales aux XVe et XVIe siècles montrent que le théâtre était un vecteur privilégié de la polémique et de la rébellion. On présentera donc comment le rire peut être utilisé comme arme de subversion.

Marie Bouhaïk-Gironès, historienne, chargée de recherche au CNRS, au Centre Roland Mousnier à Paris IV-Sorbonne, docteur en Histoire de l’Université Paris 7 – Paris-Diderot (2004). Spécialiste de l’histoire des pratiques théâtrales (13e-16e s.), elle s’attache à l’histoire du théâtre comme pratique professionnelle, étudie ses métiers et l’organisation du travail théâtral et travaille également sur le statut de la parole publique sur la scène. De 2005 à 2011, Marie Bouhaïk-Gironès, a travaillé comme chargée de recherche pour l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique à l’Universiteit van Amsterdam, au sein du programme « Law and Drama : how Theatrical Practices are defined by, with, and against the Law in France & French-speaking regions (13th-16th centuries) » (dir. Jelle Koopmans). Elle a enseigné à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) de 2009 à 2011. Elle a publié notamment Les clercs de le Basoche et le théâtre comique (Paris, 1420-1550) en 2007 chez Champion, et co-dirigé Le théâtre polémique français (1450-1550) et Les Pères du théâtre médiéval. Examen critique d’un savoir académique, parus aux Presses Universitaires de Rennes en 2008 et 2010. Elle a coordonné un des derniers numéros de la Revue de synthèse : Pratiques professionnelles de la parole (Europe, 12e-18e s.), Revue de synthèse, t. 133, n°2, 2012. Son article « Comment faire l’histoire de l’acteur au Moyen Age ? », paru dans la revue Médiévales 59 (2010) a reçu le Barbara D. Palmer Award for Best New Essay in Early Drama Archives Research  2011 de la Medieval and Renaissance Drama Society.  Secrétaire générale de la Société Internationale pour l’étude du Théâtre Médiéval (SITM) entre 2007 et 2010, elle est membre du comité éditorial de la revue European Medieval Drama (Brepols).

3. Laurent Vissière, membre du Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, Axe 3

Villes en rébellion (XVe siècle)

A la fin du Moyen Age, de nombreuses villes se rebellèrent contre l’autorité du prince ou du roi, et furent alors assiégées, soumises et sévèrement punies —la répression passe en général par le sac, de lourdes impositions, la perte de privilèges et peut même aller jusqu’à la destruction totale. A la fin du XVe siècle, les ducs de Bourgogne ont ainsi à lutter contre une série de rébellions spectaculaires et rasent des cités aussi importantes que Dinant (1466) et Liège (1468). Charles le Téméraire échoue cependant et meurt devant Nancy en révolte (1477). Une ville rebelle peut également perdre son nom, comme ce fut le cas d’Arras, renommée Franchise par Louis XI en 1479. La question de la rébellion est souvent évoquée aussi dans un contexte de guerres civiles et d’obédiences multiples : c’est notamment le cas au temps de la double monarchie, quand Henri V et Henri VI d’Angleterre contrôlent une partie du territoire français, et qu’ils combattent les troupes du dauphin Charles.

Laurent Vissière enseigne comme maître de conférences en histoire médiévale à l’université de Paris-Sorbonne. Ancien membre de l’École normale supérieure et de l’École nationale des Chartes, il est archiviste-paléographe, agrégé d’Histoire et actuellement membre junior de l’Institut universitaire de France. Il a publié sa thèse dédiée à Louis II de La Trémoille (1460-1525) et s’est notamment spécialisé dans l’étude des premières guerres d’Italie, où La Trémoille joua un rôle de premier plan. A ce titre, il s’intéresse beaucoup à la théorie et à la pratique diplomatique entre le royaume de France, les principautés italiennes et les différents États européens de la période. Il consacre ainsi des recherches sur Claude de Seyssel, un important théoricien de la monarchie française à l’époque de Machiavel et de Thomas More. Et il vient de diriger un ouvrage collectif consacré à 1513. L’année terrible. Le siège de Dijon. Il travaille aussi sur les chevaliers de l’Hôpital, maîtres de l’île de Rhodes au XVe siècle, et prépare un livre sur le siège de Rhodes par les Ottomans en 1480. Il anime par ailleurs avec Bruno Dumézil un cycle de colloques internationaux consacrés à l’épistolaire politique médiéval, qui se sont tenus à Paris, Rome et Sao Paulo.

4. Eric Durot, membre associé au Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, Axe 3

Les huguenots, des rebelles « soubs couleur de religion » (XVIe siècle)

Depuis l’affaire des placards (1534) mais surtout à partir des règnes d’Henri II (1547-1559) et de François II (1559-1560), le statut des protestants français semble basculer : considérés d’abord et avant tout comme des « hérétiques », ils deviennent au milieu du XVIe siècle des « rebelles » qui agissent « soubs couleur de religion ». La législation évolue dans ce sens à leur égard, d’autant plus que le jeune âge des rois François II et Charles IX (1560-1574), favorise les prises d’armes huguenotes au nom, notamment, de la défense de la royauté et du « bien public ». Mais pour les catholiques, la réforme religieuse ne sert qu’à renverser l’ordre établi et le roi lui-même. Huit guerres de Religion suivront.

Eric Durot, professeur agrégé enseignant dans le secondaire, docteur en histoire moderne de l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) avec une thèse intitulée François de Lorraine (1520-1563), duc de Guise entre Dieu et le Roi, sous la direction du professeur Denis Crouzet (soutenue en 2011), et éditée chez Classiques Garnier en 2012 : le livre a reçu le prix littéraire Georges Sadler de l’Académie de Stanislas de Nancy, en 2012.

5. Aubrée Chapy, membre associé au Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, Axe 3

Anne de France et Louise de Savoie : le pouvoir au féminin face aux rebelles (fin XVe-début XVIe siècle)

Dans le cadre de l’exercice d’un pouvoir au féminin exercé à la tête du royaume, Anne de France, sœur de Charles VIII et Louise de Savoie, mère de François Ier ont vu se dresser de nombreux rebelles. Des princes menant la guerre folle, avides de pouvoir et brandissant la menace de l’usurpation face à la dame de Beaujeu au Parlement de Paris multipliant les remontrances face à l’action politique de la régente et mère du roi, les rebelles développent un discours ainsi qu’une rhétorique de la justice et de la paix qui a pour ambition de légitimer leur révolte. C’est de la lutte et en réponse aux rébellions -militaires ou politiques- que la régence voit le jour, en tant que nouvelle institution, et que les deux princesses construisirent leur pouvoir au féminin.

Aubrée David-Chapy, agrégée d’histoire, est ATER et chargée de travaux dirigés à l’Université Paris-Sorbonne. Elle achève sa thèse, intitulée Anne de France et Louise de Savoie, du gouvernement à la régence : l’invention d’un pouvoir au féminin, entre fin du Moyen Âge et première Renaissance sous la direction de Denis Crouzet.

6. Marie-Catherine Souleyreau, Centre Roland Mousnier, LABEX EHNE, Axe 3

Gaston d’Orléans, le rebelle et la couronne

De l’importance diplomatique des révoltes successives du duc d’Orléans entre 1628-1629 et 1635. Héritier présomptif de la couronne, dans un état encore en paix, les faits et gestes de Gaston d’Orléans sont en effet très révélateurs des progrès, aux plans national et international, de l’autorité du roi de France. Richelieu, en 1632-1633, prend la peine d’adresser un courrier aux alliés protestants du roi très chrétien afin de les informer de la soumission de Monsieur. L’entrée en guerre ouverte correspond à une phase de calme relatif du « rebelle », suivie de l’annonce de la grossesse d’Anne d’Autriche qui bouleverse la donne.

Marie-Catherine Souleyreau est docteur en Histoire et ingénieur d’études à l’Institut de Recherches sur les Civilisations de l’Occident Moderne (université de Paris-Sorbonne). Elle a consacré sa thèse à Richelieu et la Lorraine et travaille à la publication de la correspondance du cardinal de Richelieu pour les années 1632-1642. Quatre volumes sont parus à ce jour : pour les années 1632, 1633 et 1634 (en deux tomes pour cette dernière année). Elle est membre du groupe d’études sur l’histoire des Trois-Evêchés. Elle est également l’auteur d’une biographie « grand public » de Richelieu.

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Colloque du réseau RICHIE – Appel à communications: Sociabilités, réseaux et pratiques diplomatiques en Europe de 1919 à nos jours

RICHIE
En coopération avec RICHIE et
Académie royale de Belgique l’Académie royale de Belgique

Bruxelles, Académie Royale de Belgique
19-21 mars 2015

1. Disciplines concernées

Interdisciplinaire (ouvert notamment à la science politique, à l’anthropologie et à la sociologie) mais avec une approche historique

2. Langues de travail

Le colloque se tiendra en français mais les communications en anglais sont les bienvenues.

3. Enjeux et axes de recherche

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les diplomates deviennent des acteurs-clés d’un nouvel ordre international que l’on souhaite refonder sur la transparence, la coopération, l’arbitrage et le droit international, mais ils perdent le monopole de la politique étrangère. Juristes de droit international, universitaires, journalistes, hauts fonctionnaires, banquiers internationaux et autres experts techniques secondent désormais les acteurs diplomatiques traditionnels. Tous travaillent de plus en plus en réseau, alors que les progrès techniques (transports, communications) et le poids croissant des médias de masse modifient également le travail diplomatique. Ils accélèrent le temps de la négociation et placent les diplomates sous le contrôle plus étroit des décideurs politiques et des opinions publiques.

Cette nouvelle diplomatie se joue d’abord dans les grandes capitales européennes et à la Société des Nations, lieu de socialisation majeur à l’époque de la « sécurité de collective » et terreau des premiers plans d’union européenne. Ces liens professionnels et personnels entre acteurs de la politique étrangère trouvent une nouvelle dimension après 1945 dans le cadre du processus d’intégration de l’Europe occidentale. Cette coopération sera formalisée à travers la coopération diplomatique européenne à partir de 1970 mais elle existe également sous des formes plus informelles, par le biais de rapports familiaux, financiers et intellectuels entre individus.

L’étude de ces réseaux formels et informels doit permettre de donner un nouveau relief à la « machine diplomatique », en général, et à la « prise de décision », en particulier. Certaines questions sont-elles été résolues par l’activation de ces réseaux ? Quel rôle jouent, dans ce cadre, les ministères des Affaires étrangères nationaux – comme facteurs d’accélération ou de résistance à cette « mise en réseau » des acteurs diplomatiques ? Les agents diplomatiques nationaux partagent-ils des représentations communes de l’Europe ?

Comment les pratiques diplomatiques sont-elles modifiées par la montée en puissance du multilatéralisme européen, de la diplomatie publique et de la diplomatie économique ?
Ce questionnement revient à appréhender sous un angle nouveau le travail des acteurs diplomatiques de 1919 à nos jours dans un cadre transnational et paneuropéen. Plusieurs axes de recherche méritent en particulier d’être suivis :

1. L’évolution du métier de diplomate dans un cadre européen :

sociologie, formation, compétences, évolution des activités/fonctions dans les postes bilatéraux et multilatéraux européens, évolution des ministères des Affaires étrangères face à l’intégration européenne, transferts d’expérience entre appareils diplomatiques nationaux en Europe, exportation d’un modèle diplomatique européen vers d’autres régions du monde.

2. Les représentations de l’Europe unie chez les acteurs de la politique étrangère

phénomènes générationnels, engagements militants ; clivages nationaux ou transnationaux sur le projet européen ; résistances à l’intégration européenne ; les représentations à l’épreuve des faits : les difficultés de la coopération diplomatique à l’échelle européenne.

3. Les réseaux formels et informels transnationaux entre acteurs de la politique
étrangère

liens de solidarité et liens familiaux entre diplomates européens, y compris en temps de conflits (maintien de contacts entre pays en guerre ; sociabilités diplomatiques au-delà du rideau de fer en temps de guerre froide ; rôle des groupes de contact dans le règlement de conflits localisés) ; le rôle de forums informels dans la mise en réseaux des acteurs (associations, revues, mouvements européistes, etc.).

4. De nouvelles pratiques diplomatiques à partir des années 1970 ?

tentatives de convergence et de mutualisation des diplomaties nationales : l’émergence d’un « milieu diplomatique européen » au sein des institutions européennes (Parlement, Commission, postes extérieurs) ; montée en puissance de la diplomatie publique, et nouvelles formes de la diplomatie économique et commerciale ; pratiques de mutualisation entre les délégations de l’UE et les ambassades bilatérales ; émergence de la figure du Haut Représentant pour la PESC ; transferts d’expérience vers les pays de l’Europe anciennement communistes ; développement du Service Européen d’Action Extérieure (SEEA).

4. Partenaires institutionnels

  • Université catholique de Louvain (UCL) et Université de Liège (Ulg) (Centre d’étude d’histoire de l’Europe contemporaine – CEHEC et groupe de contact FRS-FNRS « Belgique et mondes contemporains »)
  • Paris I / Paris IV (UMR IRICE et Labex EHNE)
  • Association « Diplomatie et Stratégie »

5. Comité scientifique

  • Laurence Badel (Paris I)
  • Eric Bussière (Paris IV)
  • Björn-Olav Dozo (FNRS/ULg)
  • Michel Dumoulin (UCL)
  • Vincent Genin (ULg)
  • Johannes Grossmann (Tübingen)
  • John Keiger (Cambridge)
  • Catherine Lanneau (Ulg)
  • Christian Lequesne (Sciences Po)
  • Thomas Raineau (Paris IV)
  • Philippe Raxhon (ULg)
  • Pierre Tilly (UCL)
  • Matthieu Osmont (ICFA Tübingen)
  • Maurice Vaïsse (Sciences Po)

6. Soumission de la candidature et délais

  • Les propositions de communications sont attendues avant le mardi 30 septembre 2014 à l’adresse email : colldiplo2015@gmail.com
  • Les propositions de communication ne doivent pas excéder les 500 mots et devront être accompagnées d’une courte présentation de l’auteur, d’un CV et d’une liste de publications.
  • Les candidatures retenues seront annoncées le 1er décembre 2014. Les textes des communications retenues devront nous parvenir avant le 15 février 2015.
  • Les frais de séjour seront pris en charge. Les demandes de subsides couvrant totalement ou partiellement les frais de déplacement peuvent être soumises et seront traitées au cas par cas.

7. Organisation

  • Vincent Genin (doctorant à l’Université de Liège)
  • Matthieu Osmont (docteur, directeur de l’Institut culturel franco-allemand de Tübingen)
  • Thomas Raineau (doctorant à l’Université Paris IV Sorbonne)
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Journée d’études ‘Critique d’art et nationalisme’

Affiche 'Critique d'art et nationalisme'Dans le cadre de l’axe 7 du LabEx EHNE, les doctorants du Centre André Chastel (Carole Rabiller et Jonathan Lévy, avec l’aide de Thierry Laugée, maître de conférence) organise la journée détudes ‘Critique d’art et nationalisme’, les 18 et 19 avril.

La critique est, en histoire de l’art, l’un des miroirs identitaires d’une nation, une conséquence d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres, admises et acceptées, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français apprennent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Cette journée d’étude vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle. Il s’agira d’appréhender le discours sur l’art comme participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation. Au travers des commentaires de salons, des comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art, il est attendu des intervenants qu’ils proposent des communications portant sur la question des « transferts culturels » européens, et leurs conséquences sur la construction et la diffusion des stéréotypes nationaux, culturels ou encore ethniques. Ce faisant, nous verrons s’il est possible d’analyser les supports et les logiques de mouvement ou de réappropriation entre deux espaces culturels définis : la France et le reste de l’Europe. L’étude des interactions artistiques entre ces différentes cultures et sociétés – ainsi que les fractions et les groupes qui les composent – dans leur dynamique historique, visera à rendre compte des conditions qui ont marqué leur déclenchement et leur construction.

Le programme de la journée est désormais disponible.

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Colloque: « Soleils baroques »

« L’immense « Gloire » de Gian Lorenzo Bernini qui surmonte la Cattedra de Saint-Pierre de Rome est devenue l’emblème triomphant d’un « baroque » romain à vocation universelle. Sa réalisation, inédite dans ses formes, est contemporaine des innombrables cours célestes et « Gloires divines » des coupoles qui se multiplient dans la capitale de la chrétienté à partir des années 1620. Elle est annoncée par les dispositifs éphémères des célébrations des Quarante Heures des années 1630-40 où s’illustrèrent déjà Gian Lorenzo Bernini, Pietro da Cortona ou Carlo Rainaldi, et précédée, plus lointainement encore, par l’ambition analogue qui était celle des multiples Pantocrator sur fonds d’or byzantins, ravennates ou siciliens.

Associée soit aux personnes trinitaires, soit à l’eucharistie, soit à la transfiguration, soit à la Vierge, soit à l’apothéose des saints de la Contre-Réforme, la Gloire est devenue l’objet quasi-obligé d’innombrables sanctuaires européens des XVIIe et ou XVIIIe siècles: de Rome à Paris, Madrid, Anvers ou Munich.

Associée au domaine religieux, cette symbolique solaire a été également exploitée dans le domaine monarchique et civil : des Barberini ou de la couronne espagnole à l’inévitable «Roi-Soleil», en passant par les «Gloires» et autres «Triomphes» ou «Apothéoses» des grandes familles aristocratiques, Républiques ou États européens.

Ultime et surprenante métamorphose, ce motif, réélaboré sous la Révolution française sous la forme d’un triangle rayonnant autour d’un œil omnivoyant, se retrouvera au sommet de la Déclaration des droits de l’homme et
du citoyen en 1789… Associant historiens de l’art et historiens de la période moderne, cette rencontre se propose de revenir sur la genèse, la fortune, les dispositifs concrets et, surtout, les effets de sens de la Gloire.

Le colloque, accueilli en novembre 2013 à l’Académie de France à Rome, sera suivi d’une journée d’étude qui se déroulera à l’université de Rouen en mai 2014.

Télécharger le programme en italien ou en français.

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