Professeur invité : Yaman Kouli

Yaman Kouli a fait des études d’histoire, d’histoire économique et de droit dans les universités de Bielefeld (Allemagne), de Paris VII-Denis Diderot et de Poznań (Pologne). Pendant ces cinq années, il a également appris le polonais à l’Institut national des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Après avoir terminé ses études, il a commencé une thèse de doctorat sur le développement industriel de la Basse-Silésie (1936-1956) – une région polono-allemande – et les effets économiques de l’expulsion de la population allemande sur le niveau de production.

En 2011, il est devenu assistant de recherche du Prof. Rudolf Boch à l’Institut d’histoire européenne de l’université polytechnique de Chemnitz puis a reçu en 2012 une fellowship du Centre scientifique des sciences sociales (Berlin) où il s’est consacré à l’analyse de « l’économie du savoir » et à la question de la nécessité d’une mobilité croissante des entreprises et des travailleurs dans l’économie moderne.

Le projet auquel Yaman Kouli veut se consacrer pendant son séjour au sein du LabEx « Écrire une nouvelle histoire de l’Europe » et de l’UMR SIRICE traite de l’intégration économique en Europe avant la Grande Guerre. Tandis que la plupart des sociologues considèrent l’intégration européenne comme un phénomène dont les racines remontent aux années 1950, un grand nombre d’historiens s’accordent pour estimer qu’elle a en réalité commencé pendant le dernier tiers du long XIXe siècle, à un moment où se manifestent simultanément l’Etat-Nation, la première vague de la mondialisation, l’internationalisme et le début de l’intégration européenne moderne. C’est aussi l’époque où s’amplifie la coopération internationale au niveau des techniques et où se développent les réseaux parmi les scientifiques, les intellectuels et plus largement la bourgeoisie. Or s’il est relativement facile d’analyser chacun de ces phénomènes considéré de façon isolée, il est beaucoup plus compliqué de déchiffrer les relations observables entre ces quatre développements.

Jusqu’à récemment, la coopération européenne a été considérée comme une partie de l’internationalisme. Dans son projet, M Kouli teste l’hypothèse selon laquelle ce processus a été une stratégie devant servir à l’établissement de règles communes qui sont in fine devenues obligatoires au niveau international. En raison de la croissance du commerce international, la concurrence est devenue plus forte. La dépendance au marché mondial a intensifié la concurrence des prix dans les pays participant à la mondialisation de l’économie. Les entreprises ont donc été forcées de réagir et d’élaborer une stratégie. Elles ont pu soit essayer de produire à moindre coût, soit trouver à développer des produits innovants. Cependant, la croissance de l’économie du savoir a accru le risque de vol des innovations. Dans ce contexte, alors que les entreprises devaient décider ou non de prendre le risque d’investir dans les innovations et le capital humain, les accords européens garantissant un environnement stable ont permis de sortir de ce dilemme.

Ces accords ont joué deux rôles. Premièrement, ils ont mis en place des standards européens ainsi que des règles économiques stables. Ils ont réduit le risque d’une économie dans laquelle chaque entreprise fait tout afin de produire moins cher que l’autre, quelles que soient la qualité des produits et les conditions de travail. Sur cette base, les entreprises ont pu investir dans le « capital humain » et dans la recherche et le développement afin de se lancer dans des innovations fondées sur le savoir. Deuxièmement, ils ont joué un rôle dans les relations avec le monde non-européen. Par l’établissement de règles communes dans un monde qui était en train de se mondialiser, ils ont servi à éviter une concurrence des prix trop intensive.

La deuxième partie du projet se concentre sur l’intégration européenne économique de 1900 à nos jours. On sait que le marché mondial avant 1914 était dominé par l’Europe et les États-Unis et la croissance du commerce mondial est bien documentée. Cependant, la littérature existante n’a pas permis d’analyser le cas de pays spécifiques. Par conséquence, un but de ce projet consiste à développer une méthode permettant de mesurer l’intégration économique de l’Europe. De cette manière, il sera possible de comparer les niveaux de l’intégration économique européenne avant la Grande Guerre et après la Deuxième Guerre mondiale. Un tel indice pourrait enrichir la discussion sur le développement de l’intégration européenne.

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Appels à contributions de l’Encyclopédie pour une Histoire Nouvelle de l’Europe.

L’Encyclopédie EHNE est à la recherche de nouveaux auteur.es :

L’Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe cherche de nouveaux auteur.es pour enrichir les entrées de ses différentes thématiques :

  • L’Europe comme civilisation matérielle
  • L’Europe dans une épistémologie du politique
  • L’humanisme européen
  • L’Europe, les Européens et le Monde
  • L’Europe des guerres et des traces de guerres
  • Une histoire genrée de l’Europe
  • Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen

Il s’agit d’écrire de courtes notices (7000 signes), à destination d’un large public et proposant une réflexion nouvelle sur l’histoire européenne. Ces dernières seront traduites en anglais (et en allemand à moyen terme) et pourront faire l’objet de valorisations pédagogiques et scientifiques dans le cadre de nos différents partenariats (Maisons de l’Europe, Toute l’Europe, Laboratoire d’Innovation Pédagogique sur l’Europe).

Nous vous proposons de contribuer à ce projet en rédigeant une notice sur l’un des thèmes suivants :

 

Axe 1 – L’Europe comme civilisation matérielle

Pour l’ensemble thématique « Le tourisme en Europe », la notice :

  • « Mobilités et destinations touristiques en Europe de l’Est »

Personne à contacter : labexehne1@gmail.com

Axe 2 – L’Europe dans une épistémologie du politique

Pour l’ensemble thématique « Les modèles politiques pour faire l’Europe », les notices :

  • Les gauches radicales en Europe (Les modèles politiques pour faire l’Europe)
  • Européisme et internationalisme (Les modèles politiques pour faire l’Europe)

Pour l’ensemble thématique « Liberté et citoyenneté en Europe », la notice :

  • Les frontières de l’Europe

Personne à contacter : marielevant@yahoo.fr

Axe 3 – L’humanisme européen

Pour l’ensemble thématique « Les humanistes et l’Europe – mythes et réalités de l’Europe de la Renaissance »,

  • Le mécénat princier dans l’Europe de la Renaissance

Pour l’ensemble thématique « Les espaces parallèles de l’Europe de la Renaissance », la notice :

  • L’utopie dans l’Europe de la Renaissance (de Thomas More à Campanella)

Pour l’ensemble thématique « Projets d’Europe unie », la notice :

  • Les Etats-Unis d’Europe

Personne à contacter : humanisme.ehne@gmail.com

Axe 4 – L’Europe, les Européens et le monde

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la régulation juridique des relations internationales », les notices :

  • Les traités inégaux avec la Chine
  • La cour européenne des droits de l’homme

Pour l’ensemble thématique « L’Europe et la traite Atlantique », la notice :

  • Les Européens et l’abolition de la traite (des Noirs)

Personne à contacter : labexehne4@univ-nantes.fr

Axe 5 – L’Europe des guerres et des traces de guerre

Pour l’ensemble thématique « Violences de guerre », la notice :

  • Tuer

Pour l’ensemble thématique « Objets et aspects matériels de la guerre », la notice :

  • Décorations

Pour l’ensemble thématique « Combattants », la notice :

  • Désobéir à la guerre : mutins, déserteurs, réfractaires

Personne à contacter : labexguerres@gmail.com

Axe 6 – Une histoire genrée de l’Europe

Pour l’ensemble thématique « La prostitution (XIXe-XXIe siècles) : De la traite des blanches à la traite des êtres humains », la notice :

  • La prostitution coloniale

Pour l’ensemble thématique « Genre et circulations en Europe », la notice :

  • Le genre des migrations dans l’Union européenne (du traité de Maastricht à aujourd’hui)

Pour l’ensemble thématique « Gagner sa vie en Europe, une affaire de genre », la notice :

  • Genre et monde rural

Personne à contacter : genreeurope@gmail.com

 

Modalités de proposition :

Les personnes intéressées sont invitées à contacter les responsables éditoriaux des notices faisant l’objet d’un appel. Elles soumettront à cet effet un résumé de 80 mots qui synthétisera les principaux éléments de la notice et insistera sur la dimension européenne du sujet et son intérêt pour une histoire nouvelle de l’Europe.

Description du projet :

ehne.fr est une Encyclopédie bilingue et numérique pour une histoire nouvelle de l’Europe. Elle est l’un des projets phares du LabEx EHNE (Ecrire une Histoire nouvelle de l’Europe) et propose des approches transversales de l’histoire européenne du genre, des guerres, de l’art, des circulations et des réseaux, des grandes idéologies et débats politiques. Elle s’intéresse aux fondements culturels et religieux de l’Europe et porte un regard sur les relations entre l’Europe et le monde.

Destinée aux citoyens, aux chercheurs, aux étudiants, l’encyclopédie numérique offre un contenu innovant sous un format original, fruit de la recherche actuelle :

  • des notices de synthèse rédigées par des spécialistes qui proposent de nouvelles façons de découvrir, de penser et d’étudier l’histoire de l’Europe.
  • Différents supports multimédia enrichis d’illustrations issues de fonds iconographiques inédits et de vidéos provenant des fonds de l’Institut national de l’audiovisuel.

Dans cette perspective, elle offre aux enseignants de nombreux outils de valorisation pédagogique.

 

Comité de rédaction de l’Encyclopédie EHNE :

Éric Anceau
Alain Beltran
Lucien Bély
Éric Bussière
Virginie Chaillou-Atrous
Pierre Couhaut
Denis Crouzet
Olivier Dard
Corine Defrance
Christine Gouzi
Cyril Grange
Stanislas Jeannesson
Anne Jusseaume
Élinor Kelif
Léonard Laborie
Marie Levant
Antoine Marès
Hélène Miard-Delacroix
Fabrice Micallef
Jeanne Moisand
François-Xavier Nérard
Laurence Nye
Simon Perego
Clyde Plumauzille
Yannick Ripa
Mathilde Rossigneux-Méheust
Claire Sanderson
Dany Sandron
Guillaume Tronchet
Fabrice Virgili
Tom Williams

Éditrice

Sonia Bledniak

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Chaire d’excellence : Johannes Paulmann (axe 2)

Johannes Paulmann est l’un des deux directeurs de l’Institut d’histoire européenne de Mayence (Institut für europäische Geschichte Mainz), institution partenaire du LabEx EHNE depuis 2015, et professeur d’histoire contemporaine à l’université Johannes Gutenberg de Mayence. Il a été professeur invité à l’université de Montréal, à la London School of Economics et à l’université d’Oxford. Ses recherches portent sur les phénomènes et les acteurs transnationaux en Europe ainsi que sur l’histoire de l’aide humanitaire. Il achève par ailleurs actuellement un ouvrage de synthèse sur la croyance dans le progrès en Europe entre la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle. A l’Institut d’histoire européenne, il co-dirige, avec Irene Dingel, l’encyclopédie d’histoire européenne en ligne « Europäische Geschichte Online », encyclopédie jumelle de l’Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe du LabEx EHNE.

Il a notamment publié : Die Haltung der Zurückhaltung: Auswärtige Selbstdarstellungen nach 1945 und die Suche nach einem erneuerten Selbstverständnis in der Bundesrepublik, Bremen, KaisenStiftung, 2006 ; Pomp und Politik: Monarchenbegegnungen in Europa zwischen Ancien Régime und Erstem Weltkrieg, Paderborn, Schöningh, 2000 ; Staat und Arbeitsmarkt in Großbritannien: Krise, Weltkrieg, Wiederaufbau, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht,  1993.

Accueilli au sein de l’axe 2 « Epistémologie du politique » de mars à juin 2018, il donnera plusieurs séminaires sur les questions migratoire et humanitaire aux XIXe et XXe siècles, et aidera à la tenue d’un atelier sur les perspectives de recherche offertes par l’histoire de l’humanitaire en Europe et au Moyen-Orient. Il présentera également le projet de l’encyclopédie « Europäische Geschichte Online » et les tendances récentes de l’historiographie allemande.

 

Séminaire Migrations et mobilités en Europe aux XIXe et XXe siècle
Nous organisons avec Johannes Paulmann le séminaire Migrations et mobilités en Europe aux XIXe et XXe siècles.
La première séance s’est tenue, avec Delphine DIAZ, vendredi 30 mars, et a porté sur Les réfugiés politiques en Europe, XIXe-XXe siècles.

La deuxième séance se tiendra le jeudi 12 avril, de 17h à 19h, à l’Institut Historique allemand, et portera sur Translocalisme et fluidité des frontières. Johannes Paulmann interviendra en anglais et la discussion se tiendra en français.

La troisième séance se tiendra le mardi 22 mai, de 10h à 12h, à la Maison de la Recherche, et portera sur L’humanitaire et les médias, XIXe-XXe siècles. Johannes Paulmann interviendra encore en anglais et la discussion se tiendra en français.

Ce cycle se terminera par l’atelier L’humanitaire : nouveau champ pour une histoire nouvelle de l’Europe, qui se tiendra courant juin.

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8 mars 2018 : journée internationale des femmes

A l’occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars, le LabEx et Mnemosyne participent à de nombreuses manifestations pour présenter l’ouvrage de l’axe 6 : L’Europe des femmes.
  • Mer 7 mars (19h30-21h00) : conférence-débat à la maison Henrich Heine (Cité internationale universitaire de Paris), par Anne-Laure Briatte et Fabrice Virgili.
  • Jeu 8 mars (18h) : présentation de l’ouvrage L’Europe des femmes par Véronique Garrigues, médiathèque municipale de Lavaur
  • Jeu 8 mars (17h30-19h30) : séminaire franco-britannique d’histoire autour de Myriam Boussahba-Bravard (Université Paris Diderot, Larca-UMR8225) et de ses récentes publications sur l’histoire des femmes et du genre : Les femmes dans les expositions internationales 1878-1937 (Routledge, 2017), et l’ouvrage collectif issu d’une collaboration entre EHNE et Mnémosyne, L’Europe des femmes 18e-21e siècle (Perrin, 2017), Maison de la Recherche de l’université Paris IV-Sorbonne, salle 040
  • Ven 9 mars (9h05-10h): Julie Le Gac est invitée dans « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture pour parler du Livre « L’Europe des femmes ».
  • Mar 13 mars (20h30) : présentation intitulée « L’Europe des femmes – Mots et images de discriminations, de combats et de conquêtes », par Louis-Pascal Jacquemond et Anne Jusseaume, dans le cadre de la « Semaine Elles », Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire, Blois.
  • Mer 14 mars (19h-20h30) : Julie Le Gac et Louis-Pascal Jacquemond présenteront l’ouvrage « L’Europe des femmes » sur Fréquence Paris Plurielle dans l’émission « Les Oreilles loin du Front » (rediffusion le vendredi à 8h30).
  • Ven 16 mars (12h30 et 16h) : présentation par Anne-Laure Briatte et Fabrice Virgili au Conseil de l’Europe, Strasbourg, dans le cadre des événements organisés à Strasbourg en mars autour du thème « 1918-2018 : Où sont les femmes ? ». Ils seront également présents à la librairie Kléber à 16h pour une présentation de l’ouvrage.
  • Lun 19 mars (8h05-8h55) : visio conférence de Fabrice Virgili avec la classe de 5°4 du collège de Montréjeau et ouverte au public, pour débattre de l’ouvrage, salle 201 du collège de Montréjeau.
  • Mer 21 mars (17h30-19h30) : table ronde animée par Agathe Bernier-Monod (Université Bordeaux-Montaigne ), Anne-Laure Briatte (Sorbonne-Université), Véronique Garrigues (Association Mnémosyne), Nicolas Patin (Université Bordeaux-Montaigne), Dominique Picco (Université Bordeaux-Montaigne), Université Bordeaux-Montaigne, amphi de la Maison de l’Archéologie
  • Jeu 22 mars (18h) : Dominique Picco et Nicolas Patin de l’université Bordeaux Montaigne ainsi que Agathe Bernier-Monod et Anne-Laure Briatte de l’université Paris-Sorbonne, Librairie Georges à Bordeaux
L’ouvrage est également disponible en présentation vidéo en 3min par Julie Le Gac et Fabrice Virgili.

 

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La diffusion des produits ultramarins en Europe (16e-18e siècle)

M. VILLERET, M. MARTIN, « La diffusion des produits ultramarins en Europe (16ème – 18ème siècle) », n° 60 de la collection Enquêtes et Documents, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2018.

 

Marguerite MARTIN, docteure en histoire moderne de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Maud VILLERET, docteure en histoire moderne de l’Université de Nantes et membre associée au CRHIA (Université de Nantes), viennent de publier le numéro 60 de la collection Enquêtes et Documents. (suite…)

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Appel à communication : L’argent immoral et les profiteurs de la guerre (1870-1945)

Cet appel à contributions concerne un colloque sur l’argent immoral et les profits de guerre dans des périodes de conflits et de sorties de guerre, en Europe, de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. Ce colloque s’inscrit dans une série de manifestations scientifiques organisées par un groupe international de recherche sur la corruption politique. Plus concrètement, il s’agit d’un projet franco-allemand, en partenariat entre les universités de Paris-Sorbonne, d’Avignon, de Darmstadt et de Francfort (projet POCK2, ANR-DFG). Ce projet est soutenu par des équipes de l’université autonome de Barcelone, du New Europe college (Bucarest) et de l’université libre d’Amsterdam, dans le cadre du GDRI « politique et corruption » (GDRI 842 CNRS).

En France, la question des profits de guerre a fait déjà l’objet de travaux dans le cadre de recherches sur l’épuration économique après le second conflit mondial, et ce tout spécialement dans le cadre du groupement de recherche (GDR) 2539 du CNRS « Les entreprises sous l’occupation ». En regard, les conflits de 1870 et de 1914-1918 ont été beaucoup moins étudiés. Le colloque entend se concentrer sur les accusations de corruption lancées contre les entreprises qui ont réalisé des profits élevés en temps de guerre ou immédiatement après. Les exemples français et allemands seront privilégiés mais sans exclusive. D’autres cas pourront être présentés et étudiés, pour des pays de l’aire européenne entre le dernier tiers du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle.

Le poids des guerres comme temps forts historiques généraux n’a pas besoin d’être souligné. On relèvera cependant toute leur importance pour ce qui concerne les systèmes de normes publiques à l’heure où la contradiction potentielle entre gains individuels et intérêt collectif est exacerbée. Dans un tel contexte, des sacrifices considérables sont accomplis au nom du salut national et de la collectivité et le patriotisme est exigé de chacun. Dans le même temps, une dynamique économique particulière voit le jour : les décisions se prennent dans un temps accéléré et devant des horizons marqués par une grande incertitude, les dépenses publiques augmentent de façon considérable et beaucoup d’argent est injecté dans le système. En conséquence, les gains, souvent élevés, peuvent être réalisés à faible coût par des acteurs individuels dans certains secteurs (notamment les fournitures aux armées). Les réseaux d’influence employés pour obtenir de tels résultats ont une importance cruciale. C’est surtout après les guerres perdues que les succès des profiteurs de guerre paraissent inadmissibles aux yeux d’une majorité. Sont alors visées des marges bénéficiaires jugées exorbitantes et des gains spéculatifs, considérés comme d’autant plus scandaleux qu’ils ont pu être réalisés sur fond de pénuries. La thématique de « l’argent immoral » rencontre de ce fait un écho considérable qui invite à prendre toute la mesure de l’importance des sorties de guerres, au-delà des phases de guerres envisagées stricto sensu.

Les communications pourront porter sur différents registres.

En premier lieu, sur les débats publics autour de l’argent immoral et les pratiques dissimulées, aussi bien pour la guerre de 1870-1871 que pour la Grande Guerre et ses suites, mais aussi pour la seconde guerre mondiale et ses suites, spécialement en dehors du cas français. Enfin, d’autres conflits pourront être envisagés. La question des indemnités comme des réparations et les controverses comme les scandales qu’elles engendrent pourra faire l’objet de contributions spécifiques.

En second lieu, il s’agira d’analyser les institutions qui ont pris en charge, au plan judiciaire politique et parlementaire le traitement de cette question. Un accent particulier pourra être porté sur les commissions d’enquêtes parlementaires qui se sont constituées à cette occasion.

En troisième lieu, même si l’objet est rendu très délicat, en particulier pour le cas français à cause de l’absence de normalisation des comptabilités d’entreprises (le plan comptable ne fut créé qu’en 1941), il conviendra de chiffrer le montant de ces bénéfices tant au niveau des entreprises que des branches.

 

Sélection scientifique :

Les propositions de contributions ne pourront pas excéder 1500 signes. Elles devront être envoyées jusqu’au 1er mars 2018 à frederic.monier@univ-avignon.fr et olivierdard@orange.fr. Ces propositions pourront être envoyées en anglais et en français.

Un comité scientifique composé de Olivier Dard, Jens Ivo Engels, Silvia Marton, Cesare Mattina, Frédéric Monier et Gemma Rubi sélectionnera les propositions qui seront retenues.

 

Organisation pratique :

Le colloque aura lieu les 29 et 30 mai à la maison de la recherche de l’université Paris-Sorbonne. Les voyages et hébergements des intervenants seront pris en charge.

 

Fichier à télécharger : Appel Argent immoral rev Frédéric
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Appel à communication : Workshop : Qu’est-ce qu’un homme chrétien ?

Qu’est-ce qu’un homme chrétien ?
Masculinités et engagements, Europe, du XIXe siècle à nos jours

 

Workshop organisé dans le cadre de l’axe 6 « Genre et Europe » du LabEx EHNE

Il se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018.
Les propositions de communication doivent être envoyées pour le 1er mars 2018.

Quels sont les liens entre construction des masculinités, pratiques religieuses et engagements politiques dans l’espace européen du XIXe siècle à nos jours ?

Une attention à l’engagement religieux des hommes pourrait enrichir notre compréhension de la construction des masculinités d’une part, et du politique d’autre part, en tentant de dégager des logiques transnationales. Ces engagements s’inscrivent tout à la fois dans l’espace public et l’espace privé, en portant une attention à la famille, peu étudiée sous cet angle. 

Engagements politiques et croyances religieuses au masculin

Dans l’historiographie française, le schéma narratif dominant trace l’histoire d’un recul progressif du religieux au profit du politique à partir des libéralismes nés de la Révolution française (utilisation en histoire du concept de sociologie de « sécularisation »). Dans cette perspective, les travaux ont insisté sur la « féminisation » de la religion en Europe et l’éloignement des hommes de la pratique religieuse (Fouilloux, 1995).

L’histoire politique dresse, quant à elle, le portrait d’un anticléricalisme porté par les hommes soucieux de défendre leur autonomie de pensée et les valeurs démocratiques face à des religions féminisées et contrôlées par des clercs à la masculinité problématique (Healy, 2001). Ce récit n’a pas réellement questionné, avec plus de nuances, le lien entre religion, masculinité et politisation. “L’homme anticlérical” est quelque part devenu un lieu commun peu interrogé (Lalouette, 2001).

Du côté de l’histoire des femmes puis du genre, les travaux se sont intéressés aux modalités de politisation des femmes via l’engagement religieux, réponse à leur exclusion de la sphère du suffrage. La question des hommes liant engagement politique et religieux reste peu traitée, à l’exception peut-être de travaux éclairant les tentatives post-révolutionnaires de conciliation entre religion, modernité politique et masculinité (Harrison, 2014).

Étudier ces questions à l’échelle européenne permettrait de sortir de ces analyses en les confrontant à la diversité des régimes politiques et des situations confessionnelles. Plusieurs chercheurs ont commencé à s’atteler à ce travail, notamment dans les espaces germanique (Healy 2001, Verhoeven 2008), ibérique (Blasco Herranz 2003, Minguez Blasco 2012), ou encore en Europe du Nord (Werner, 2011). Leurs travaux montrent un lien structurel différencié selon les pays d’Europe entre les identités de genre, nationales et confessionnelles. L’approche comparatiste permettra de confronter les historiographies et de tenter des hypothèses communes.

Pratiques religieuses et définition des masculinités

Considérant comme une évidence la prise de distance des hommes à l’égard de la pratique religieuse, l’historiographie perd souvent de vue que l’on parle principalement du culte dominical. Or, dans les différentes confessions chrétiennes, il ne s’agit que d’une activité religieuse proposée par les Églises parmi un panel bien plus large. D’autres propositions comme les pèlerinages ou les processions sont, par exemple, mixtes. Des engagements de différents types et natures (électoral, syndical, associatif) peuvent aussi être des lieux de défense et d’adhésion des hommes à des idéaux et des valeurs religieuses. Il existe également des dévotions ou des exercices spirituels qui ont pour cadre l’espace privé masculin. Des travaux pionniers commencent par exemple à documenter la participation des hommes à des dévotions domestiques, comme celle au Sacré-Coeur en Belgique (Van Osselaer, 2013).

Plusieurs travaux ont montré que des femmes inscrivent leur engagement politique dans des gestes à valeur spirituelle (Della Sudda, 2007). Quelles pratiques religieuses définissent les hommes qui demeurent croyants ? Cela conduit à interroger ces dernières dans leurs dimensions spirituelles et dévotionnelles mais également dans leur dimension politique. En effet, les acteurs ne dissocient pas nécessairement religion et politique. Une telle réflexion nous pousse également à tracer le continuum qui peut exister entre engagement politique masculin et engagement politique féminin.

Des travaux ont depuis longtemps l’image d’ouvriers détachés de la religion et aujourd’hui l’approche intersectionnelle permet de renouveler les études de genre. Si les classes supérieures valorisent une identité masculine qui passe par une sociabilité particulière, par exemple dans les cercles de charité (Brejon de Lavergnée, 2008) , qu’en est-il dans les autres milieux sociaux ? Que signifie être un homme chrétien quand on est un paysan, un ouvrier, un bourgeois ou un noble ? De même, on peut s’intéresser à ce qui unit les hommes chrétiens au-delà de leurs classes sociales.

Pistes de réflexion

Les participants sont particulièrement invités à réfléchir sur les thèmes suivants, croisant identités masculines, croyances et engagements politiques :

  1. Engagement politique et identité religieuse : Dans plusieurs espaces européens, l’identité nationale revendique une dimension confessionnelle forte. Ainsi, le sujet modèle de l’Empire britannique est anglican tout comme le Prussien est luthérien, à l’inverse du citoyen français teinté d’anticléricalisme. La démocratisation conduit-t-elle nécessairement à une masculinité libre-penseuse et contestataire des autorités religieuses ? Comment les masculinités se construisent-elles dans les pays où le nationalisme passe par une religion d’État et où, plus généralement, l’appartenance religieuse est compatible avec la participation politique ? À l’inverse, en contexte de régime autoritaire ou totalitaire, la religion peut-elle être davantage investie par les hommes et devenir le support d’un refuge voire d’une résistance ?
  2. Le genre de l’athéisme, de l’agnosticisme ou de l’anticléricalisme : Les formes de distance vis-à-vis des Églises sont nombreuses : refus d’adhésion, fidélité sans croyance, ou combat déclaré contre le clergé. Ces différentes attitudes peuvent être relues grâce au concept de genre, pour intégrer ceux et celles qui les manifestent tout autant que les rhétoriques mobilisées. Les travaux sur la libre-pensée n’ont pas réellement interrogé le caractère genré de l’anticléricalisme. La virulence du discours et de la politique anticléricale renouvellent-elles en retour les processus d’identification des hommes ?
  3. Masculinités laïques et religieuses en guerre : les guerres et conflits militaires ouvrent des temps de crise propices à la reconfiguration des liens entre identités de genre et appartenance politique. En France, la camaraderie des tranchées crée un entre-soi masculin qui dépasse le clivage entre laïcs et clercs, qui avaient jusqu’ici interdiction de prendre les armes. Dans les guerres civiles et les résistances (guerre civile espagnole), les ministres du culte sont-ils des hommes comme les autres ? Plus généralement, est-ce que l’attachement religieux des hommes est compatible avec la définition du guerrier soumis à la loi martiale ? Le discours religieux peut-il devenir un élément de légitimation du combat ?
  4. Maris et pères chrétiens : Comment les hommes chrétiens se pensent-ils comme père et mari au sein de leur foyer et de la société ? Est-ce un élément secondaire ou essentiel du discours qu’ils tiennent sur eux-mêmes ? Comment le foyer est-il politisé par des engagements publics divers comme par exemple les ligues au tournant des XIXe et XXe siècles ? Dans un contexte valorisant de plus en plus l’espace domestique et familial, notamment par rapport à la vie religieuse, assiste-t-on à une nouvelle définition du rôle du père et du mari au sein du foyer ?
  5. Le genre des émotions, croyances et pratiques religieuses : À l’heure où se développent les approches d’histoire des émotions, il serait pertinent de s’interroger sur le lien entre les types de dévotion dominants et les régimes de genre. Par exemple, les dévotions du XIXe siècle insistent sur la dimension affective du lien à Dieu, fondé sur l’amour et sur la piété mariale : quelle a été la réception de ce modèle chez les hommes ? Comment une forme de dévotion considérée comme “féminine” a-t-elle pu être rejetée ou appropriée, par eux ? Dans quelle mesure le religieux vient-il reconfigurer les normes de la masculinité laïque ?

Calendrier et modalités de soumission :

Le workshop se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018. Les communications seront d’une demi-heure et un temps important sera laissé à la discussion.

Les propositions de communication, d’une demi-page et évoquant l’approche, la méthodologie et les sources mobilisées, peuvent s’inscrire dans un ou plusieurs axes. Elles doivent être accompagnées d’une courte biographie de l’auteur. Le comité valorisera les travaux de jeunes chercheurs et les recherches inédites, ainsi que l’exploration de nouvelles archives.

Les propositions et les communications peuvent être en français ou en anglais.

Les propositions de communication doivent être envoyées simultanément à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Anne Jusseaume (genreeurope@gmail.com) et Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr ), pour le 1er mars 2018. Une réponse sera donnée aux participants fin mars. 

Comité d’organisation :

Anthony Favier – Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA)
Anne Jusseaume – LabEx EHNE, UMR Sirice/Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)
Caroline Muller – LARHRA/Centre de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC)

Comité scientifique :

Matthieu Brejon de Lavergnée (Maître de conférences HDR à Sorbonne Université – Centre d’Histoire du XIXe siècle),
Bruno Dumons (Directeur de recherche, CNRS – LARHRA),
Julie Le Gac (Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, ISP/LabEx EHNE),
Manuela Martini (Professeure d’histoire moderne, Université Lyon 2 – LARHRA),
Florence Rochefort (Chargée de recherche au CNRS, GSRL – EPHE/CNRS),
Régis Schlagdenhauffen (Maître de conférences à l’EHESS – IRIS/LabEx EHNE)

Références citées :

  • Immaculada BLASCO HERRANZ, Paradojas de la ortodoxia, política de masas y militancia católica femenina en España (1919-1939), Zaragoza, Prensas universitarias, 2003, 433 p.
  • Matthieu BREJON DE LAVERGNEE, La Société de Saint-Vincent-de-Paul, 1833-1871 : un fleuron du catholicisme social, Paris, le Cerf, 2008, 713 p.
  • Magali DELLA SUDDA, Une Activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie : socio-histoire de la politisation des femmes catholiques au sein de la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et de l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), thèse d’histoire sous la direction de Laura Lee DOWNS et Lucetta SCARAFFIA, EHESS, Université de la Sapienza (Rome), 2007, 816 p.
  • Étienne FOUILLOUX, “Femmes et catholicisme dans la France contemporaine”, Clio, Histoire, femmes et sociétés, 2, 1995.
  • Carol E. HARRISON, Romantic catholics : France’s postrevolutionnary generation in search of a modern faith, Ithaca : Cornell University Press, 2014, 328 p.
  • Róisín HEALY, “Anti-Jesuitism in Imperial Germany : the Jesuit as Androgyne”, dans Helmut SMITH (éd.), Protestants, Catholics and Jews in Germany, 1800-1914, Oxford, New York, Berg, 2001, p. 153-183.
  • Jacqueline LALOUETTE, La Libre pensée en France, 1848-1940, Paris, Albin Michel, 2001, 636 p.
  • Raúl MÍNGUEZ BLASCO, “Monjas, esposas y madres católicas : una panorámica de la feminización de la religión en España a mediados del siglo XIX, Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amériques, 11, 2012.
  • Tine VAN OSSELAER, The Pious sex : Catholic constructions of masculinity and feminity in Belgium, c. 1800-1940, Leuven, University Press, 2013, 271 p.
  • Timothy VERHOEVEN, “Neither Male nor Female : the Jesuit as Androgyne 1843-1870”, Modern & Contemporary France, 16, 1, février 2008, p. 37-49.
  • Yvonne Maria WERNER (ed.), Christian masculinity : Men and religion in northern Europe in the 19th and 20th century, KADOC-Studies on Religion, Culture and Society, 8. Leuven University Press, 2011.
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Programme SPEscies

Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne

Projet financé dans le cadre du développement de l’IDEX SUPER – couvrant la période du 30 janvier 2017 au 30 juin 2018.

Le programme de recherche SPEscies est né d’une préoccupation commune de chercheurs en histoire de sciences, d’historiens de l’art et de conservateurs concernant un type de patrimoine négligé : les collections universitaires dédiées à la diffusion et à l’enseignement des sciences naturelles. Les collections que l’équipe a sélectionnées ont toutes la même caractéristique : ce sont des pièces manufacturées d’histoire naturelle, ayant été utilisées par des scientifiques, des enseignants ou des étudiants, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle dans les établissements universitaires.

Paradoxalement, ces pièces particulièrement prisées des collectionneurs aujourd’hui, ne trouvent plus leur place dans les institutions scientifiques et leurs espaces muséaux. Tandis que les conservateurs des muséums font constamment un effort de catalogage et d’inventorisation des spécimens naturels, les pièces artificielles sont exclues de ces nouvelles banques de données. Or ces objets n’ont pas été créés pour se substituer aux spécimens issus de la collecte mais pour les enrichir et les illustrer dans un but éducatif. Souvent laissées à l’abandon, certaines de ces pièces ont été égarées, la plupart reléguées dans les réserves et les espaces hors public, voire même jetées comme ce fut le cas, dans les années 1965, à l’UPMC.

L’enjeu du regroupement de l’équipe sciences dures et sciences humaines consiste à faire émerger véritablement un ensemble de collections et de recherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger et de recherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger.

Ainsi dans sa première phase, le projet SPESCIES s’attachera à l’étude historique, matérielle et épistémologique de ces pièces didactiques afin que les aspects liés à leur contexte de fabrication et d’utilisation justifient leur patrimonialisation. La seconde phase du projet consistera à rendre aux collections scientifiques leur caractéristique première liée à la tactilité et la manipulation didactique, dont la présentation embarrasse les conservateurs. Ce sont les modèles en bois et les planches iconographiques liées à l’apprentissage de la cristallographie de la collection de minéralogie du MNHN et les pièces clastiques servant à enseigner l’anatomie à l’UPMC et au MNHN. Celles-ci feront l’objet d’un processus de numérisation spécifique : concernant l’anatomie, chaque élément constituant un organe de la pièce démontable sera isolé pour être modélisé en 3D afin de pouvoir reconstituer et morceler virtuellement l’ensemble de l’objet. L’objectif ici est de permettre à l’utilisateur/visiteur de consulter, disséquer, manipuler l’objet face aux vitrines de présentation, sans entrer en contact avec les pièces originales.

L’ensemble des recherches menées par le programme sera divulguée au cours d’une série de séminaires et de journées d’études ouverts à tous au sein des établissements partenaires (MNHN, UPMC, INHA, BnF).

Coordination scientifique :
Thierry Laugée (Sorbonne Université)

Membres de l’équipe :
Frédérique ANDRY-CAZIN (OPUS)
Santiago ARAGON (Sorbonne Université)
Thomas CAZENTRE (BnF)
Dylan COURTIN (Sorbonne Université)
Jacques CUISIN (MNHN)
François FARGES (MNHN)
Thierry LAUGÉE (Sorbonne Université)
Tanguy LE ROUX
Arnaud MAILLET (Sorbonne Université)
Olivier VAYRON (Sorbonne Université)

Séances :

7 février 2018 – 18h
Biopic Animal
INHA

Plaquette à télécharger : PROGRAMME SPESCIES
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Vidéos du colloque « Être homosexuel-le en Europe au temps de la Seconde Guerre mondiale »

Les vidéos du colloque « Être homosexuel-le en Europe au temps de la Seconde Guerre mondiale » sont désormais en ligne sur Canal U.

Comment les hommes et les femmes homosexuels en Europe ont-ils vécu la Seconde Guerre mondiale ? Comment commémorer les persécutions subies ?

Il est désormais connu que durant la Seconde Guerre mondiale, des personnes homosexuelles ont été arrêtées et déportées en Allemagne. Cependant, des politiques anti-homosexuelles ont aussi été développées dans plusieurs autres pays d’Europe, que ceux-ci fussent ou non sous influence nazie.
Jusqu’à aujourd’hui, les modalités de ces politiques, l’ampleur des persécutions et la manière dont les villes et les Etats européens élaborent la mémoire de cette période n’ont été que peu questionnées. Et cela, alors que des monuments commémoratifs en souvenir des victimes homosexuelles sont de plus en plus nombreux à travers notre continent.

Colloque organisé le 27 mars 2015 par l’Axe Genre & Europe du LabEx EHNE  et par le Conseil de l’Europe. Homologué « 70e anniversaire de la Libération et de la Victoire ».

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La France en guerre dans le second XXe siècle. Représentations et mémoires contemporaines, 2000-2017

Appel à contribution
Journée d’étude – Sorbonne, 19 octobre 2018

En 2017, à respectivement 70 ans de la Seconde Guerre mondiale et 50 ans de la guerre d’indépendance algérienne, on peut être surpris par l’effervescence mémorielle qui, en ce début du XXIe siècle, rend présents, de façon inégale selon les conflits – trop de mémoire ici, pas assez là –, ces événements. L’héritage de ces passés, loin de concerner seulement l’histoire militaire, témoigne de l’évolution du regard à la fois historiographique et sociétal sur ces conflits, appréhendés par ailleurs de façon de plus en plus différentielle selon les générations impliquées.

Le 18 juin 1960, le général de Gaulle inaugure le Mémorial de la France combattante au mont Valérien, le 25 janvier 2005 le Mémorial de la Shoah est inauguré à Paris par le président Jacques Chirac tandis que le 16 octobre 2015, le premier ministre Manuel Valls inaugure le Mémorial du camp de Rivesaltes. Entre ces dates, la perception et la mémorialisation de la Seconde Guerre mondiale connaissent une évolution marquante : à la célébration de la mémoire de la résistance succède celle de la mémoire de la déportation au prisme d’un « devoir de mémoire » centré sur l’extermination des Juifs d’Europe tandis que, plus récemment, la crise des mémoires nationales héroïques génère une mémoire plurielle du second conflit mondial. De son côté, la guerre d’indépendance algérienne, qui fut longtemps une « non guerre », reste encore à la marge des politiques mémorielles qui tardent à lui assurer un régime de commémoration. Contrairement aux mémoires plurielles mais désormais consensuelles de la Seconde Guerre mondiale – de la Première d’ailleurs aussi –, cette mémoire encore fortement conflictuelle illustre la difficulté qu’a la société française, dans un contexte postcolonial, à accepter la pluralité des expériences guerrières.

Dans cette configuration, la journée d’étude invite à interroger les représentations – symboliques, politiques, architecturales, artistiques… – que ces conflits passés nourrissent depuis le début du XXIe siècle et à mettre en évidence des dynamiques mémorielles qui investissent l’espace public.

La manifestation prévue pour l’automne 2018 se place résolument dans le temps de la mémoire récente, à compter de l’an 2000.

Objets d’étude de la journée

Un premier objet d’étude portera sur les mémoriaux récemment ouverts en tant que « hauts-lieux de mémoire française ». Quelles sont les spécificités de ces différents mémoriaux sur les conflits du second XXe siècle impliquant la France ? Dans quelle mesure la genèse et la réalisation du mémorial traduisent-elles un consensus ou au contraire une vision encore conflictuelle autour de la mémoire de l’événement ? Cet axe s’intéressera également aux appropriations des mémoriaux, à leurs usages « vernaculaires » et, consécutivement aux mémoires, notamment envisagées à partir d’une perspective « vue d’en bas ».

Un second objectif de la manifestation sera de proposer une réflexion sur la/les manière(s) dont ces conflits – selon des durées, des modalités et des enjeux qui leur sont propres – marquent les créations plastiques contemporaines, mais aussi sur la/les manières dont les créations contemporaines sont des marqueurs de la mémoire. Dans quelle mesure la mémoire des conflits retenus se trouve-t-elle – en ce début du XXIe siècle – dans le travail d’artistes contemporains ? Plus fondamentalement, comment aborder aujourd’hui, en tant qu’artiste, la question de la représentation de la mémoire de la guerre et des guerres du second XXe ?

Un troisième axe de la manifestation s’intéressera au temps politique des représentations telles qu’elles ressortent des prises de parole politiques lors des inaugurations et des cérémonies commémoratives. Quelles lectures peuvent en être faites ? En quoi le temps court du politique intègre-t-il dans le très contemporain, autant qu’il peut l’instrumentaliser, la mémoire des guerres d’hier – mais aussi de la guerre en général ?

Axes de réflexion de la journée d’étude

I) Mémoriaux de guerre comme lieux de mémoire
– Comment se pense la représentation de la guerre (passée) au temps présent ?
– Quelle est la stratégie mémorielle adoptée ?
– Dans quelle mesure les mémoriaux récemment ouverts adoptent-ils une forme/enveloppe particulière (architecturale, scénographique, didactique…) qui contribue à ce qu’ils soient porteurs de nouvelles représentations de la mémoire ?

II) Mémoire des guerres et productions plastiques contemporaines
(2000-2017)
– Dans quelle mesure la mémoire des conflits du second XXe siècle inspire-t-elle depuis l’an 2000 le travail d’artistes ? En quoi le travail plastique de ces artistes s’inscrit-il dans des cycles de mémoire ?
– En quoi les œuvres d’art contribuent-elles elles-mêmes à faire évoluer les représentations du champ mémoriel des conflits du second XXe siècle ?
– Comment la création artistique contemporaine aborde-t-elle la question de la représentation de la mémoire de la guerre ?

III) Guerres d’hier, inaugurations d’aujourd’hui
– Quelles lectures des représentations des guerres d’hier mais aussi de la guerre en général peuvent être faites à partir des discours d’inauguration des mémoriaux ou des discours prononcés lors de commémorations ? Quel est le degré d’intégration de la recherche historique ?
– En quoi les discours d’inauguration font-ils événement : acteurs, destinataires, échelles (locale, nationale, européenne) ?
– En quoi la diversité des publics et les attentes sociales influencent-elles le discours produit ?

Fonctionnement de la journée d’étude

La manifestation aura lieu en Sorbonne. Pour les participants, les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge en tout ou partie. Les panels se dérouleront en deux parties : les thématiques seront d’abord abordées par des acteurs du champ, invités (directeurs de mémoriaux, architectes, artistes, politiques …), puis dans un deuxième temps par les interventions retenues. Les interventions seront de 15 mn.

Calendrier

12 mars 2018 : Date-limite de réception des propositions de communication
15 avril 2018 : Réponse aux propositions de communication
19 octobre 2018 : Journée d’étude

Format des propositions de communication

Les propositions de communication ne doivent pas excéder les 300 mots. Elles comporteront : nom et prénom, rattachement institutionnel (si existant), courriel, titre de la communication, court CV (2 pages maximum).
Contact : memoirescontemporaines@gmail.com

Comité d’organisation

Anne Bernou (anne.bernou@orange.fr)
Andrea Brazzoduro, University of Oxford (andrea.brazzoduro@sant.ox.ac.uk)
Fabien Théofilakis, Université de Paris I Panthéon Sorbonne (fabien.theofilakis@paris1-univ.fr)

Comité scientifique

Alya Aglan, Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Annette Becker, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
Raphaëlle Branche, Université de Rouen
Corine Defrance, CNRS – Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Laurence Bertrand Dorléac, Sciences Po Paris
Thierry Dufrêne, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, INHA
Robert Gildea, University of Oxford
Itzhak Goldberg, professeur émérite, Université Jean Monnet, Saint-Étienne
François-Xavier Nérard, Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Natalya Vince, Université de Portsmouth et EC H2020 Marie-Sklodowska Curie Global Fellow

Appel à télécharger : Sorbonne 19 octobre 2018 CFP
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