Modernization and Representations of Artillery in Europe

A battery of katyushas in action during the battle of Stalingrad, October 6, 1942. RIA Novosti archive, image #303890 / Zelma / CC-BY-SA 3.0.
Auteur-e-s: 

While gunpowder was not a European invention, the development of artillery contributed from the late Middle Ages onwards to the emergence of European states, together with a military culture specific to the continent as a result of circulating technical knowledge. Artillery also contributed to the development of a specific way of conducting and experiencing war which culminated in the two global conflicts. In doing so, it led throughout Europe to a particular experience of war and the trauma of destruction and left a lasting impression on the Europeans through its devastating power.

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Colloque international : La conférence de la paix de Paris, Les défis d’un nouvel ordre mondial

Ouverte dans un Paris portant encore les stigmates des bombardements de la guerre, la conférence de la paix de 1919-1920 frappe les esprits par son caractère cosmopolite et son ambition sans précédent. Là où le congrès de Vienne s’était donné pour tâche, en 1814-1815, la réorganisation de l’ordre européen, la conférence de Paris a bien en vue la redéfinition de l’ordre mondial.
Objet, dès son ouverture, de l’expression de doutes, voire de sarcasmes, la conférence n’en porte pas moins les grandes espérances du retour à la paix. Ses principes fondateurs – respect du droit, égalité souveraine des États, autodétermination, diplomatie publique –, les oppositions et les projets alternatifs qu’ils suscitent, ses décisions tranchantes ou ouvertes et leurs conséquences dramatiques, positives ou porteuses des nouveaux enjeux du siècle, seront au cœur des débats de ce colloque.

Comité de pilotage / Steering commitee
Laurence Badel (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Eckart Conze (Universität Marburg), Axel Dröber (Institut historique allemand), Jean-Michel Guieu (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Norman Ingram (Concordia University), Peter Jackson (University of Glasgow), Stefan Martens (Institut historique allemand), Matthias Schulz (université de Genève), William Mulligan (University College Dublin)

Lieux / Places :

Institut historique allemand / German Historical Institute
Hôtel Duret-de-Chevry
8 rue du Parc-Royal 75003 Paris

Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères / French Ministry for Europe and Foreign Affairs
Hôtel du ministre
37 quai d’Orsay 75007 Paris

Château de Versailles
Pavillon Dufour / Auditorium
Place d’Armes
78000 Versailles

Pour en savoir plus >

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Appel à communication : L’homme augmenté en Europe : rêve et cauchemar de l’entre-deux- guerres

Journées d’études
Lille, 12-13 décembre 2019
« L’homme augmenté en Europe : rêve et cauchemar de l’entre-deux- guerres »

LabEx EHNE Sorbonne Université
Chaire Ethique, technologie et transhumanismes – Laboratoire ETHICS (EA7446)
Université catholique de Lille

Présentation :

Le transhumanisme contemporain, né à la fin du XXe siècle, est souvent rapproché de précédents soit par les transhumanistes eux-mêmes, soit par les observateurs, critiques ou non. La période d’entre-deux-guerres concentre les filiations. Il peut s’agir de penseurs comme Julian Huxley, John Haldane ou Jean Coutrot. Il peut s’agir aussi de courants de pensée comme l’eugénisme considéré dans sa diversité. Doit-on théoriser là un proto-transhumanisme (Bostrom) ? En effet, pour Bostrom l’entre-deux-guerres porterait en germe, dans la pensée de nombre d’intellectuels de l’époque, toutes les caractéristiques du transhumanisme contemporain. Au contraire,

Umberto Boccioni, dessin pour Dynamisme d’un cycliste, 1913 (droits réservés)

pour nombre de critiques du transhumanisme, celui-ci ne serait qu’une reformulation de la pensée eugéniste de l’époque, et de ses aberrations. Ces rapprochements servent bien souvent des vues partisanes et n’aident pas forcément à y voir clair. Ils se confrontent à trois écueils : celui de réduire les filiations du transhumanisme à la généalogie d’une occurrence en se contentant de recenser celles et ceux qui en ont employé le terme, sans tenir compte qu’un mot ne dit pas tout ni toujours la même chose ; celui d’élargir indéfiniment le transhumanisme en y intégrant toutes les idées «progressistes», «technicistes», «futuristes» ou les imaginaires technologiques d’une époque, au risque de perdre finalement l’objet dans une nuit où toutes les vaches sont noires ; enfin, celui de rechercher dans le passé des conceptions actuelles du transhumanisme, et d’en interpréter les sources pour y découvrir les signes de présence de ce qu’on y projette.

Il semble cependant que s’immerger dans l’entre-deux-guerres permettrait de clarifier la réflexion. En effet, nombre de penseurs de l’époque, dans l’espace européen, ont porté le vœu d’élever l’homme au-delà de sa condition « naturelle » par différentes techniques, que celles-ci modifient les comportements, les corps, ou les aspirations humaines. Entre les deux guerres, des débats ont lieu un peu partout en Europe (France, Angleterre, Italie, Russie, Allemagne, Espagne…). Des intellectuels, des scientifiques, des industriels et politiques concourent à l’élaboration de discours qui configurent différemment les rapports entre le politique et le technologique. Certains mouvements ont déjà été bien balisés et étudiés. On y compte, entre autres, un certain nombre de régimes totalitaires qui visent, par la coercition politique, l’avènement d’un «homme nouveau» né de la refonte des structures sociales, économiques et culturelles de la nation. Les tenants de la pensée eugénique défendent pour leur part une configuration biopolitique (qui peut être aussi totalitaire), où la technologie et la politique s’absorbent mutuellement dans une mission de contrôle des naissances et de l’hérédité à des fins d’amélioration des populations. A ces deux premiers types de discours s’en rajoute un troisième, d’ordre capitaliste et technocratique, qui voit dans la rationalisation des politiques publiques, la gestion ingénieuriale des institutions et la diffusion des technologies au sein de l’espace social, les moyens privilégiés de la résolution des problèmes humains et d’une forme nouvelle d’épanouissement humain.

Au regard de cette première ébauche d’une typologie des régimes de pensée de l’entre-deux-guerres, rien ne permet a priori de conclure que l’époque portait en ses germes tous les traits du transhumanisme actuel, ou que ce dernier ait procédé de l’un de ces courants d’idées à l’exclusion des autres. Cette incertitude historique demande de réinterroger les sources du transhumanisme, à l’écart des écueils mentionnés plus haut : l’homme augmenté du transhumanisme serait-il né à l’occasion de rencontres entre penseurs de l’homme nouveau (systèmes totalitaires), de l’homme sélectionné (pensée eugénique) ou de l’homme domestiqué par la technique (régime technocratique) ? Si tel est bien le cas, pourrait-on isoler ces rencontres, et retracer l’histoire des idées auxquelles elles ont donné naissance ? A moins que l’histoire des idées de l’entre-deux deux-guerres puisse permettre d’isoler l’apparition d’un courant d’idées qui ne procède pas des idéologies modernes de l’homme nouveau, de l’homme sélectionné ou de l’homme domestiqué – bien qu’il leur fut contemporain et en fut inévitablement marqué. Mais quels seraient les représentants historiques de ce courant et leurs interactions avec les autres intellectuels de leur époque ? Quels seraient les traits distinctifs, les sources et la nature d’un tel mouvement transhumaniste sur la période étudiée, si tant est qu’il puisse se distinguer des autres imaginaires anthropologiques de l’époque ? Si nous formulons l’hypothèse que certains travaux de

Jean Coutrot, de John Haldane ou de Julian Huxley pourraient être considérés comme les précurseurs d’un tel mouvement de pensée (lequel n’aurait peut-être que peu de ressemblance avec nos représentations présentes du transhumanisme), d’autres voix au plan européen ont pu contribuer à l’avènement d’une telle voie. Elles formeraient l’étoffe d’un réseau continental plus large qui demande encore d’être éclairci par l’analyse historique et philosophique.

Nous nous proposons d’ouvrir ce dossier par une enquête comparative entre les différents contextes européens. Cette enquête devra s’attacher à définir clairement les types de projets sur l’homme élaborés dans l’entre-deux-guerres, leur nature, le sens des mots mobilisés par les discours qui se sont approprié cette question sur le continent européen. L’enquête proposée doit porter sur la circulation des idées, des réseaux et des échanges humains qui les ont rendu possibles. Elle aura pour objectif, d’une part, de détailler et de discuter l’hypothèse de l’émergence d’un courant de pensée « transhumaniste » dans l’entre-deux-guerres et d’autre part d’en isoler les significations par rapport aux transhumanismes contemporains, quitte à en proposer une autre dénomination si nécessaire. L’enquête doit permettre d’autre part de baliser des critères d’identification d’un transhumanisme de l’entre-deux-guerres, en laissant ouverte la porte aux interrogations sur la nature de l’objet étudié : idée mobilisatrice, courant de pensée, école, imaginaire sociotechnique.

Soumettre un abstract

Les abstracts (500 mots maximum) peuvent nous être envoyés, en français comme en anglais, sous format MS Word à : franck.damour@univ-catholille.fr
Nous vous demandons de nommer et soumettre votre abstract de la manière suivante : Soumission : Prénom Nom. docx (ou.doc) /.pdf (Exemple : « Soumission : MaryAndy.docx »)

Echéances

Les abstracts peuvent être soumis jusqu’au 25 juin 2019.
Les notifications d’acceptation seront communiquées le 20 juillet 2019 au plus tard aux auteurs.
Les auteurs dont l’abstract est accepté recevront toutes les informations nécessaires à leur venue.

Comité d’organisation

• Franck Damour, Université Catholique de Lille, France
• Olivier Dard, Sorbonne Université, LABEX EHNE, France • David Doat, Université Catholique de Lille, France

Comité scientifique

• Francesco Paolo Adorno, Università degli studi di Salerno, Italie • Jenny Andersson, Sciences Po Paris, France
• Stéphane Cormier, Université de Bordeaux, France
• Fabien Ferri, Université de Franche-Comté, France
• Jean-Yves Goffi, Université Grenoble Alpes, France
• Hélène Machinal, Université de Bretagne Occidentale, France • Barbara Meazzi, Université Côte d’Azur, France
• Alexandre Moatti, Université Paris-Diderot, France

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Appel à contributions : Séminaire, « Le pontificat de Pie XII (1939-58) à la veille de l’ouverture des archives vaticanes : bilans historiographiques et perspectives de recherche »

Séminaire
Le pontificat de Pie XII (1939-58) à la veille de l’ouverture des archives vaticanes : bilans historiographiques et perspectives de recherche

Dates :
17 octobre 2019 (Lyon), 28 novembre 2019 (Bordeaux), 30 et 31 janvier 2020 (Paris)

Institutions organisatrices :
CNRS – Centre Émile Durkheim ; CRBC (Centre de recherche bretonne et celtique) ; École française de Rome ; Institut catholique de Paris ; LabEx EHNE (Écrire une histoire nouvelle de l’Europe) ; LARHRA – Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes.

Comité d’organisation :
Magali Della Sudda (CNRS-Centre Émile Durkheim), Fabrice Jesné (École française de Rome), Frédéric Le Moigne (CRBC-Université de Brest), Marie Levant (LabEx EHNE-Sorbonne Université), Laura Pettinaroli (Institut Catholique de Paris), Christian Sorrel (LARHRA-Université Lyon 2).

Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2019

Modalités :
Les propositions sont à soumettre à l’adresse seminairepiexii@gmail.com, sous la forme d’un argumentaire de 2000 signes précisant l’atelier et la journée du séminaire concernés, accompagné d’une bio-bibliographie de 700 signes. La notification d’acceptation des propositions sera adressée début juillet 2019.

Objet du séminaire

Le 4 mars 2019, le pape François annonçait l’ouverture, prévue pour le 2 mars 2020, des archives vaticanes concernant le pontificat de Pie XII (1939-1958). Cette nouvelle a suscité l’attention de l’opinion publique internationale. Sur cette période très riche tant pour l’histoire politique, religieuse que culturelle de l’Europe et du monde, les perspectives s’annoncent vastes et aiguisent les appétits historiens.

Dans ce contexte d’ouverture prometteuse, ce séminaire propose d’établir un état des lieux de l’historiographie abondante – et souvent polarisée – sur le pontificat du pape Pacelli, mais aussi d’identifier des pistes d’études, tout en nourrissant une dynamique collective de recherche.

Sans isoler le pontificat de Pie XII des périodes antérieures et postérieures, ni limiter la réflexion aux seules sources romaines, ce séminaire entend faire le point sur l’état de l’art tout en intégrant les impulsions issues des chantiers ouverts sur les fonds d’archives vaticanes disponibles depuis les années 2000 (Saint-Office, Concile Vatican II, Pie XI, etc.). Le séminaire ne cherche donc pas à faire un bilan exhaustif mais plutôt à mettre en valeur des thématiques innovantes et susceptibles de fédérer les recherches à venir en histoire et en sciences sociales.

Afin de favoriser les échanges, chaque séance proposera :
– le matin : une session plénière ouverte (synthèses historiographiques) ;
– l’après-midi : des ateliers thématiques fermés (présentation de recherches en cours et

discussion), qui font l’objet de cet appel à contribution. La prise en charge des frais de déplacement par le laboratoire invitant n’étant pas systématique, seules des aides ponctuelles pourront être accordées.

Le séminaire se déroulera en trois séances thématiques à Lyon, Bordeaux et Paris.

Séance 1 – Régulations ecclésiales des mutations culturelles et religieuses

Lyon (Maison des Sciences de l’Homme), jeudi 17 octobre 2019
Organisation : Frédéric Le Moigne (CRBC-Université de Brest) ; Christian Sorrel (LARHRA- Université Lyon 2).

Argumentaire :
Cette première journée aura d’abord un caractère introductif. Au cours de la séance plénière de la matinée, des réflexions générales seront proposées sur ce cycle préparatoire à l’ouverture des fonds Pie XII, l’expérience acquise par les chercheurs dans les fonds Pie XI et les principaux enjeux de la recherche à venir.
L’après-midi sera plus immédiatement consacrée aux « régulations ecclésiales des mutations culturelles et religieuses » durant le pontificat. Comment comprendre l’Église et le gouvernement de l’Église face aux crises et aux profondes transformations qui traversent l’institution autant que la société, après 1945 mais certainement aussi dès les années de guerre ? On s’intéressera notamment aux modalités du gouvernement de l’Église universelle, à la gestion des rapports aux « autres » chrétiens, ainsi qu’aux questions théologiques, pastorales et liturgiques.

Ateliers thématiques :

A/ Centre et périphérie : de la curie romaine aux diocèses et aux frontières de l’Église. Il s’agit d’aborder le gouvernement de l’Église catholique durant le pontificat en évoquant les acteurs, clercs et laïcs, le poids du contexte et de l’événement, la gestion des crises marquantes pour les Églises nationales, ainsi que les voies de la centralisation et de la mobilisation des foules (congrès internationaux, année sainte, etc.). On s’intéressera également à la régulation, en interne, de la diversité (Églises orientales, « Jeunes Églises » extra-européennes). Les contacts institutionnels avec d’autres réalités ecclésiales mais aussi d’autres religions, dans un contexte bouleversé par la Shoah et l’élan œcuménique d’après-guerre, seront par ailleurs envisagés.

B/ Théologies, liturgies : romanité et pluralité. Le triomphe de l’école romaine du thomisme n’a pas entravé toute lecture divergente de la tradition thomiste ni supprimé la recherche prudente de voies alternatives. Les disciplines théologiques constituent un observatoire privilégié des tensions entre le centre et la périphérie, mais aussi des tensions internes aux Églises nationales et des régulations imposées par le centre ou demandées par lui aux instances nationales.

C/ Culture, sciences humaines, sciences pastorales : un dialogue en tension. La condamnation du « modernisme » à l’aube du XXe siècle semblait avoir établi l’Église catholique dans le refus définitif de toute « modernité ». Très vite, la crise « moderniste » n’a cessé de rejouer et le défi des sciences et de la culture modernes s’amplifie au temps de Pie XII. Entre rejet et transaction partielle, les sciences pastorales et la culture catholique doivent relever ce défi au prix de multiples tensions qui font écho aux déplacements des enjeux du champ intellectuel (psychanalyse, littérature, arts, etc.).

 

Séance 2 – Les apports des fonds de la papauté à l’étude des processus de politisation : mobilisations, démocratie, champ politique

Bordeaux (Centre Émile Durkheim), jeudi 28 novembre 2019
Organisation : Magali Della Sudda (CNRS-Centre Émile Durkheim)

Argumentaire :
Le pontificat de PieXII s’étend sur une période cruciale pour les régimes politiques contemporains. Entre 1939 et 1958, l’Europe est bouleversée par la Seconde Guerre mondiale. Les documents conservés aux Archives secrètes vaticanes apportent un regard inédit sur les régimes totalitaires et la question de la politisation. Au sortir de la guerre, la bipolarisation du monde et sa partition s’accompagne d’une intense activité de mobilisation des citoyens et citoyennes. Dans les démocraties libérales, le vote des femmes pose question et suscite les premières enquêtes internationales de science politique sous l’égide de l’UNESCO. Les démocraties occidentales se structurent autour des formations partisanes, et l’Église joue un rôle discret ou explicite dans la mise en place du champ partisan. À côté des partis, les forces syndicales s’organisent et participent à la mise en place des politiques de citoyenneté sociale dans le cadre des États-Providence. Ces formes instituées de la représentation politique et professionnelle ne résument pas à elles seules les mobilisations et processus de politisation. Les organisations féminines « parapolitiques » sont mises en place pour encadrer les femmes et la jeunesse. Elles s’inspirent des mouvements d’action catholique initiés par Benoît XV et développés sous Pie XI, à leur apogée dans les années 1950. Le pontificat est aussi marqué par l’ébranlement des empires coloniaux. Dans les conflits d’indépendance, le rôle de l’Église a été réévalué tant dans sa dimension de médiation politique locale que dans l’action des chrétiens dans les mouvements anti-colonialistes.
Cette journée de travail a pour ambition de réunir politistes, historiennes et historiens spécialistes et non-spécialistes de l’Église pour proposer un état des lieux de la littérature et élaborer un programme de recherche à partir de trois thématiques principales.

Ateliers thématiques :

A/ Les formes instituées de la représentation politique : continuités et ruptures (1939-1958). Il s’agit d’aborder ici la question des formes instituées de la participation politique. La structuration de l’offre politique à travers les partis, et en particulier la démocratie chrétienne ou le rapport au communisme, pourront constituer des thèmes de travail.

B/ Politisations et société civile : la citoyenneté à l’épreuve du suffrage universel. La suppression des libertés civiles dans certains États pose la question de la participation en dehors des formes habituelles de la politique. Au sortir de la guerre, l’élargissement de la citoyenneté politique aux sujets des colonies françaises, et des femmes dans l’ensemble des pays interroge. Comment les femmes vont-elles voter ? Comment l’Église va t-elle préparer ces citoyennes et participer à leur entrée dans la civilisation électorale ? L’élargissement du suffrage invite à réfléchir sur les modalités spécifiques de la politisation et sur l’émergence d’une société civile.

C/ De la défense des travailleurs à la représentation professionnelles : travail et syndicalisme.

Les régimes autoritaires ont proposé des formes d’encadrement des travailleurs dans des systèmes corporatistes. Les syndicats renaissent au sortir de la guerre et sont appelés dans de nombreux États à prendre part à la mise en place des États-Providence. Parallèlement, les courants progressistes qui avaient émergé dans les années 1930 se recomposent et sont, pour certains, fermement condamnés, comme les prêtres ouvriers.

 

Séance 3 – Souverainetés et système international : le Saint-Siège, les États, l’humanitaire

Paris, jeudi 30 et vendredi 31 janvier 2020

Argumentaire :
Ces deux journées portent sur les enjeux internationaux du pontificat, abordés par le biais des relations inter-étatiques, mais aussi à l’échelle supra-étatique et sous l’angle de la question humanitaire. Si le mode de présence du Saint-Siège dans les relations internationales a nettement évolué depuis la perte des États pontificaux en 1870 puis sous l’effet de la Première Guerre mondiale et la création de l’État de la Cité du Vatican en 1929, l’après-1945 constitue cependant un tournant majeur.

On s’intéressa donc aux positionnements du Saint-Siège dans un système international bouleversé par la guerre, puis profondément recomposé à la fois par les débuts de la décolonisation, la bipolarisation de la Guerre froide, l’élaboration d’une Europe unie à l’Ouest, mais aussi la mise en place d’un multilatéralisme d’une ampleur inédite. Comment la vieille machine de la diplomatie vaticane anticipe-t-elle et accompagne-t-elle ces bouleversements et ces reconfigurations ? L’accent sera mis en particulier sur la question des réfugiés, dans le contexte de la Shoah et des persécutions commises par le régime nazi et ses alliés, mais aussi des flux migratoires intenses au lendemain du conflit, en Europe et au Moyen-Orient, puis dans le sillage des conflits coloniaux. Au-delà de la question des « silences » du pontife, que peut-on dire de l’œuvre d’assistance et de la diplomatie humanitaire du Saint-Siège et des organismes catholiques, de leurs enjeux et de leurs limites ?

 

30 janvier, Institut Catholique de Paris – Le Saint-Siège et les mutations de la souveraineté : les États et le supranational
Organisation : Laura Pettinaroli (Institut Catholique de Paris)

Ateliers thématiques :

A/ Effondrement de l’ordre international : la Seconde Guerre mondiale. Cet atelier met l’accent sur la guerre, qui transforme la relation du Saint-Siège avec les États (diplomatie de paix, relations avec les gouvernements en exil et les puissances occupantes, mais aussi avec les mouvements – plus ou moins institutionnalisés – de résistance, etc.). Le cas de l’Italie pourra plus particulièrement attirer l’attention. Les communications relatives aux nouveaux armements, aux violences de masse et au règlement de la guerre sont également encouragées.

B/ La Guerre froide : le Saint-Siège dans un monde bipolaire. Comment le Saint-Siège pense-t-il le monde bipolaire et sa progressive structuration, sur les plans idéologiques, économiques et militaires ? Alors que le Saint-Siège a mis l’accent, depuis Benoît XV, sur une stricte impartialité, comment se positionne-t-il dans un monde dont le Magistère catholique a condamné doctrinalement l’un des pôles ? Quel est le rapport entretenu avec les non-alignés et les pays « tiers » ? Comment envisager la réconciliation et la notion de paix dans un monde divisé ? Le cas de l’Allemagne – pays que le pape Pacelli a bien connu – pourra être plus particulièrement évoqué.

C/ Reconfigurations supranationales : système des nations unies, Europe. Si la mise en place de la Société des Nations en 1919 s’était accompagnée d’hésitations, l’établissement du système onusien, avant même la fin de la Guerre, est précocement salué par Pie XII. Même si les modalités de participation à l’Assemblée générale de l’ONU mettent près de vingt ans à être précisées, des collaborations poussées ont lieu, dès la fin des années 1940, entre représentants du Saint-Siège et certaines agences onusiennes. Dans le même temps, l’Europe apparaît comme un espace spécifique à reconstruire, sous le signe de l’unité mais aussi de la vocation chrétienne, suscitant à la fois des enthousiasmes et des réactions de rejet.

 

31 janvier, LabEx Écrire une histoire nouvelle de l’Europe, Maison de la Recherche de Sorbonne Université – Le Saint-Siège et la personne humaine dans un monde global : défis post-coloniaux, migratoires et humanitaires
Organisation : Marie Levant (LabEx EHNE-Sorbonne Université)

Ateliers thématiques :

A/ Le Vatican, l’Église et le monde décolonisé (Moyen-Orient, Tiers Monde). Comment la diplomatie vaticane appréhende-t-elle le processus de décolonisation ? Des lignes directrices peuvent-elles être repérées, selon les espaces, selon les Empires coloniaux, selon des scansions chronologiques ? Ce processus suscite-t-il des réflexions théologiques ou sociales particulières ? S’il sera utile de revenir sur la guerre d’Indochine et sur celle d’Algérie, l’accent sera mis aussi sur le Moyen-Orient, notamment autour des Lieux Saints et de la création de l’État d’Israël, sur lesquels les recherches récentes ou en cours sont nombreuses, ainsi que sur la situation spécifique du Liban.

B/ Exils et migrations : diplomatie vaticane et question humanitaire. Alors qu’il a été beaucoup écrit sur l’Église et la papauté face aux crimes de masse du nazisme, la réflexion à l’échelle du pontificat conduit à interroger la question humanitaire dans une perspective globale. Face à l’ampleur sans précédent de la question migratoire au lendemain du conflit – 40 millions d’exilés et de réfugiés en Europe et au Moyen-Orient, et bientôt en Asie du Sud-Est –, alors que progresse le statut juridique des réfugiés – Convention de Genève de 1951 –, et que les chrétiens d’Orient entrent à la fin des années 1950 dans une nouvelle phase d’épreuve, quelles sont les modalités et les relais empruntés par la diplomatie humanitaire du Saint-Siège, mais aussi par la pastorale migratoire de l’Église ?

C/ Papauté pacellienne et droits humains. Dès les années 1930, le Magistère pontifical intégra graduellement les droits de la personne humaine. Si ce processus ne s’impose qu’au Concile Vatican II, il connaît, à l’épreuve de la Guerre, une étape cruciale. Cet atelier se penchera sur la question et ses soubassements tant politiques que théologiques, en s’intéressant notamment aux hésitations romaines devant la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) et aux réceptions de l’institutionnalisation d’une justice pénale internationale.

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Les conséquences économiques de Mai 68

Mathieu DUBOIS, Les conséquences économiques de Mai 68. Du désordre social français à l’ordre monétaire franco-allemand, Paris, Peter-Lang, 2018.

Mai 68, aux origines de la monnaie unique européenne ? Telle est la thèse audacieuse défendue par le présent ouvrage en mettant en lumière la relation entre la contestation sociale et le renforcement de la compétition économique au sein du Marché commun. Les grèves, les hausses de salaire et la spéculation contre le franc déstabilisèrent en effet l’économie française à quelques semaines de l’ouverture Lire la suite

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