Chaire d’excellence : Raphaëlle Ruppen-Coutaz

Raphaëlle Ruppen-Coutaz sera professeur invitée du LabEx EHNE à partir de cet été 2019.

Spécialisée dans le domaine des relations culturelles internationales, Raphaëlle Ruppen Coutaz est l’auteure d’une thèse de doctorat sur le rayonnement de la Suisse à l’étranger par les ondes dont la version remaniée a été publiée, en 2016, chez Alphil-Presses universitaires suisses sous le titre La voix de la Suisse à l’étranger. Radio et relations culturelles internationales (1932-1949) (téléchargement libre). Maître assistante à la section d’histoire de l’Université de Lausanne, elle bénéfice actuellement d’un congé scientifique pour réaliser une recherche postdoctorale financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) et consacrée aux réseaux éducatifs pro-européens dans les années 1950 et 1960. Chercheuse invitée au Département d’histoire et de civilisation de l’Institut Universitaire Européen (EUI) de Florence depuis septembre 2018, elle rejoindra le LabEx EHNE à partir du mois d’août 2019 pour une année.

Sa recherche, qui prend comme point de départ l’Association européenne des enseignants (AEDE) et ses activités, se concentre autour de trois axes principaux. Premièrement, il s’agit de situer cette Association dans le contexte des mouvements pro-européens et de mesurer ses particularités. Fondée le 8 juillet 1956 à Paris suite à un congrès organisé par le Groupement universitaire du Mouvement Fédéraliste européen, l’AEDE a pour but de réfléchir aux moyens d’« européaniser » l’enseignement et par là même, les citoyens en s’intéressant particulièrement aux degrés primaire et secondaire. La formule d’une association professionnelle – la première organisée directement sur le plan européen –, indépendante politiquement et non confessionnelle, paraît être le meilleur moyen de réunir le plus grand nombre d’adhérents et de maintenir l’Association à l’écart des luttes animant les divers mouvements européistes qui fleurissent dans l’après-guerre. Une dizaine d’années après sa fondation, l’AEDE compte 30’000 membres répartis en douze sections nationales, toutes sises à l’Ouest. Quel effet le caractère professionnel d’une association a-t-il sur la forme que prend le militantisme ?

Deuxièmement, il s’agit de mesurer l’impact des initiatives entreprises par l’AEDE sur le milieu scolaire et plus généralement le poids du lobby pro-européen sur les révisions qui touchent l’enseignement dans les années 1950. Que se passe-t-il concrètement sur le terrain ? Quelle influence cette association professionnelle de militants a-t-elle au niveau national et local ? Les moyens mis en œuvre par l’AEDE pour atteindre ses objectifs vont de l’organisation de congrès et de stages internationaux destinés aux enseignants à la mise sur pied d’appariements scolaires et à la participation active à la Journée Européenne des Ecoles, en passant par la production de supports pédagogiques comme le Guide européen de l’enseignant, publié en 1958 avec la collaboration du Centre européen de la culture. L’AEDE est aussi à l’origine de plusieurs revues, comme Europäische Erziehung ou L’Ecole suisse et l’Europe.

Troisièmement, il s’agit de s’intéresser aux réseaux de l’AEDE et de ses membres, hors du cadre strictement européen, en se concentrant particulièrement sur leurs liens avec l’UNESCO et des organisations atlantistes comme Fraternité mondiale (World Brotherhood) et le Comité d’éducation de l’Association du Traité de l’Atlantique. Dans quelle mesure d’autres influences s’exercent-elles sur le projet conduit par l’AEDE, comme l’internationalisme libéral ou l’anticommunisme ? En croisant plusieurs approches (histoire des mouvements européens, de l’éducation et des organisations internationales) et en articulant les échelles d’analyse (supranationale, internationale, nationale et locale), ce projet de recherche permet de mettre au jour des acteurs, des pratiques et des réseaux d’influence largement ignorés par l’historiographie.

Outre sa participation à l’Encyclopédie autour d’une notice structurante portant le titre de travail « L’Europe et l’école », Raphaëlle Ruppen Coutaz est très intéressée à nouer de nouveaux contacts avec des chercheuses et des chercheurs proches de son champ d’études et à intervenir dans le cadre de séminaires. N’hésitez pas à prendre contact ! Voici son courriel : raphaelle.ruppencoutaz@unil.ch

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