La « relation spéciale » anglo-américaine : mythe et réalité

La statue Allies du sculpteur Lawrence Holofcener, représentant Churchill et Roosevelt, dans le quartier de West End à Londres, fut inaugurée en mai 1995 et témoigne de la vitalité du mythe de la « relation spéciale ».
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La « relation spéciale » entre le Royaume-Uni et les États-Unis émerge tardivement dans l’histoire des deux États. C’est en effet au cours de la Seconde Guerre mondiale, véritable matrice pour l’évolution future du rapport anglo-américain, que s’établissent une coopération militaire multidimensionnelle, une alliance nucléaire unique au monde et un partenariat diplomatique qui influence en profondeur les contours de l’ordre mondial d’après-guerre, ainsi que l’architecture de sécurité euro-atlantique. Pourtant, la puissance du discours churchillien qui a propagé le mythe d’une entente anglo-américaine idyllique, ne saurait cacher les divergences d’intérêts et la subsistance d’une logique de rivalité au cœur de la relation entre les deux puissances. Il faut donc aussi interpréter la « relation spéciale » comme un stratagème diplomatique, dont les Britanniques usent délibérément pour maximiser leur influence auprès de Washington et compenser leur déclin relatif.

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