République des lettres (XVIIe-XVIIIe siècles) (La)

Simon Fokke, Frontispice pour la revue Republyk der geleerden (« La République des lettrés »), 1745. Rijksmuseum RP-P-201b-1050. Minerve, déesse de la sagesse et du savoir, semble veiller sur la bibliothèque où travaillent et échangent les lettrés, tandis que Mercure, dieu associé à la presse et à l’information, les instruit.
Willem Moreelse, Portrait d’un savant inconnu, 1647, Tolède, Musée des Beaux-Arts, 1962.70. L’homme porte la couronne du Laureatus – signe de la reconnaissance du lettré – et présente un livre de botanique portant la mention « cette plante montre la présence de Dieu » en latin, écho de l’imbrication entre les lettres, les sciences et la théologie. Source : Wikimedia Commons https://goo.gl/P8JoxD
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Née en 1417, au sein d’un échange épistolaire en latin entre Francesco Barbaro et Le Pogge, l’expression ne s’impose réellement en Europe qu’à partir du début du xvie siècle : en 1520, Boniface Amerbach, fils du célèbre imprimeur de Bâle, fait alors d’Érasme le « monarque de toute la République des lettres ». La Respublica litteraria est appelée à une grande postérité. Les « lettres » désignent l’ensemble du savoir et les « gens de lettres » rassemblent alors tous ceux qui le cultivent, qu’ils soient qualifiés de littérateurs, érudits, doctes, savants. Dans les faits, la manière dont cet espace utopique est perçu et interprété évolue entre la Renaissance et la Révolution. La République des lettres n’est en rien un objet stable mais varie en fonction des contextes, géographiques et temporels. Pourtant, dans la cartographie des savoirs, la place de ce territoire des lettrés perdure durant toute l’époque moderne.

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