Le LabEx EHNE aux 21e RV de l’histoire

Le LabEx EHNE est présent à travers ses membres aux Rendez-vous de l’histoire de Blois du 10 au 14 octobre 2017.

Jeudi 11 Octobre

11h30-12h30, Saint-Laurent-Nouan, Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
Quelles histoires les centrales nucléaires nous racontent-elles ?
Intervenant : Alain Beltran (LabEx EHNE, Axe 1, Directeur de Recherches au CNRS/SIRICE)

Vendredi 12 octobre

11h30-13h, Château royal de Blois.
Pourquoi une grande collecte sur les archives des femmes ?
Table ronde organisée par les Archives nationales et l’association Mnémosyne, en présence de
Françoise Thébaud (auteure du rapport sur le sujet à la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, 2017) et Fabrice Virgili (modérateur)

14h-15h45, Cinéma Le Blois
La Tondue de Chartres
Projection-débat en présence du réalisateur Patrick Cabouat, Jean-Noël Jeanneney, et Fabrice Virgili

14-17h, Salon du livre, Stand Librairie Boîte à livres (Nouveaux Mondes)
Signature Homosexuel.le.s en Europe pendant la 2nde Guerre mondiale

17h – 18h, Salon du livre, STAND Perrin
Signature de L’Europe des femmes

Samedi 13 octobre

9h45-11h15, Conseil départemental, Salle Kléber-Loustau
Présentation de Histoire des sexualités, (dir. S. Boerhinger et alii, PUF, 2018)
Modérateur : Fabrice Virgili

9h-13h, Site Chocolaterie de l’IUT, Salle 214
Les Clichés de l’Industrie
Intervenants :
– Martine Dancer-Mourès (Musée d’Art Moderne et contemporain de Saint-Etienne)
– Pauline Dassé (IHA)
– Françoise Denoyelle (ENS Louis-Lumière)
– Mathilde Fanet (Photographe)
– Florence Hachez-Leroy (Université d’Artois)
– Ivan Kharaba (Académie François Bourdon, Le Creusot)
– Nathalie Postic (IHA)
– Dominique Sarraute (Photographe)
Modérateur : Yves Bouvier (Labex EHNE, Axe 1, Maître de conférences à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université)

17h00, stand des SUP
Présentation de l’ouvrage Résonances photographiques. Tout autour d’aujourd’hui

19h-20h, Conservatoire de musique, Auditorium
Le marathon des images
Participation de Clyde Plumauzille autour du fonds Colbert

Dimanche 14 octobre

14h-15h, Conseil départemental
L’épuration et ses images
Table ronde autour de l’ouvrage dirigé par François Rouquet et Fabrice Virgili, Les Françaises, les Français et l’épuration. 1940 à nos Jours, Paris, Gallimard « Folio », 2018

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Résonances photographiques. Tout autour d’aujourd’hui

Textes et photographies réunis par Sonia Bledniak

Une cinquantaine de photographies datées de la fin du XIXe siècle sont présentées dans ce livre ; elles proviennent d’un fonds de 1 800 plaques de verre photographiques trouvé en 2013 dans un lycée parisien. Projetées à l’origine lors de conférences populaires et de cours publics, elles offraient le spectacle nouveau d’une géographie à découvrir : l’Europe et le monde sur grand écran. Aujourd’hui elles nous invitent à suivre les traces de ce monde passé tout en parcourant des textes – littérature, essais, récits de voyage, etc. – qui en prolongent la poésie.

Sorbonne Université Presses

En librairie le 8 octobre

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Séminaire Histoire des Sciences, Histoire de l’Innovation : circulations, communications et civilisations matérielles en Europe (XVIIIe – XXIe s.)

Programme du 1er semestre

Ce séminaire propose une réflexion approfondie sur l’histoire de la circulation des sciences et des innovations en Europe, ainsi que sur l’histoire des civilisations matérielles que cette circulation transforme. Il est adossé aux activités de l’atelier Sciences –Histoire – Cité de la Faculté des Sciences de Sorbonne Université et de l’axe 1 de recherche « L’Europe comme civilisation matérielle : flux, transitions, crises » du LabEx EHNE « Écrire une Histoire Nouvelle de l’Europe». Cette année, aux côtés des thématiques histoire des sciences, communication, mobilités, énergie, ce séminaire sera également nourri des travaux du projet européen InsScide (http://www.insscide.eu/) explorant les rapports entre sciences et diplomatie européenne.
Chacune des séances est construite autour de l’intervention d’un chercheur. Si la période susceptible d’être couverte dans les interventions va de la fin du XVIIIe siècle à aujourd’hui, l’accent sera mis sur la période contemporaine.

L’un des objectifs du séminaire est de réunir et faire interagir des publics provenant d’horizons différents (étudiants de niveau master 2 en histoire, doctorants et chercheurs débutants en histoire des sciences, et doctorants des disciplines scientifiques de Sorbonne Université). Les séances seront brièvement introduites par les organisateurs. Une séance de discussion suivra les interventions.

Les séances auront lieu les mardis à l’Académie des Sciences, Salon de l’Académie des Sciences, 23 Quai de
Conti, 75006 Paris, de 17:30 à 19:30, sauf modification d’horaire les jeudis à la Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D116, de 17:00 à 19:00

  • Mardi 2 octobre :
    Pascal Griset, Pr. en histoire contemporaine à Sorbonne Université :
    l’Académie des Sciences et la recherche française (1914-1939)
    Catherine Bréchignac, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences :
    l’Académie des Sciences aujourd’hui
  • Jeudi 11 octobre :
    Volny Fages (MCF en histoire des sciences, ENS Paris-Saclay)
    Savantes Nébuleuses. L’origine du monde entre marginalité et autorité scientifique (1860-1920)
  • Jeudi 18 octobre :
    Aurélien Bonvoisin (doctorant au Centre d’Histoire Sociale du XXe Siècle, Université Paris I)
    Le disque compact, support et vecteur de représentations et pratiques de la musique enregistrée en France
  • Jeudi 8 novembre :
    Valérie Schäfer (Pr. d’histoire contemporaine européenne, C2DH, Université du Luxembourg) – salle à préciser
    A la recherche du Web disparu : une histoire française du Web à partir de 1990
  • Jeudi 15 novembre :
    Grégoire Mallard ( Pr. associé, The Graduate Institute, Genève, Co-directeur du Master International Relations)
    La souveraineté en débat, experts en stratégie, politiques de non-prolifération nucléaire et organisations nationales
  • Jeudi 22 Novembre :
    Isabelle Gouarné (CNRS, CURAPP, Université de Picardie)
    Construire l’Europe jusqu’à l’Oural : la diplomatie scientifique à l’épreuve
  • Mardi 4 décembre :
    Séance à l’Académie des Sciences – programme à venir
  • Jeudi 13 décembre :
    Arnaud Saint-Martin (EHESS, Centre Alexandre Koyré)
    La vie astropreneuriale, valeurs, modèles d’organisation et promesses – salle à préciser

Responsables :
Pr David Aubin, Université Pierre et Marie Curie (IMJ-PRG / ASHiC), david.aubin@sorbonne-universite.fr
Pr Pascal Griset, Université Paris-Sorbonne (SIRICE-CRHI / ISCC), pascal.griset@cnrs.fr ; pascalgriset@icloud.com

Comité de programme :
Alain Beltran (CNRS, SIRICE),
Yves Bouvier (Sorbonne Université, SIRICE-CRHI),
Mathieu Flonneau (Université Panthéon-Sorbonne, SIRICE-CRHI, Association P2M),
Léonard Laborie (CNRS, SIRICE-CRHI),
Jean-Pierre Williot (Sorbonne Université, SIRICE-CRHI)

Contact :
Laurence Roche Nye labexehne1@gmail.com

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Appel à communication : Correspondants de guerre : aire latine 1918-1939

Université d’Angers, 9-10 mai 2019

Co-organisation : Sorbonne Université / Université Savoie Mont Blanc

Problématiques générales, synthèse

Quelles sont les soubassements et les expressions idéologiques, politiques, socio-culturels et/ou esthético-littéraires qui composent la figure aux contours multiples du correspondant de guerre dans l’entre-deux-guerres, spécifiquement dans l’aire latine, à la fois théâtre de conflits et pourvoyeuse de correspondants dans le monde entier ? En quoi cette figure diffère-t-elle de celle des écrivains-voyageurs ? Et dans quelle mesure ces deux modèles se ressemblent-ils ou se fondent-ils ? Quels sont les impacts des conflits intermédiaires des années 1918-1939 sur le renouvellement de la fonction des correspondants de guerre ? Enfin, sachant que la plupart de ces conflits naissent en tant que conséquences des visées impériales de régimes antiparlementaires à vocation révolutionnaire (guerres coloniales ou résistances anticoloniales, internationalisation des révolutions rouges, noires ou brunes, tensions géopolitiques entre démocraties et régimes totalitaires ou autoritaires, etc.), en quoi les correspondants de guerre de cette époque de transition sont-ils le produit de ces bouleversements civilisationnels, et, surtout, en quoi sont-ils le signe avant-coureur de la catastrophe redoutée d’un second conflit mondial, dont la guerre d’Espagne est par excellence la “répétition générale” ?
Quoique circonscrite à l’aire latine et à ses colonies (principalement France, Italie, Espagne, Portugal et leurs colonies, sans exclure l’Amérique latine) les études proposées pourront évidemment porter sur des correspondants de guerre provenant d’autres aires géographiques (Allemagne, Grande-Bretagne, États-Unis, Union soviétique etc.), pourvu qu’ils opèrent dans l’aire latine.

Les propositions de communication (3000 signes espaces compris, au maximum : français, anglais, italien et espagnol comme langues de référence) sont à adresser d’ici le 1 er novembre 2018 aux organisateurs :
Manuelle Peloille (Université d’Angers) : manuelle.peloille@univ-angers.fr 
Olivier Dard (Sorbonne Université/LabEx EHNE) : olivierdard@orange.fr
Emmanuel Mattiato (Université Savoie Mont Blanc / LLSETI) : emmanuel.mattiato@univ-smb.fr

Comité scientifique :
François Cochet (Université Paul Verlaine),
António Costa Pinto (Université de Lisbonne),
Olivier Dard (Sorbonne Université),
Yves Denéchère (Université d’Angers),
François Hourmant (Université d’Angers),
Michel Leymarie (Université de Lille),
José Ferrándiz Lozano (Universitad de Alicante),
Emmanuel Mattiato (Université Savoie Mont Blanc),
Barbara Meazzi (Université Nice Sophia Antipolis),
Didier Musiedlak (Université Paris Nanterre),
Anne-Sophie Nardelli (Université Savoie MontBlanc),
Manuelle Peloille (Université d’Angers),
Francesco Perfetti (LLUIS Guido Carli),
Ana Isabel Sardinha (Université Sorbonne Nouvelle),
Frédéric Turpin (Université Savoie Mont Blanc).

 

Appel à télécharger : Appel_Correspondants de guerre
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Entstehung und Entwicklung transnationaler Kommunikationsräume in Europa zu Kriegszeiten, 1914-1945

Barbara Lambauer & Christian Wenkel (eds.), «  Entstehung und Entwicklung transnationaler Kommunikationsräume in Europa zu Kriegszeiten, 1914-1945 », Comparativ, vol. 28 (2018), n° 1.

Issu d’un colloque organisé par le LabEx EHNE/UMR Sirice en coopération avec l’IHA en 2015, ce numéro estconsacré à l’émergence et au développement des espaces transnationaux de communication en Europe en temps de guerre (1914-1945).  Lire la suite

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Merveilles de la nature à la bibliothèque Ambrosienne (Les)

Bibliothèque Ambrosienne, Ms. D 140 inf., Al-Ǧahiz, Tractatus de Animalibus (Kitāb al-hayawān), f. 10r. xve siècle, acquis par l’Ambrosienne avant 1631.
Jan Brueghel, Allégorie du feu, entre 1608 et 1610. Sources : Wikimedia Commons https://goo.gl/u6NRfb

Auteur-e-s

La bibliothèque Ambrosienne, ouverte au public en 1609, est l’une des premières bibliothèques publiques d’Europe. Son fondateur, le cardinal-archevêque Frédéric Borromée (1564-1631), a l’ambition de recréer à Milan un « temple des muses », dédié, sur le modèle alexandrin, à la lecture et à l’écriture érudites, grâce à la réunion de livres, de lettrés pensionnés par le lieu et d’une imprimerie. Fer de lance de la culture catholique dans l’Europe du xviie siècle, l’Ambrosienne n’est ni un observatoire ni un lieu d’expérimentation scientifique. En revanche ses collections d’objets, de livres et ses publications mettent en lumière les merveilles de la création. Frédéric Borromée réinterprète la « chambre des merveilles » humaniste dans le contexte de la Réforme catholique.

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Le fonds Colbert aux journées du patrimoine

A l’occasion de la journée du patrimoine, samedi 15 septembre le Lycée Colbert (Paris 10e) présentait à nouveaux l’exposition réalisée en 2014 après la découverte du fonds dans les locaux de l’établissement. Etait également organisée une projection de tirages numérisés (consultable en ligne), et en fond sonore l’émission de la Fabrique de l’histoire consacrée au fonds Colbert sur France culture le 17 janvier 2018 (podcast).

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Art de l’Europe à l’épreuve de « l’autre » (L')

Titien, Diane et Actéon, huile sur toile, 185 × 202 cm, 1556-1559, Édinbourg, National Galleries of Scotland.

Auteur-e-s

L’art de l’Europe a été très tôt l’objet de l’histoire de l’art. Dès la fin du xixe siècle, les suites de la pensée universaliste des encyclopédistes ont porté cette discipline à embrasser la production de tout le continent. Les travaux comparatistes se sont développés d’abord entre les pays d’Europe, puis entre l’Europe et les territoires extra-européens : chacun devenait à son tour cet « autre » exotique face à la vieille Europe, territoire de référence et point de départ de toutes les études. L’expansion coloniale, mais surtout la redéfinition de la notion « d’art » au tournant de 1900, ont jeté les bases d’une nouvelle réflexion sur la manière de comprendre la création extra-européenne. D’abord confisquées par l’ethnologie naissante, ces investigations se sont développées par la suite dans le sillage de l’histoire globale et connectée. Elles ont subi des mutations déterminantes à partir des années 1960, qui peuvent se définir par l’abandon des anciennes visions euro-centrées de l’art.

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Appel à communication : La Méditerranée des artistes. Une modernité critique 1880-1945

Nikos Lytras, Le phare, 1925-1927 Huile sur toile, 52 x 42 cm Athènes, The National Gallery – Alexandros Soutzos Museum.

Institut d’Etudes Méditerranéennes FO.R.TH. (Réthymno, Grèce)
10 et 11 octobre 2019

Les historiens de l’art ont depuis longtemps adopté les outils de l’histoire des idées, des échanges et des transferts. Ils ont ainsi pu remettre en question la partition entre « centre » et « périphérie » et nuancer la hiérarchie binaire dominant/dominé, émetteur/récepteur d’influences, au profit de cartographies complexes structurées autours de réseaux dynamiques (Joyeux-Prunel, Spring 2014, Fall 2016). Ces recherches ont démontré à quel point les données de l’histoire politique et culturelle affectent la transmission des formes et des modèles et modifient les représentations (Messina et Jarrassé 2012 ; Fraixe, Piccioni, Poupault 2014). Elles prennent désormais en compte les jeux de miroirs à l’œuvre dans la fabrique croisée des identités, lorsque le regard se tourne vers ces lieux « d’où vous ne venez pas mais par où nous sommes passés » (Joyeux-Prunel, Spring 2016). Une telle relecture critique des récits nationaux aide à une meilleure compréhension du balancement entre nationalisme – voire régionalisme – et cosmopolitisme et nous incite aujourd’hui à vérifier les potentialités heuristiques de la notion de Méditerranée dans le champ disciplinaire de l’histoire de l’art.
S’il est vrai que les relations nord-sud ont été abordées relativement souvent (Cachin 2000 ; Paris Barcelone 2001 ; Ely et Vial 2013), les circulations à l’intérieur du bassin méditerranéen ne l’ont été que de manière exceptionnelle (Gravagnuolo 1994 ; Troisi 2008 ; Maglio Mangone Pizza 2017). Pourtant, prenant le contrepied de l’histoire canonique d’une modernité d’origine essentiellement septentrionale, une autre géographie pourrait émerger où le « sud » ne jouerait plus le rôle convenu de la subalternité, mais celui autrement plus stimulant d’une altérité active (Other Modernisms 2011 ; Southern Modernisms 2015), dans un espace bien plus divers et multipolaire.
Les limites chronologiques envisagées – 1880-1945 – tiennent compte de la présence diffuse d’une pensée méditerranéenne des arts, savants ou populaires, fixés sur l’horizon avant-gardiste ou cherchant leur « futuro alle spalle » (Pirani 1998), exaltant un idéal universaliste humaniste ou prêtant allégeance à la troisième voie fantasmée des fascismes. Puisant aux racines d’une culture populaire ou nationale, ces modernités se caractérisent par une volonté de conciliation avec une tradition recomposée. Aux débuts des années 1910, le régionaliste et félibre Jean Charles-Brun peut même esquisser les traits d’un « art méditerranéen » qui serait le point de convergence de motifs « sarrasins », de « types arabes », d’influences espagnole, byzantine et lombarde. On retrouve cet imaginaire pendant toute la première moitié du XXe siècle, des évocations maurrassiennes au périple des CIAM dans la Mer Égée (1933), en passant par l’évocation humaniste de Valéry, par l’exploitation nationaliste des mythes de la « latinité » et de la « grécité ». Cette recherche d’un socle esthétique commun est bien réelle ; elle sous-tend un dialogue ininterrompu entre artistes, critiques et intellectuels parcourant les routes, réelles ou idéales, de la Méditerranée.
Tenter de reconstituer une partie de ce paysage contrasté à la lumière d’une quête de modernité aux trajectoires multiples peut sembler un défi, dans la mesure où les valeurs et les finalités des mouvements qui s’en proclament sont contradictoires et n’en finissent pas d’être discutés. Néanmoins, cette indétermination critique laisse ouverte la possibilité d’explorer des voies encore trop souvent considérées comme excentrées sur une carte des avant-gardes majoritairement polarisées entre l’Europe du Nord et les États-Unis.
Le Liberty sicilien, la plénitude plastique d’un Maillol – sa Méditerranée (dite aussi La Pensée) exposée en 1905 pourrait faire figure de manifeste -, le Noucentisme catalan ou les courants rationalistes inspirés par les intérieurs dépouillés de pêcheurs d’Ibiza, des Cyclades ou de Capri : ces manifestations et bien d’autres encore, toutes nées d’un répertoire de représentations assurément hétéroclites, ne sont-elles que des variantes d’un « retour à l’ordre » régressif faisant allégeance aux idéologies du colonialisme, du conservatisme académique et des fascismes ? Est-il possible de mieux circonscrire et d’historiciser les notions vagues de « midi méditerranéen », de « latinité », de « méditerranéité », d’occident gréco-latin, de « romanité » ou de « grécité » (pour ne citer que les désignations qui nous sont familières) ?
Quels artistes, quelles créations, quels « passeurs » – critiques d’art, revues, traductions – se trouvent impliqués dans la production de ces images et de ces discours ? Dans quelle mesure ceux-ci viennent-ils enrichir le spectre varié des modernités de la première moitié du XXe siècle ?

Le colloque international La Méditerranée des artistes : une modernité critique 1880-1945 est la deuxième étape d’une réflexion entamée à Marseille (MUCeM) les 26 et 27 mars 2018, à l’occasion de la rencontre intitulée Modernismes en Méditerranée. Parcours artistiques et critiques 1880-1950. 

Les contributions attendues porteront sur les thèmes suivants :
• Histoires/Historiographies artistiques de la notion de Méditerranée.
• Imaginaires et représentations suscités par la Méditerranée dans le champ des arts visuels.
• Idéologies liées à la notion de Méditerranée telle qu’elle est élaborée dans le champ des arts visuels : progressistes (lignée Valéry, Audisio, Braudel, Camus) ou conservatrices voire  réactionnaires (identitaires, racistes, colonialistes…).
• Circulations inter-Méditerranée et nord-sud des esthétiques, des modèles, des artistes, des critiques et des théoriciens de l’art.
• Anti-modernismes : idéaux esthétiques puisant dans un passé méditerranéen retrouvé/réinventé.
• Modernismes : idéaux esthétiques prenant appui sur une Méditerranée retrouvée/réinventée pour promouvoir un renouveau radical des modèles dans le but d’accompagner, voire infléchir et déterminer, les mutations techniques, économiques et sociales survenues au tournant du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle.

Ces thèmes ou orientations constituent, avec les interventions du colloque du printemps 2018, le sommaire d’un ouvrage collectif à paraître en 2020.

Calendrier
– Réception des propositions (1500-2000 signes) et du CV (100 signes) : avant le 20 décembre 2018. Les
propositions sont à envoyer à rossella.froissart@free.fr et jeremie.cerman@sorbonne-universite.fr
– Sélection des propositions : 15 mars 2019
– Colloque : 10-11 octobre 2019
– Réception des textes (25.000/35.000 signes) : 15 février 2020

Langues
Les communications se feront en français ou en anglais.

Le programme comprendra des résumés :
– en anglais et en grec pour les interventions en français,
– en français et en grec pour les interventions en anglais.

Partenaires
– AMU-TELEMMe (Aix-Marseille Université)
– LabEx ENHE (Ecrire une Histoire Nouvelle de l’Europe – Centre André Chastel / Sorbonne Université)
– Institut Mémoires de l’édition contemporaine (Caen)
– Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H.

Comité scientifique
Rossella Froissart (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Jérémie Cerman (Centre André Chastel / Sorbonne Université)
Yves Chevrefils-Desbiolles (IMEC, Caen)
Evgénios D. Matthiopoulos (Institut d’Études Méditerranéennes, FO.R.TH. / Université de Crète)
Silvia Bignami, Antonello Negri, Paolo Rusconi, Giorgio Zanchetti (Università degli Studi di Milano)
Maria-Grazia Messina (Université de Florence)
Pierre Pinchon (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Isabel Valverde Zaragoza (Univeristat Pompeu Fabra, Barcelona)
Marie-Paule Vial (Conservateur en chef du Patrimoine honoraire)
Comité d’organisation Comité d’organisation
Rossella Froissart (TELEMMe / Aix-Marseille Université)
Jérémie Cerman (Centre André Chastel / Sorbonne Université)
Yves Chevrefils-Desbiolles (IMEC, Caen)
Gelina Harlaftis (Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H / Université de Crète)
Poppy Sfakianaki (Institut d’Études Méditerranéennes FO.R.T.H / Université de Crète)

 

Appel à télécharger : Appel à communication_Méditerranée des artistes
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