Science curieuse des Bohémiens et des Tsiganes face à l’Europe savante (La)

Frontispice de l’Art de connoistre les hommes, de Marin Cureau de La Chambre. Le médecin du roi, au milieu de ses instruments et de ses livres représente la pratique savante de la physiognomonie qui relègue la diseuse de bonne aventure, dans la rue en habit folklorique, à un arrière-plan marginal.

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L’identité flottante des Tsiganes se construit peu à peu, à partir de leur arrivée en Europe occidentale au xve siècle. Malgré une fascination certaine, ils sont considérés comme des professionnels du nomadisme, du vol, du vagabondage et de la tromperie, au point qu’un arsenal législatif de plus en plus répressif est mis en place pour disloquer leurs groupes. La figure de la diseuse de bonne aventure incarne en partie les préjugés et les stéréotypes qui ont nourri l’imaginaire européen jusqu’à nos jours à l’égard des Tsiganes. La culture réprouvée de leur science curieuse, la chiromancie, est pourtant assimilée par l’Europe savante. Le succès des traités de physiognomonie et de chiromancie s’inspire du « savoir égyptien » apporté par les Tsiganes en Europe. À la science curieuse, populaire et orale de la chiromancie des Bohémiennes, s’oppose la chiromancie savante des lettrés. En ce sens, la culture tsigane influence et intègre la culture de l’Europe savante.

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