Obéir et désobéir

Valentin de Boulogne, Judith, huile sur toile, 97 x 74 cm, 1626-1628, Toulouse, Musée des Augustins.

Entre la fin du Moyen Âge et les années 1650, les rapports qui fondent le corps politique sont de nature relationnelle : davantage que les formes d’expression de l’autorité, c’est le contrôle de la relation d’obéissance qui est au fondement de l’État. Toute la culture politique porte en elle des conceptions des relations d’obéissance et de désobéissance. Mais, dans un contexte troublé par les affrontements confessionnels, où il est envisageable de désobéir au roi pour mieux obéir à Dieu ou pour reconstruire un ordre social menacé, il importe d’expérimenter de nouvelles formes d’obéissance. De l’obéissance conditionnelle à l’obéissance absolue, de l’obéissance raisonnée à l’obéissance imposée, il s’agit toujours de répondre à une question : comment recréer dans l’obéissance du sujet politique au magistrat l’obéissance due par tout chrétien à Dieu ?

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Appel à communications – Le fonds Colbert, un « Enseignement par les yeux ». Projections photographiques et pédagogie en milieu scolaire

Date et lieu de la journée d’étude : vendredi 8 juin 2018, Paris, mairie du Xe arrondissement.

Limite des propositions : 20 mars 2018

Organisateurs : Étienne Faisant, Elinor Myara-Kelif et Olivier Vayron

Laboratoires, programmes et institutions de rattachement :
LabEx EHNE – Ecrire une histoire nouvelle de l’Europe
SPEscies – Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne
Sorbonne Universités
Sorbonne Université
Ville de Paris

À l’occasion des 150 ans du lycée Colbert, une journée d’étude sera consacrée au rôle et à l’intérêt rétrospectif des projections lumineuses et des plaques photographiques destinées à l’instruction.

Cette journée résulte de la découverte en mai 2013 d’un ensemble de près de 2 000 photographies positives sur plaques de verre conservées dans les locaux de l’ancienne École Primaire Supérieure Colbert. Constitué à partir de vues reproduites en série et vendues en grande partie entre les années 1880 et 1910 par les célèbres maisons d’édition Molteni, Radiguet & Massiot et Mazo, ce fonds forme un ensemble de première importance, par la quantité des images éducatives qui le composent comme par les thématiques et sujets représentés. L’étude pièce à pièce de ces photographies et les recherches menées autour de ce fonds révèlent le caractère prototypique de cette méthode d’enseignement, propre à la fin du XIXe siècle.

Adolphe Focillon, directeur de l’École Colbert durant le troisième quart du XIXe siècle, semble avoir été l’un des grands réformateurs de l’enseignement primaire, et le promoteur d’une formule éducative par l’image, qui tendait à présenter le monde occidental dans sa complétude par le média photographique. S’apparentant à un outil positif, la photographie fut alors considérée comme une méthode empirique devant faciliter l’apprentissage de la géographie et l’étude des phénomènes sociaux à travers une forme d’expérimentation du voyage, que ce soit pour les enfants ou dans les conférences pour adultes dispensés à l’École Colbert à la fin du XIXe siècle. L’implication de Focillon dans l’École des voyages, dont il fut le fondateur, et son rôle dans la Commission des sciences instituée en 1879, qui préconisa l’utilisation généralisée des projections photographiques dans l’enseignement primaire, furent l’un des points de départ de cette méthode éducative.

L’étude de cet ensemble de plaques révèle aussi le potentiel discursif entre ces « images pédagogiques » et les intérêts nationaux et extranationaux de l’État français. Ainsi les plaques accumulées progressivement dans les locaux de l’actuel lycée Colbert forment-elles un vaste ensemble de vues de paysages urbains européens, d’ouvrages de génie civil, de territoires coloniaux et de protectorats, ainsi que, dans une moindre part, d’images régionalistes ou ethnographiques.

Cette journée d’étude permettra d’envisager les contextes et les raisons de la constitution d’ensembles photographiques destinés à l’enseignement (conférences publiques y compris), ainsi que les enjeux de la projection pédagogique ; certaines thématiques en lien avec le fonds seront aussi développées comme les manifestations des topoï d’une France innovante et du développement de ses colonies, le regard pittoresque fin-de-siècle face au développement du tourisme, ou les diverses formes de la persistance d’un exotisme fantasmé notamment par le biais de l’iconographie, des sciences ou des savoirs impérieux.

Outre celles concernant uniquement le fonds Colbert et sa constitution, seront également examinées des propositions de communications explorant plus largement certaines thématiques liées à l’enseignement par la projection. Ces approches permettront de mettre en perspective le fonds Colbert au cours de la deuxième partie de la journée. Les propositions de communications pourront ainsi considérer (liste à caractère non exhaustif) :

  • le développement de nouveaux outils pédagogiques et leur rôle entre 1870 et 1930 – l’émulation des méthodes d’enseignement au cours de la même période
  • les démonstrations idéologiques de la nation en progrès et d’une France puissante par le biais des médias éducatifs
  • la diffusion des savoirs techniques par l’image
  • le discours sur les colonies et leur place dans l’enseignement scolaire au début du XXe siècle
  • le rôle de la photographie dans la construction du régionalisme en France
  • les images photographiques pittoresques du monde extranational

La journée d’étude « « L’Enseignement par les yeux » : pédagogie et projection photographique en milieu scolaire », qui se déroulera le 9 de juin 2018 à la mairie du Xe arrondissement, dans la salle des Fêtes, est co-organisée par Étienne Faisant, Élinor Myara-Kelif et Olivier Vayron dans le cadre du partenariat entre le LabEx EHNE (Écrire une Histoire nouvelle de l’Europe) et SPEscies (Programme de recherche sur les Spécimens artificiels de Sciences naturelles en Sorbonne).

Un ensemble de photographies du fonds Colbert est consultable à l’adresse : http://ehne.fr/colbert/base-de-donnees-du-fonds-colbert

Modalités pratiques : Les propositions, comprenant le nom de l’auteur, ses affiliations, le titre de la communication et un résumé n’excédant pas 2500 signes, sont à envoyer avant le 20 mars 2018 à l’adresse suivante : fonds.colbert@gmail.com

 

Appel à télécharger :journée d’étude Colbert – EHNE-SPEscies (1)
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Russerie dans la construction d’un exotisme européen (La)

Jean-Baptiste Le Prince, Scène de la vie quotidienne en Russie, 1764, huile sur toile, 0,73 x 0,60 m

Auteur-e-s

Imaginée par Jean-Baptiste Le Prince, la russerie est l’une des dernières formes d’exotisme artistique conçue dans la France du xviiie siècle. Atteignant Saint-Pétersbourg en 1757, l’artiste est présenté à la cour d’Élisabeth Ire de Russie (1741-1762), qui lui confie des commandes officielles. Durant six longues années, le peintre-graveur s’imprègne de l’atmosphère « russienne » et saisit d’après nature scènes de la vie quotidienne locale et portraits d’hommes et de femmes du peuple, proposant une étude partiellement descriptive des populations autochtones. De retour en France en 1763, il exploite ces ouvrages dans différents domaines artistiques. Si ses travaux lui valent une certaine renommée, la fortune de son œuvre pâtit de l’essoufflement de cette mode à la fin du siècle. Ponctuellement reprise dans le domaine des objets d’art, la postérité des russeries est mince. Pourtant, la dimension ethnographique du travail de Jean-Baptiste Le Prince, inédite dans le registre de l’exotisme, semble annoncer les travaux scientifiques du xixe siècle. 

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Napoléon III et l’Europe

Auteur-e-s

S’il a promis que l’Empire qu’il restaure, à l’automne 1852, sera la paix, et s’il cherche à promouvoir, tout au long de son règne, le principe de grandes conférences destinées à résoudre pacifiquement les tensions internationales, Napoléon III apparaît comme un fauteur de troubles, au nom du principe des nationalités et des intérêts de la France. Il est ainsi au cœur de trois des quatre plus grandes guerres européennes de la période : la guerre d’Orient (Crimée) en 1854-1855, la guerre d’Italie en 1859 et la guerre franco-allemande de 1870. Le souverain français parvient d’abord à replacer la France au centre du jeu et le congrès de Paris de 1856 efface l’humiliation de celui de Vienne en 1815, mais la guerre de 1870 révèle la fragilité française et amène l’effacement de la prépondérance française sur le continent au profit de celle de l’Allemagne.

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Penser la guerre avec les cartes en Europe

Agence Meurisse, Carte de la guerre sur les boulevards avec curieux la contemplant, photographie de presse, 1918. © Gallica.

Auteur-e-s

La représentation des espaces de la guerre sous la forme de cartes a des origines très anciennes, mais c’est à l’époque moderne que cet outil commence à modifier la nature du combat et de sa préparation. Les États européens et leurs armées jouent un rôle déterminant dans cette évolution. La cartographie européenne est née en partie de la guerre à partir du xviie siècle, et la guerre s’en est trouvée à son tour transformée. De la planification de la bataille à sa célébration, les cartes jouent des rôles variés dans leur rapport à l’activité guerrière. Elles participent aussi à la redéfinir.

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