Critique d’art et nationalisme. Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

Thierry Laugée et Carole Rabiller (dir.), Critique d’art et nationalisme. Regards français sur l’art européen au XIXe siècle, Peter Lang, Paris, 2017.

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérentes aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique, ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

 

Sommaire :

Thierry Laugée, Carole Rabiller, Introduction

I – Écriture nationaliste de l’art
1 – Emmanuel Faure-Carricaburu, La condamnation de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par les premiers historiens de l’art : une conséquence du rejet de l’art italien
2 – Anna Jolivet, Histoire de la peinture vénitienne et montée des nationalismes français et italien dans le contexte européen de la fin du XIXe siècle
3 – Fabienne Fravalo, « Art moderne » versus « Modern Style » ou la définition comparée d’un Art nouveau français
4 – Michael Vottero, La peinture de genre aux Expositions universelles parisiennes, la fin des écoles nationales ?
5 – Fanny Bacot, Nationalisme, a-nationalisme et antinationalisme : variations idéologiques dans la littérature artistique fin-de-siècle : de la réception des Salons de la Rose+Croix à l’esthétique idéaliste

II – Le Critique d’art, la voix de sa nation ?
6 – Thierry Laugée, Pourquoi la sculpture anglaise ne fut pas romantique
7 – Carole Rabiller, « À quoi bon une Vierge pour les protestants ! ». Réception française de la peinture religieuse britannique à l’Exposition universelle de 1855
8 – Aude Jeannerod, Le nord et le sud de l’Europe dans la critique d’art de Thoré-Bürger et de Huysmans

III – Géopolitique de l’exposition
9 – Laurent Cazes, Artistes étrangers et écoles nationales, Dialectiques européennes dans la critique de Salon sous le Second Empire
10 – Jana Wijnsouw, Tom Verschaffel and Marjan Sterckx, « Avec les sculpteurs belges, nous ne sortons pas de la France », an art critical dialogue between Belgium and France
11 – Olivier Schuwer, « Une nuit traversée d’éclairs ». La critique d’art française face à la présence allemande dans les premiers Salons de la Société nationale des beaux-arts (1890-1896) 
12 – Oriane Marre, La critique d’art comme espace d’expression du nationalisme : la participation des artistes français à l’exposition de Berlin de 1891 à travers la presse politique française

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