Sages-femmes en Europe (Les)


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Entre 1750 et les années 1850, les sages-femmes européennes connaissent un processus de professionnalisation par le savoir scientifique et la scolarisation. Désormais instruites, elles obtiennent le monopole légal de l’accompagnement des naissances au détriment des accoucheuses traditionnelles, sans les faire disparaître cependant jusqu’à la première moitié du xxe siècle. La mise en œuvre d’une politique de formation massive de praticiennes diplômées qui bénéficient de la protection des États, permet de réduire sensiblement la mortalité maternelle et infantile. Elle pérennise en outre la spécificité d’une profession de santé strictement féminine jusqu’aux années 1980 et d’un champ d’intervention : la naissance. La médicalisation de l’accouchement qu’elle induit vient compléter, sans s’y substituer, la fonction d’accompagnement des mères et des nouveau-nés. Le transfert de la majorité des accouchements vers les établissements hospitaliers dans la seconde moitié du xxe siècle réduit la visibilité mais n’entame pas le rôle essentiel de ces praticiennes dans le suivi des grossesses et des accouchements.

« Madame Mitonneau, sage-femme », gravure d’Honoré Daumier (France, 1841).

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