Être nationaliste à l’ère des masses en Europe (1900–1920)

Olivier Dard, Didier Musiedlak, Éric Anceau (dir.), Être nationaliste à l’ère des masses en Europe (1900–1920), Pieter Lang, Collection « Pour une histoire nouvelle de l’Europe. », Vol. 3, Bruxelles, 2017.

Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l’avènement des dictatures et en particulier
des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d’un certain attachement à la nation, allant jusqu’à l’expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au cœur de l’Europe ? C’est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l’interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l’histoire de l’Europe, le passage à la société de masse. Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l’étude des éléments constitutifs de « l’être nationaliste » : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l’esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l’action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.

Contenu :

Didier Musiedlak : Introduction
Olivier Dard : Genèse et structuration du nationalisme français
Simone Visconti : Le nationalisme italien au début du XXe siècle
Nicolas Patin : Du fantasme des masses à la réalité de la Grande Guerre démocratique
Francis Balace : L’épreuve du feu
Alain Clavien : L’helvétisme, modalité suisse de la « grande vague nationaliste qui submerge l’Europe »
Didier Musiedlak : Maurice Barrès, Gabriel d’Annunzio, Ernst Jünger et la question de l’esthétique • Raffaella Canovi: L’esperienza italiana
Björn Hofmeister: Weltanschauung und politische Radikalisierung
Bertrand Joly : Déroulède et l’Allemagne
Michel Leymarie : Jérôme et Jean Tharaud et le colonialisme • Sarah Huguet : Jules Lemaître (1853–1914)
Ana Isabel Sardinha : Francisco Homem Cristo Filho (1892–1928)
Miguel Perfecto García: Azorín, la crisis del sistema liberal español y el nacimiento de una nueva derecha
Alessandra Tarquini: Croce, Gentile e Prezzolini di fronte alla Grande guerra
Nationalisme et « conservatisme révolutionnaire »
Denis Pernot : Barrès et l’Union sacrée
Ismael Saz Campos : Maeztu, Ortega et D’Ors dans l’immédiat après-guerre
Mariusz Wotos : Les conceptions nationalistes de Roman Dmowski et leur influence sur la vie politique polonaise avant, pendant et après la Première Guerre mondiale
Bernd Zielinski : Nationalisme et pensée économique de l’Allemagne impériale à la République de Weimar
Olivier Dard : Conclusion.

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