Enseignement mixte en Europe (XIXe-XXIe siècles) (L’)

Auteur-e-s Rebecca ROGERS

La question de l’instruction séparée à l’école, V poriadke diskussii, Krokodil, no.21, 1950, 4. Cette illustration d’un périodique soviétique révèle la dimension pédagogique des débats sur la réintroduction de la coéducation dans les écoles soviétiques dans les années 1950. Traduction de la légende : « Comment deux écoles secondaires... deviendront deux excellentes écoles », grâce à la mixité.Les écoles non mixtes se développent en Europe au début de la période moderne, puisqu’on présume alors que les garçons et les filles doivent mener des vies différentes et donc acquérir différentes compétences.  À la fin du xixe siècle, féministes et pédagogues remettent de plus en plus en cause cette séparation, notamment lorsqu’ils découvrent la prépondérance de la coéducation aux États-Unis. La coéducation devient progressivement le mode dominant d’éducation en Europe au xxe siècle, pour des raisons à la fois idéologiques, pédagogiques et pragmatiques. Néanmoins, son taux de croissance varie énormément en fonction de l’âge des élèves, de la culture religieuse et politique propre à chaque société, et de la disponibilité des écoles.

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Réinventer les relations transatlantiques

Auteur-e-s Boris LE CHAFFOTEC

Drapeaux américain et européenLa guerre froide (1947-1991) fut un cadre structurant des relations transatlantiques pendant plus de quatre décennies. D’un côté, elle incita les États-Unis à poursuivre un engagement politique, économique et militaire massif en Europe. De l’autre, l’OTAN devint le cœur de la stratégie de défense de ses membres face à l’URSS et au pacte de Varsovie. La fin du conflit Est-Ouest soulève alors la question de l’avenir des relations transatlantiques. Réaffirmant la stratégie d’engagement outre-Atlantique des États-Unis, George Bush puis Bill Clinton font ainsi taire les voix isolationnistes américaines. Plus encore, cela ouvre de nouvelles perspectives aux relations transatlantiques : au-delà de l’Alliance et de la sécurité de l’espace atlantique, elles doivent s’imposer comme moteur de l’intégration politique et économique de l’ensemble des États européens. Les divergences d’intérêts économiques empêchent cependant, jusque-là, la conclusion d’un véritable accord dans ce domaine. L’émergence de nouvelles puissances concurrentes pourrait amener ces négociations à aboutir dans les prochaines années.

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L’espace public européen en question / Questioning the European Public Sphere

EHNEEspacePublic

Corinne DORIA, Gérard RAULET (dir.), L’espace public européen en question / Questioning the European Public Sphere, Collection : Pour une nouvelle histoire de l’Europe. Vol. 1, Eric Bussière (dir.), Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2016.

 

Au cours des soixante dernières années, l’Europe s’est construite (suite…)

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Percement des premières traversées ferroviaires alpines (1848-1882)

Portail monumental du tunnel du Mont-Cenis, Modane, inscrit depuis 1926 à l'inventaire des monuments historiques. Photo : Émilie Cottet Dumoulin, mai 2012.Le percement des tunnels ferroviaires alpins a marqué l’histoire de l’Europe du second xixe siècle. L’enchaînement des chantiers du Semmering (1848-1854), du Mont-Cenis (1857-1871) et du Gothard (1872-1882) se fait à la faveur de transferts de techniques et de savoirs, mais aussi de débats entre ingénieurs. Les tunnels en un mot canalisent l’innovation à l’échelle de l’Europe, en même temps qu’ils matérialisent les ambitions et les rivalités nationales. Pour toutes ces raisons les chantiers deviennent des attractions et les tunnels s’inscrivent durablement dans les imaginaires.

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Appel à communications : Le pont aérien de Berlin. Un lieu de mémoire de la guerre froide

Colloque international

Berlin, 13 et 14 mars 2017

 

« Vous, peuples du monde, Vous peuples d’Amérique, d’Angleterre, de France, d’Italie ! Regardez cette ville, et voyez que cette ville et ce peuple ne peuvent ni ne doivent être abandonnés ! » Par ces paroles, vite devenues célèbres, le maire de Berlin Ernst Reuter s’était adressé le 9 septembre 1948 non seulement aux habitants de l’ancienne capitale du Reich, mais à l’opinion internationale, faisant de Berlin « l’avant-poste de la liberté » et le cœur de la guerre froide en cours de développement. Par-delà l’Allemagne, il pointait du doigt la menace que la guerre froide faisait peser sur « l’Occident » et il en appelait aux « peuples libres » pour répondre à ce défi en témoignant de leur profonde solidarité. Ce colloque se propose notamment d’interroger l’écho de ce discours : « Le monde entier » a-t-il vraiment porté le regard vers Berlin ? Partant de Berlin « ville du front », nous entendons élargir le champ d’observation à l’Allemagne de l’Ouest et à tous les pays voisins de Berlin-Ouest : il s’agit d’une part de saisir le pont aérien en tant que lieu de mémoire transnational de la guerre froide ; d’autre part, par le regard porté de l’extérieur, de tenter de répondre à la question de la centralité de Berlin dans le conflit Est-Ouest, que la presse et la recherche présupposent généralement comme acquise.

Berlin présente jusqu’à aujourd’hui un paysage mémoriel diversifié, marqué par la guerre froide dans ses traces matérielles et mentales. Le pont aérien y occupe une place importante avec notamment l’aéroport de Tempelhof, le mémorial du pont aérien et la station de métro « Place du pont aérien » (Platz der Luftbrücke). Pour la génération qui a vécu ces événements à Berlin-Ouest, ces « lieux de mémoire » – tels que les a définis Pierre Nora – restent jusqu’à présent des marqueurs identitaires et font partie de la mémoire collective. Si l’on considère ces lieux comme des « points de cristallisation durable de la mémoire et de l’identité collective, passant de générations en générations » (Etienne François et Hagen Schulze), la question suivante se pose : Dans quelle mesure les générations postérieures et tous ceux qui se sont installés à Berlin considèrent-ils toujours le pont aérien comme un élément de leur conscience collective berlinoise ? Pour la période antérieure à la chute du Mur, nous entendons aussi prendre en compte le sens de ce lieu de mémoire pour la population de Berlin-Est.

La mémoire culturelle est le résultat de processus politiques et sociétaux toujours en cours. Pour le « pont aérien » comme pour les autres lieux de mémoire, il faut repérer le moment où la construction de ce « lieu » a commencé, dans quels buts et par quels acteurs il a été forgé, comment il s’est développé depuis 1948/49 et quel sens il a encore près de 70 ans après les événements.

Les Lieux de mémoire ne se limitent pas seulement à des lieux géographiques et à des objets matériels. Des personnalités, des mythes, des rituels, des usages ou symboles entrent également dans cette catégorie. Ils prennent forme, acquièrent une dimension conceptuelle et cristallisent sens et mémoires à différentes échelles.

Sans exclure de son champ les questions politiques, économiques, militaires, technologiques et humanitaires posées par le blocus et le pont aérien ainsi que leurs conséquences pour la guerre froide et pour la division de Berlin et de l’Allemagne, ce colloque entend principalement, saisir la perception de cet événement central de la guerre froide. Aussi, il encourage à analyser différents médias (presse, actualités cinématographiques etc.), pour approcher les perceptions du pont aérien des quatre puissances d’occupation (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et Union soviétique), de l’Allemagne de l’Ouest et de la zone d’occupation soviétique devenue la RDA.

La mémoire du blocus et du pont aérien sera appréhendée par les cérémonies (organisation, déroulement, écho), les discours officiels (développement des narratifs), les commémorations avec leurs symboles (affiches, timbres, etc…), son ancrage dans la topographie de Berlin et au-delà de Berlin (mémoriaux, plaques commémoratives, noms de rues), ou encore sa muséification (mémoriaux, aéroport de Tempelhof, Musée des Alliés, mémorial de Fassberg etc.). Ainsi seront mises en évidence les principales caractéristiques historiques et sociales et la dimension symbolique à l’œuvre dans ce lieu de mémoire.

Enfin, nous examinerons aussi la manière dont le pont aérien a été saisi d’un point de vue culturel et artistique, par le film (fictions et documentaires), la photographie, la littérature (romans, romans policiers, BD etc.), la musique, la peinture, et aussi par d’autres médias, comme la radio, les jeux vidéo ou encore les manuels scolaires, ce qui nous permettra de mieux évaluer l’enracinement sociétal du lieu de mémoire « pont aérien ».

Le colloque s’inscrit résolument dans une approche interdisciplinaire, et ne s’adresse pas aux seuls historiens, mais aussi aux politistes, aux didacticiens, aux spécialistes de littérature, aux historiens d’art, musicologues spécialistes des médias… Cet appel à communications s’adresse tant aux jeunes chercheurs qu’aux collègues expérimentés travaillant dans le champ des sciences humaines et sociales. L’allemand et l’anglais seront les langues de communication et de travail. Les interventions ne dépasseront pas 20 minutes afin de laisser tout le temps nécessaire à la discussion. La structure précise de la manifestation dépendra des propositions reçues et acceptées. En répondant à cet appel, les candidats s’engagent expressément, si les organisateurs le leur demandent à l’issue du colloque, à rédiger une contribution en vue de la publication prévue pour le printemps 2018. Les frais de transports et d’hébergement seront pris en charge en fonction des financements en cours d’obtention.

 

Merci d’adresser jusqu’au 10 juillet 2016 votre proposition thématique (titre), un résumé de 2 500 signes de la communication prévue ainsi qu’un CV à Ulrich Pfeil (upfeil@orange.fr) et Corine Defrance (corine.defrance@wanadoo.fr).

Le conseil scientifique de ce colloque international décidera des propositions retenues. Ce conseil est composé de Corine Defrance, Bernd Greiner, Bettina Greiner, Bernd von Kostka et Ulrich Pfeil.

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Projets de paix perpétuelle, XVIe-XVIIIe siècle

Auteur-e-s Marc BELISSA

D’Érasme à Kant, le paradigme de la paix perpétuelle est au centre de la réflexion sur la nature des rapports entre les peuples. La pensée iréniste s’exprime aussi bien dans les traités sur le droit de la guerre et de la paix que dans les projets d’organisation de paix perpétuelle. Pour leurs auteurs, il ne s’agit pas de bannir tout conflit dans une sorte de « fin de l’histoire », mais plutôt de penser la paix comme le résultat d’un ordre fondé sur le droit.

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